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Chroniques, Culture, Réflexions, Topos

Bouleversante Mommy

Notre chroniqueur Martin Dubé est allé voir le nouveau film de Xavier Dolan. Il vous encourage à aller le voir vous aussi.

J’ai vu le nouveau film de Xavier Dolan, Mommy, et je m’en remets à peine.

Dans mon entourage, ceux et celles qui ont vu ce film coup de poing partagent le même sentiment. On sort soufflé devant une telle démonstration de talent brut, d’émotions pures. Après quatre longs-métrages en quatre ans, Dolan a su mettre à profit ses qualités et taire un peu (beaucoup) ses défauts.

Trop souvent, à trop vouloir en faire, on voyait jeune Dolan partout dans son oeuvre, incapable de la laisser parler elle-même. Était-ce une insécurité, un gros ego, un enfant pas encore mature qui veut épater ses parents? Peu importe. Dolan a grandi et il a su tout intégrer pour mettre en scène un film, j’ose le dire, qui marquera les mémoires.

Tout d’abord, l’histoire. Une veuve hérite de la garde de son fils, un adolescent impulsif et violent. Ils font la rencontre de leur voisine, Kayla. Ensemble, ils tentent de garder la tête haute, d’atteindre une sorte d’équilibre.

Un récit simple, clair, qui met en scène des personnages attachants, riches, colorés. Et vrais. On croit à leurs déboires, leurs espoirs.

Antoine-Oliver Pilon (Steve) est admirable dans la façon qu’il a de composer un personnage aussi dérangeant qu’attachant. Quant à Suzanne Clément (Kayla), sa retenue, ses nuances et son humanité transpercent l’écran. Une grande performance.

Mais c’est à Anne Dorval qui illumine l’oeuvre. Mommy, c’est elle. Elle est de tous les plans et, chaque fois, elle frappe au coeur. Ses manières, ses tics, son langage, sa démarche, sa vulnérabilité, sa force, son amour, sa folie et son humour font de Diane D.Y.E. Després et Anne Dorval l’une des plus belles rencontres personnage-actrice qu’il m’ait été donné de voir.

 

La réalisation est inventive, moderne. L’aspect 1: 1 (carré) de l’image étouffe les personnages, les confine pour que nous puissions mieux les observer. La photographie d’André Turpin est aussi remarquable. Et la trame sonore, éclectique et toujours pertinente, renforce l’idée que Dolan a du goût et du flair au niveau musical.

Au final, Mommy est un grand moment de cinéma. Avec le prix du Jury à Cannes en poche et l’Oscar à portée de main, on ne peut qu’être fier et ces récompenses sont importantes pour une visibilité internationale. Mais ce dont je suis le plus fier, c’est que le public soit au rendez-vous. Il se déplace, les salles sont pleines. Voilà ce à quoi un créateur comme Dolan rêve : une rencontre avec un public, un partage, une communion.

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