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Réflexions, Topos

Le courage et la liberté, ça s’exerce…

Il est plus important que jamais aujourd’hui d’affirmer notre profond attachement à la liberté d’expression. Une dizaine de journalistes viennent d’être assassinés par des lâches de la pire espèce.

Des lâches qui ont choisi la violence plutôt que le débat, les croyances au-dessus des droits, et la foi au-dessus de la raison. De minables crétins qui, se croyant ennemis de l’Occident, sont en fait des ennemis de l’Humanité.

Si nous cherchons du véritable courage, saluons celui de journalistes qui, dans l’exercice de leur métier et de leur art, ont fait l’effort de jeter leur lumière bien subjective dans l’obscurité des dogmes.

Ces journalistes étaient bien conscients du climat d’intolérance et de division qui les entourait – et qui sera sans doute accentué par ces tristes assassinats. Mais ils avaient choisi de lui rire au visage. Ils étaient contraints de faire leur travail sous protection policière.

Malheureusement, il aura fallu les évènements de ce matin pour que le monde entier mesure l’ampleur de leur courage.

Une stratégie de relations publiques

La stratégie du terrorisme n’a pas changé. C’est, essentiellement, une triste stratégie de relations publiques destinée à donner de l’importance à des groupuscules. Des gestes d’éclat pour attirer les projecteurs et semer la peur. Et ça fonctionne parce que ça dérange le petit monde feutré dans lequel on vit.

Nous sommes un peuple qui s’indigne quand les trottoirs ne sont pas déneigés, quand le câble est en panne, quand des bénévoles qu’on n’aime pas se paient une pizza, ou quand l’ascenseur n’arrive pas. Nous nous offensons tantôt devant un sapin de Noël, tantôt à la vue d’un voile.

Évidemment, nous sommes troublés.

Confrontés à des assassinats aussi tristes, on se demande où le monde s’en va. La réponse, aussi simple que brutale, c’est que le monde s’en va dans la direction que nous prendrons ensemble, comme espèce.

Résister et tolérer

Alors que faire, assis chez nous, dans nos salons? Résister à ceux qui voudront nourrir la violence davantage. Pratiquer la tolérance. Élargir le «nous». Défendre la liberté en l’exerçant, même si c’est difficile ou parfois dangereux.

Cela implique le courage de ses opinions, et la tolérance des propos des autres: pour reprendre ceux de Salman Rushdie, sans la liberté d’offenser, la liberté d’expression cesse d’exister.

Et, bien sûr, brandir bien haut: Je suis Charlie.

 

 

P.S. L’idée de ce papier a germé dans ma tête le jour où Sony a retardé la sortie de son tristement célèbre film The Interview. (Un petit film dont le sort est nettement plus important que le sujet.) Les deux événements sont des cas de censure. Mais loin de moi l’idée de comparer Sony et Charlie Hebdo.

Sony est un moulin à contenus déguisés en cinéma. Une compagnie qui s’est comportée comme… une compagnie. Ce n’est pas vers une compagnie que l’on se tourne quand on cherche du courage. Dans les faits, au fur et à mesure que ça prenait de moins en moins de courage pour le faire, Sony l’a sorti, son navet.

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