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Personnes, Politique, Topos

Stéphane Maher, de l’école Saint-Joseph à l’Hôtel de ville

Le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher.

Un peu plus d’un an après son élection au titre de maire de Saint-Jérôme, TopoLocal a rencontré Stéphane Maher pour faire le bilan de sa première année au pouvoir et regarder vers l’avenir.

Dans ce dossier en quatre parties, nous vous présentons:

Né en 1962, âgé de 52 ans, Stéphane Maher est, selon sa propre expression, un jérômien pure laine. «Les Maher nous, on est à Saint-Jérôme depuis 100 ans. Dans ma jeunesse, nous habitions sur la rue Labelle dans le secteur de l’école Saint-Joseph (école qu’il a d’ailleurs fréquentée). Nous habitions directement devant ce qui était, à l’époque, la Pizzeria Vincenzo.»

Quelques notes:

  • La Pizzeria Vincenzo a été détruite par un incendie en 1979.
  • Son père a été gérant du magasin Woodhouse du centre-ville.
  • Son grand-père était contremaître à la Dominion Rubber, une usine qui était située en face de l’école Saint-Joseph.

La maison où a grandi Stéphane Maher

Maison enfance Stephane Maher

Une jeunesse à pied

«J’ai vu grandir Saint-Jérôme pour le meilleur ou pour le pire. J’ai été imprégné de la culture de cette ville-là. Je me souviens d’avoir fait la queue devant le cinéma Rex, d’avoir fréquenté le ciné-parc. J’ai marché sur les trottoirs de Saint-Jérôme jusqu’à l’école Saint-Joseph, ensuite jusqu’à l’école Mgr-Frenette, et puis jusqu’à la Polyvalente et finalement jusqu’au cégep. Pour l’université, j’ai dû m’expatrier… on n’en avait pas encore à l’époque.»

«Quand on connait le passé. C’est plus facile d’avoir une vision du futur. Pour moi, c’est important.» À ceux qui se demanderaient jusqu’où remontent ses racines jérômiennes, sachez qu’il n’a pas de lien direct de parenté avec Angéline Maher, la mère du curé Labelle. «Ça c’est une autre branche, dit-il, je n’ai pas remonté jusque-là.»

Étudiant, il a été président de son école élémentaire, mais une fois arrivé au secondaire, la vie étudiante n’est pas très soutenue. Il se remémore une époque marquée par des grèves dans l’enseignement, des sessions raccourcies, une période où la mobilisation étudiante n’était pas très grande.

Les réformes qui se succédaient au début des années 1970 et les nombreuses interruptions en cours d’années scolaires sont ses souvenirs les plus marquants: «Je me souviens d’être passé de secondaire 2 à secondaire 3 d’un seul coup.» C’était une période particulière…

Comme beaucoup de jeunes de son âge, il profite des installations sportives encore neuves qu’on retrouve à la Polyvalente. Il s’intéressera à l’athlétisme (il a 14 ans lors des jeux Olympiques de Montréal) et, bien sûr, au hockey. À la sortie du cégep, il s’inscrit à l’université en administration. Il fera partie de toute une génération de Québécois attirés par le monde de l’administration et des affaires.

Les années Couche-Tard

À sa sortie de l’université, il fera une rencontre qu’il qualifie encore de «déterminante» avec Alain Bouchard, celui-là même qui sera un jour le pdg de Couche-Tard. À l’époque, Bouchard possède déjà plusieurs dépanneurs ainsi que des investissements divers à Saint-Jérôme, notamment la firme Recypro (qui recyclait des téléphones) et une entreprise de systèmes d’alarmes qui se nomme MCC sécurité, et quelques autres.

Stéphane Maher se retrouvera rapidement à diriger ces entreprises. «J’ai beaucoup de respect pour Alain Bouchard et toutes ses réalisations, dira-t-il, j’ai beaucoup appris à ses côtés. Tous les jeudis, nous dînions à la Poissonnerie J’Arête, quand M. Bouchard venait signer des chèques.»

Maher est à ses côtés quand Bouchard prend la décision stratégique de contrôler ses magasins plutôt que d’en confier l’opération à des franchisés. Un modèle qui a permis à Couche-Tard de monnayer son expertise puis de faire des acquisitions bien connues: Perrette, Provi-Soir, Mac’s Milk, Johnson Oil et d’autres, puis le groupe Circle K.

«Pour un gestionnaire qui sort de l’université, c’est un cadeau du ciel de côtoyer un des hommes d’affaires les plus visionnaires de son époque au Québec» dira Stéphane Maher. Bouchard a été «une source d’inspiration dont j’applique les idées encore à tous les jours».

Après 15 ans chez Couche-Tard, Maher se joindra ensuite à MTD, multinationale américaine qui fabrique des tondeuses, tracteurs, et autres types de machinerie légère, dont il dirigera les opérations canadiennes.

Le virage politique

Son travail le mène aux quatre coins du Québec, et Stéphane Maher n’aime pas ce qu’il entend de Saint-Jérôme. «Je n’aime pas la réputation de ma ville, et en parallèle, alors que j’atteins la cinquantaine, je décide de faire quelque chose pour les bonnes raisons, de m’impliquer dans mon milieu.»

«Je me dis qu’il me reste encore 10-12 ans de vie très active pour faire quelque chose de ma vie. De fil en aiguille, au hasard de rencontres, je me retrouve impliqué dans la fondation de Vision Saint-Jérôme.  On se réunissait autour d’une table, et pendant 2 ans on a assisté à toutes les séances du conseil. On s’est entouré de gens qui avaient la même passion.»

«C’était une décision importante pour moi parce que je n’ai pas fait le saut avec un parachute. Je ne pouvais pas retourner à mon ancien emploi ni prendre de sabbatique, je venais d’avoir cinquante ans, j’avais des enfants de 9 ans et 11 ans, et il était évidemment trop tôt pour prendre ma retraite. Au même moment, mon épouse vient de compléter un retour aux études pour travailler comme enseignante, et moi je décide de me lancer en politique.»

«Ça prend une part de folie pour faire un saut comme celui-là. Mais j’y crois. Je n’ai aucun regret, et si c’était à refaire, je ferais exactement la même chose.»

Le fauteuil du maire

Une fois dans le fauteuil du maire, on peut s’attendre à ce que la gestion publique soit un choc pour quelqu’un qui arrive de l’entreprise privée. Quoiqu’il sente des différences, Maher y voit des avantages: «Ç’a été un choc et ce l’est toujours, mais c’est plus facile que je ne le croyais.»

Plus facile parce que, selon la vision du maire, les administrations passées ont laissé beaucoup de marge de manoeuvre. La ville se faisait faire des études et se laissait dire que la croissance des dépenses était «normale» parce qu’elle était similaire à celle d’autres villes.

«Un rapport m’a été remis qui disait, grosso modo, Saint-Jérôme se classe dans la moyenne des villes de sa taille avec une croissance annuelle des dépenses de l’ordre de 6 à 8%. Bonne nouvelle, disent les auteurs du rapport. Mauvaise nouvelle!, ai-je répondu. Nous devons faire mieux que la moyenne, l’objectif sera de 1 ou 2 %. C’est sûr qu’on ne gère pas une ville comme on gère une entreprise privée, mais les paramètres de dépenses doivent être les mêmes.»

Construire l’avenir

«Le défi pour Saint-Jérôme, c’est de profiter de tout son potentiel. On a tous les outils ici pour faire de Saint-Jérôme un des plus beaux pôles du savoir et de la culture au nord de Montréal. On est une ville universitaire, munie d’un cégep en pleine expansion, et nos équipements culturels (musée, future salle de spectacle) vont nous permettre de rayonner sur toute notre région. Nous profitons d’une magnifique rivière qui traverse la ville en plein centre.»

«Les opportunités sont sans fin. Et nous avons vingt ans de retard. Quel terrain de jeu pour un maire qui veut faire du développement! C’est la plus belle surprise depuis mon arrivée au pouvoir.»

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