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Le défi économique de Saint-Jérôme selon Stéphane Maher

Le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher.

Un peu plus d’un an après son élection au titre de maire de Saint-Jérôme, TopoLocal a rencontré Stéphane Maher pour faire le bilan de sa première année au pouvoir et regarder vers l’avenir.

Dans ce dossier en quatre parties, nous vous présentons:

Saint-Jérôme a des grands projets. On n’a qu’à penser à la salle de spectacles, au futur hôtel de ville, aux arénas, et au développement de l’accès à la rivière du Nord, en plus du triste état de certaines parties du réseau routier.

Comment concilier ces grands projets avec le maintien du taux de taxes?

Le maire Stéphane Maher a un plan pour relever le défi économique de la ville de Saint-Jérôme, qu’il décline en trois items. En bref, la ville doit prendre le contrôle de ses dépenses, mieux contrôler sa dette, et stimuler les investissements. Questions et réponses.

TopoLocal: M. Maher, vous venez de déposer un budget qui prévoit une très légère croissance des dépenses. (NDLR: Les dépenses 2015 de Saint-Jérôme seront 0,78% plus élevées qu’en 2014, après avoir augmenté de 6,7% par année de 2008 à 2013) À quoi doit-on s’attendre en termes de contrôle des dépenses pour le reste de votre mandat?

«Nous sommes déjà parvenus cette année à une croissance voisine de zéro. Et je suis persuadé que nous pourrons faire encore mieux dans l’avenir. L’année prochaine, on s’en va dans un plan de diminution des dépenses. C’est une question de gouvernance. Les budgets des villes augmentent parce que, traditionnellement, chaque service arrivait à l’exercice avec des nouveaux besoins et, au fil des ans, on se retrouvait avec des hausses de dépenses qui approchaient 8% par année.

Quand je suis arrivé au pouvoir, nous avons donné des cibles précises aux chefs de service. Et ils ont fait le travail. Ce fut le même cas à la MRC, où nous avons réussi dès cette année, pour la première fois de l’histoire récente, à diminuer les dépenses là aussi.»

TopoLocal: Quand vous parlez de mieux contrôler la dette de la ville. Qu’est-ce que ça signifie de concret?

«Saint-Jérôme a une dette élevée qui est de 220M$. Mais elle n’est pas hors de contrôle. On pourrait baisser la dette de 15 à 20M$ par année si on voulait, mais nous – c’est ce que nous avons dit dans notre programme – on veut investir ces 15 à 20 millions pour faire du développement.

D’autant plus que les taux d’intérêt ne sont pas élevés. C’est le temps de hausser la richesse foncière de la ville. Si nous sommes capables d’augmenter la base de taxation, la proportion de la dette diminuera.»

TopoLocal: Quelle est l’importance, pour le budget de la ville, de réussir à stimuler les investissements?

«Chaque fois que l’on augmente les taxes de 1 sou par 100$ d’évaluation, c’est un revenu de 650 000$. Par contre, si on stimule les investissements, chaque tranche de 100 M$ investis représente jusqu’à 1,5 M$ de nouveaux revenus pour la Ville.

Pendant que la dette augmentait, il y a quelque chose à Saint-Jérôme qui n’a pas suivi ces dernières années. On est locataire de notre Hôtel de ville, on est locataire du Quartier 50+, on manque d’infrastructures sportives, on n’avait pas de salle de spectacles. Il y a donc de l’argent qui est allé à la mauvaise place. Et nous sommes en retard d’une dizaine d’années sur le développement que nous aurions dû connaître.

Saint-Jerome-economie-taxes

Ce 10 ans de retard, il est imputable à la fin de règne du maire Gascon. Tout était plus compliqué et notre ville s’est sortie du marché parce que personne ne voulait venir à Saint-Jérôme. Les chiffres sont là, ce n’est pas une invention. Dans les 5 dernières années, Saint-Jérôme a créé en moyenne 125-150 millions de richesse foncière alors qu’à Mirabel c’est 300 ou 400 M$.

Or, Saint-Jérôme était devenu le dernier de classe pour attirer le développement. Ils ont mis une structure très lourde, avec aucune structure de développement économique, ce qui faisait qu’investir chez nous, c’était devenu un chemin de croix. Les investisseurs potentiels s’y perdaient. Pas à cause des fonctionnaires, mais parce que le système n’a pas été fait pour du développement économique. La résultante est épouvantable, car on a pris 10 ans de retard. Pour comparer, Saint-Jérôme, bon an mal an, attirait environ 125 à 150 M$ en investissement. Au même moment, des villes voisines, comme Mirabel en ont pour 400 M$.

La richesse foncière de Saint-Jérôme est à 6,6 milliards de dollars et nous devrions être à 12. Blainville, pour ne donner qu’un seul exemple, a une richesse comparable à nous et ils n’ont pas d’hôpital, pas de cégep, pas d’université, pas de palais de justice…

C’est pourquoi la ville aura désormais un service dédié au développement économique, et prendra les moyens pour faciliter l’investissement sur notre territoire.»

Pour lire notre entrevue sur le passé de Stéphane Maher à Saint-Jérôme.

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