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Culture, Techno, Topos

Un «vrai» roman multimédia, par Ugo Monticone

À la fin de 2013, Ugo Monticone a «sociofinancé» une édition limitée du Vendeur de goyaves, qui lui a permis de développer l'application numérique. Photo tirée de Facebook.

Ugo Monticone, de Prévost, a fait un voyage en Inde en 2007, avec la réalisatrice Julie Corbeil.

Ils ont amassé beaucoup d’images, de sons, de dessins et il a écrit une histoire à propos d’un vendeur de goyaves qui devient un culte. Huit ans plus tard, il en a fait un livre numérique.

Son histoire, Le vendeur de goyaves, qui se présente sous la forme d’une application iPad, est aussi disponible en papier, depuis le 17 février aux Éditions Triptyque.

50 tableaux avec des vidéos et des sons

Il se défend bien d’avoir écrit un livre ésotérique. «C’est plus un récit philosophique, sans la prétention d’avoir trouvé une vérité. C’est l’histoire d’un gars qui vend des fruits et qui a un pouvoir de guérison. Il pense bien que ce n’est pas seulement de sa faute, mais certains essaient de profiter de l’engouement autour de lui», dit Ugo, qui a déjà publié huit autres livres et qui est responsable des communications au Conseil de la culture des Laurentides, dans les heures de bureau.

L’histoire du roman est présentée en 50 tableaux, alors que le livre en papier fait 160 pages. «À partir de mon roman, j’ai refait la structure du récit grâce à un cours de scénarisation de jeux vidéo. Ça peut paraître éloigné comme discipline, mais ce que j’ai appris dans ce cours-là s’appliquait vraiment à mon objectif», dit Ugo,

Il a ainsi pu utiliser des extraits sonores, des vidéos, photos et dessins qu’il a intégrés à son histoire écrite. Le résultat, qualifié de «roman immersif» est facile à opérer et donne une expérience améliorée de lecture. «Je ne vous cacherai pas que c’est fortement inspiré de La Presse+. Quand j’ai vu cette application arriver, j’ai trouvé que c’était en plein la forme que pourrait prendre mon roman», dit l’auteur.

Publié dans tous les formats, plus le sien

Son histoire de vendeur de goyaves ayant été rejetée par une dizaine d’éditeurs, il décide de lancer une campagne de sociofinancement pour concrétiser son projet de roman numérique. «J’ai vendu 200 copies numérotées et dédicacées. Ça m’a permis d’avoir l’argent pour construire l’application avec une graphiste qui faisait elle aussi une expérience», dit Ugo.

Ironiquement, c’est alors qu’il travaillait au développement de la version numérique qu’il a reçu une offre pour l’édition en papier de son roman. «Quelqu’un chez Triptyque a obtenu une copie de mon roman et ils voulaient le publier de la façon traditionnelle. On a donc convenu de lancer les deux en même temps», raconte-t-il.

Ugo s’étonne toutefois de la frilosité des éditeurs de sauter dans le numérique. «Il y a toute une chaîne d’impression et de distribution dans le monde de l’édition. J’ai proposé à mon éditeur de publier l’application, mais c’était trop complexe et l’enthousiasme n’y était pas, dit-il. Si quelqu’un s’intéresse à mon histoire et qu’il a un iPad, il lui en coûtera seulement 8$ pour lire mon histoire. La version numérique de mon livre en ePUB ou en PDF se vend 16$ et le livre en papier 22$.» Ceux qui achètent le livre en papier ont aussi droit à l’application gratuitement.

Il reconnaît toutefois que le fait d’avoir été publié simultanément par un éditeur reconnu lui donne une crédibilité importante vis-à-vis toutes les publications électroniques disponibles, même au Québec.

Pour les amateurs de livres, et d’autres

C’est donc à son propre compte qu’il a publié l’application sur le magasin d’Apple, qui exige des frais d’environ 30% sur chaque vente. Il en avait vendu une centaine après quatre jours. «C’est sûr qu’il y a eu un effet de nouveauté. Mon plus gros vendeur à vie est à 2500 copies. Si tu vends 1000 copies d’un roman au Québec, c’est un best-seller. Et là, j’ai toute la francophonie qui peut l’acheter», indique l’auteur.

Il espère aussi que ce format plus interactif de son histoire intéressera des gens, ou des jeunes, qui ne sont pas des lecteurs de livres, mais plus des amateurs de technologie. «Si on pouvait aller chercher ce nouveau public grâce aux sons, aux vidéos, je serais très content», conclut-il.

VendeurDeGoyaves

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