Chroniques, Éducation, Opinions, Personnes, Politique, Topos

Je vote scolaire

Le 2 novembre prochain, il y aura des élections scolaires au Québec. Il y a fort à parier que trop peu de gens encore se déplaceront pour aller voter, contrairement à ce qui se passe ailleurs au pays.

En effet, partout au Canada on élit des commissaires. Dans chacune des provinces, il y a des commissions scolaires. Mais au Canada anglais, on est beaucoup plus nombreux à remplir son «devoir de citoyen». Pourquoi on est plus nombreux à voter là-bas ? Trois raisons me viennent rapidement en tête.

D’abord, dans la culture anglo-canadienne l’attachement aux institutions et à la démocratie locale est beaucoup plus marqué qu’ici. Deuxièmement plusieurs enquêtes ont fait ressortir le fait que les anglo-canadiens accordent plus d’importance à l’éducation que les québécois francophones. Finalement, partout au Canada, reconnaissant l’importance des élections scolaires, on a eu la bonne idée de les tenir en même temps que les élections municipales. Comme ce sera le cas en Ontario le 27 octobre prochain.

Pas populaire, donc inutile?

Pendant qu’à l’ouest de la rivière Outaouais et dans les provinces atlantiques tous les gouvernements soulignent l’importance de maintenir des gouvernements scolaires locaux, ici on parle d’abolir les commissions scolaires sous prétexte notamment que peu de personnes se déplacent pour aller voter.

Services locaux

Certains réclament qu’en lieu et place les écoles obtiennent plus de pouvoirs et d’autonomie, voire une personnalité juridique. Il y a sans doute des choses à améliorer de ce côté-là.

Par ailleurs, soyons conscients que si peu de personnes votent pour élire des commissaires, l’expérience prouve qu’il y a encore moins de gens qui se déplacent pour élire des représentants aux conseils d’établissement des écoles. Pourtant, jamais on ne songerait à abolir ces conseils!

Un gouvernement local

Faire disparaître les commissions scolaires, c’est faire disparaître un gouvernement local sur lequel on a une prise directe. C’est s’enlever du pouvoir au niveau régional et en donner davantage au gouvernement central. C’est remplacer des élus auxquels on a facilement accès par des gens qui sont loin de nous et qui n’ont aucun compte à nous rendre.

  1. Je vais aller voter le 2 novembre même s’il n’est pas encore aussi facile que dans le reste du Canada d’avoir accès aux programmes de ceux et celles qui se présentent.
  2. Je ferai l’effort de m’informer, parce que pour moi la qualité de l’éducation qu’on offre dans ma région c’est important et qu’il y a des choses là-dedans qui doivent se décider au niveau local, par des gens d’ici, mandatés pour le faire.
  3. Je vais aller voter aux élections scolaires parce que je veux avoir le droit de me plaindre et d’apporter mon point de vue quand on prendra des décisions avec lesquelles je ne suis pas d’accord, sans avoir à me déplacer jusqu’à Québec pour le faire.
>

Send this to a friend