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Les retraités de la Rolland, des orphelins inquiets

L'équipe des Caisses Desjardins de la région.

L’Association des retraités de la compagnie Rolland possède une vaste maison, imposante, située sur un magnifique terrain et dotée d’une vue imprenable sur la rivière du Nord.

Ils y organisent des activités sociales et récréatives pour leurs 140 membres. Ils se réunissent souvent, en groupes, petits, moyens et grands. Le déjeuner mensuel, le premier mardi de chaque mois, regroupe toujours 75 personnes et plus.

Hélas, l’association est dans une impasse. Elle est, techniquement, orpheline de ses racines puisque l’usine, située de l’autre côté de la rivière, a été vendue à une société d’investissement américaine, H.I.G. Capital. Cette dernière a relancé l’usine sous le nom Les Entreprises Rolland.

Qu’est-ce qui est à qui?

Cascades a conservé les terrains où se trouve la maison de l’Association des retraités, un terrain qui ne leur appartient pas. Le groupe n’a pas de bail formel et s’en remet à la tolérance de Cascades pour occuper le terrain.

Plus compliqué encore, les services de sécurité, de téléphonie et même l’approvisionnement en électricité sont intégrés aux bâtiments de l’usine, située de l’autre côté de la Rivière-du-Nord, maintenant propriété de H.I.G.

Les porte-parole des retraités se sont donc rendus au conseil municipal de Saint-Jérôme le 17 mars pour faire part de leur situation. Le maire Stéphane Maher a d’ailleurs indiqué qu’il se rendra sur place discuter avec l’association.

Pour leur part, les retraités voudraient bien voir la Ville prendre en charge leur bâtiment afin d’en faire un centre communautaire. Ou en tout cas un édifice destiné à être utilisé par la collectivité.

Pour l’instant, la neige fond, le soleil réchauffe l’intérieur de la magnifique véranda de la maison, et les deux terrains de pétanque sortent lentement de leur couvert neigeux, mais les retraités ne savent toujours pas ce que l’avenir leur réserve.

Réjean Forget, Ronald Chartrand et Louis-Philippe Desjardins ont bien hâte de savoir ce que l’avenir réserve à la maison des retraités de la compagnie Rolland.

Retraites-Rolland-Forget-Chartrand-Desjardins

Une maison à eux

L’Association des retraités de la compagnie de papier Rolland filait le parfait bonheur, en 1997, lorsque la compagnie qui avait été leur employeur décide de leur céder l’usage d’une maison où ils pourraient se regrouper, organiser des événements sociaux et des loisirs.

Peu après, les retraités et les dirigeants de la compagnie constatent que la maison proposée ne peut remplir cette fonction. C’est, en fait, un ancien garage équipé de logements pour les chauffeurs privés à l’étage.

Nullement déroutée, la compagnie, déjà passée sous la propriété de Cascades à l’époque, accepte, par le biais de son directeur Yvan Duchesne, de faire démolir la vieille maison et de permettre aux retraités de construire leur propre habitation. «Ils ont défrayé les matériaux et ont été plus que généreux pour nous aider à réaliser le projet», dira Ronald Chartrand, porte-parole de l’Association.

Retraites-Rolland-Maison

La maison des retraités de la Rolland est dans un site enchanteur, en bordure de la rivière du Nord, au-delà de la passerelle qui mène à l’usine.

Des travailleurs sérieux, même retraités

La construction de la maison a d’ailleurs soudé les uns aux autres les membres de l’Association à tout jamais.

Il faut entendre Réjean Forget raconter l’histoire des travaux. «Dès le début, on a décidé que ce serait un chantier sérieux et sécuritaire, dit-il. Donc, même à la fin des quarts de travail bénévoles, personne n’avait le droit de prendre ne serait-ce qu’une seule bière. On avait décidé qu’il ne s’y prendrait pas une goutte tant que tout ne serait pas fini, et nous étions tous d’accord.»

«Mais il y eu une exception, ajoute M. Forget. L’avant-veille du jour de l’An 1998, à la fin de notre journée de travail, le doyen de notre groupe, Jean-Paul Bouvrette, est arrivé avec une caisse de bière en disant que pour un soir, on le méritait bien. Et nous l’avons écouté. Plusieurs ont trouvé que c’était une maudite bonne bière!»

Une main-d’oeuvre très qualifiée

La Rolland existe depuis 133 ans et son histoire est intimement liée à celle de Saint-Jérôme. La liste des noms de famille des retraités se lit comme un arbre généalogique de la ville. Ils ont été nombreux à mettre la main à la pâte, s’appuyant sur les compétences de tous les corps de métiers ayant oeuvré à la compagnie.

Ainsi le groupe ne manquait pas de charpentiers, de tuyauteurs, d’électriciens, etc. «Ça a été un vrai plaisir de construire tout ça ensemble,» dira Louis-Philippe Desjardins, menuisier de son métier, «on a travaillé fort mais on en a tous retiré une immense fierté. C’est vraiment notre maison à nous!» a-t-il conclu.

Les retraités ont débuté leurs travaux à l’automne 1997 et inauguraient leur maison au printemps 1998

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La Maison d’accueil a plus de 100 ans

La Maison d’accueil qui fut longtemps celle de la compagnie Rolland, puis de Cascades, est toujours propriété de Cascades, mais la compagnie n’a pas annoncé quels sont ses plans d’avenir. Par ailleurs cette maison, qui date de 1914 et dont on aperçoit à droite la magnifique verrière, est officiellement reconnue d’intérêt patrimonial autant de par son style que son association à la compagnie Rolland, qui a 133 années d’existence.

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