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Chroniques, Histoire, Topos

La naissance du journal Le Nord

«Nous publierons avec empressement les nouvelles qu'on voudra bien nous adresser de n'importe où», lit-on sur le numéro 2 du journal Le Nord, publié à Saint-Jérôme le 21 novembre 1878.

Des journaux de toutes natures foisonnent au XIXe siècle en Occident. Ils deviennent rapidement des instruments politiques au service d’idéologies, voire d’une partisannerie nettement avouée. À l’époque, on ne semble pas connaître la «rectitude politique».

La disparition de Le Nord de Sainte-Scholastique avait laissé un vide que comblera en 1878 celui de Saint-Jérôme, l’œuvre du notaire, J.A. Hervieux. D’entrée de jeu, la feuille jérômienne proclamera son attachement au Parti conservateur, celui qui avait préservé l’autonomie politique de la province de Québec en 1867 sous le leadership de Georges Étienne Cartier. Et pourtant, il se dit sans partisanerie sauf qu’il préconise un régime à parti unique afin d’éviter les divisions inutiles entre rivaux politiques.

Le gouvernement du moment, celui du Parti conservateur tant à Ottawa qu’à Québec, a, non seulement, préservé l’ autonomie politique québécoise, mais avec l’adoption du protectionnisme, il a sorti le Canada de la crise économique qui durait depuis 1873, clame le nouveau journal. Pourtant Hervieux jure que son journal est indépendant et libéral, ce qui, dans l’esprit du rédacteur, signifie que son journal entend garder sa liberté d’action et rien d’autre.

Plus encore, Le Nord se veut intéressé prioritairement par la chose publique et vouloir parler au nom de la classe agricole et ouvrière. Comme d’autres, à cette époque, il laissera dans ses colonnes, bien en vue, de l’espace au mouvement de colonisation.

Si ce journal entend se préoccuper en priorité des affaires régionales et locales, il ne sera pas indifférent aux événements de notre monde et pour ce, se nourrira à la substance des grands journaux quotidiens, surtout ceux de Montréal et de Québec.

Enfin, le notaire Hervieux n’hésitera pas à publier, écrit-il dans les pages de son journal, des textes littéraires pourvu qu’ils soient d’une grande valeur en termes d’écriture et, on peut le penser, d’une grande moralité.

Toutefois, peu de journaux de l’époque peuvent éviter toute partisanerie dans leurs prises de position. Est-ce la difficulté de maintenir son objectif d’indépendance politique qui explique la vente du journal par Hervieux à la famille Nantel, en 1881 ou quelque encore problème financier? Quelle qu’en soit la cause, la famille Nantel n’avait pas l’intention de pratiquer dans les pages de son journal une quelconque neutralité politique…

Cette histoire est à suivre!

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