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Pourra-t-on relancer la Mueller?

Malgré une froideur humide, il y avait une bonne foule devant l'usine Mueller de Saint-Jérôme, le matin du 22 décembre 2014.

Près d’une quarantaine d’employés de la Mueller étaient au travail lundi matin sur la rue Castonguay, pour dénoncer la fermeture de l’usine de Saint-Jérôme, qui les employait jusqu’à jeudi dernier.

C’est lors d’une rencontre spéciale, vers 15h ce jour-là, que les 80 employés de l’usine qui fabrique des couvercles de bouches d’égout et des boîtes de service d’aqueduc ont appris qu’ils ne reviendraient pas au travail après leur congé des Fêtes. L’usine a été vendue par Mueller à EJ et cette compagnie n’est pas intéressée à continuer la production à Saint-Jérôme.

«On devait même recommencer le mardi 8 janvier au lieu du lundi. On avait une journée de congé de plus», a dit l’un des employés de l’usine rencontré devant son ancien lieu de travail lundi matin. Un à un, ils avaient le droit d’entrer pour aller chercher leurs effets personnels à l’intérieur, supervisés par un agent de sécurité.

Ne pas démanteler l’usine

Après le député fédéral Pierre Dionne Labelle vendredi, c’était au tour du maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher, du conseiller Benoît Beaulieu et du député Pierre Karl Péladeau de signifier en personne leur soutien aux employés de la Mueller.

«On veut demander aux propriétaires de ne pas démanteler et de nous laisser le temps de trouver des investisseurs pour la relance. D’après ce que je comprends, les nouveaux propriétaires ne sont pas intéressés à distribuer ce type de produits. Pourtant, le carnet de commandes est plein et l’ouvrage est là», a dit le maire aux employés.

Pierre Karl Péladeau ne la trouve pas drôle, cette fermeture d’usine. À un employé qui lui suggérait de faire un épisode spécial du Banquier pour supporter les pertes d’emploi, il a répondu: «Je ne trouve pas ça drôle de voir une entreprise américaine traiter ses employés de la sorte. Je n’ai jamais vu une affaire de même. On se croirait au 19e siècle.»

Plusieurs employés ont souligné l’aspect écologique de l’usine où ils travaillaient. «C’est de la production verte. La fournaise est à l’électricité. C’est beaucoup plus propre qu’au charbon», a-t-on répété quelques fois lundi matin.

Employés, représentants syndicaux, le maire, le député et le conseiller municipal discutaient des possibilités de relance devant l'usine Mueller, le matin du 22 décembre 2014.
Employés, représentants syndicaux, le maire, le député et le conseiller municipal discutaient des possibilités de relance devant l’usine Mueller, le matin du 22 décembre 2014.

Des jobs à 20$ de l’heure

L’usine Mueller employait 80 personnes, à un salaire moyen de 19$ l’heure. Plusieurs travailleurs ont dans la cinquantaine et ne voient pas beaucoup d’options de se trouver un emploi aussi rémunérateur à Saint-Jérôme. «On avait vraiment du fun à travailler. On formait une belle équipe», a dit l’un d’eux.

Un autre a dit: «On ne sait pas ce que ça va donner, la relance. On ne veut pas que ça arrête, surtout qu’on sait que plusieurs travaux d’infrastructure sont annoncés au Québec. Ça va en prendre des couvercles de bouches d’égout. On ne sait pas si ça va marcher, mais c’est notre seul espoir. Pour l’instant, on s’accroche à ça.»

La fonderie est en opération depuis les années 1940, alors que c’était la Fonderie Rochon. Près de 75 ans plus tard, c’est peut-être la fin d’un autre chapitre des manufactures de la région qui se ferme. «Ça changeait de propriétaire de temps en temps, mais c’était juste un échange de papiers. Nous autres, on était fiers de travailler là», a conclu un ex-employé.

 

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