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Aimé Thibault, un révolutionnaire tranquille meurtri par la gauche

Pharmacien local bien connu, ex-maire de Saint-Jérôme, apôtre de la modernité et du développement économique, Aimé Thibault est décédé à Saint-Jérôme le 29 mars à l’âge de 86 ans.

Arrivé à Saint-Jérôme en 1959, M. Thibault s’est impliqué dans sa collectivité à une époque particulièrement cahoteuse de son histoire. Au milieu des années 1960, Saint-Jérôme compte parmi les villes les plus pauvres au Canada, largement à cause du vieillissement de ses industries.

Face à des marchés qui sont noyés de produits importés, la compagnie de textile Regent Knitting (qui deviendra Tricofil) ainsi que la Dominion Rubber (Uniroyal) font des mises à pied massives. En 1966, 25% des travailleurs de Saint-Jérôme sont au chômage.

Saint-Jérôme, ville de gauche

En plein été de l’Expo 1967, alors que tout le Québec s’emballe pour l’avenir qui est à nos portes, Fernand Dansereau tourne un documentaire qui fera époque. Le film s’intitule Saint-Jérôme et il dépeint une population désemparée devant un monde de l’emploi qui lui glisse sous les pieds.

C’est dans ce contexte que des mouvements radicaux prennent naissance: Saint-Jérôme devient une ville de gauche, militante.

Thibault est parmi les personnes qui s’expriment dans le documentaire, que l’on peut voir encore aujourd’hui sur le site de l’Office national du film, dès la douzième minute du film. Il est alors président de la Commission industrielle de Saint-Jérôme. On y entend un homme engagé, soucieux de l’avenir de sa collectivité.

Un court mandat de deux ans

Porteur des espoirs de plusieurs, Thibault sera élu maire de Saint-Jérôme en 1969 dans un grand courant de renouveau. Mais son règne ne survivra pas aux attaques de la gauche, qui en fait un symbole du pouvoir. Il ne sera maire que deux ans. Cela n’empêchera pas le maire actuel, Stéphane Maher, de le qualifier de visionnaire. 

Dans son Histoire de Saint-Jérôme, notre collaborateur Serge Laurin écrira ce qui suit de sa démission du poste de maire en 1971:

«Au bout de quelques années d’un combat passionné partagé avec quelques autres pour empêcher le bateau jérômien de couler, il semble avoir épuisé ses forces. Fatigué sans doute par les luttes féroces qu’il a dû mener, atteint dans sa propre personne, l’ancien pharmacien part plus vite que prévu.

Les menaces de mort dont lui et sa famille ont été victimes et la manifestation de 1970 qui a forcé leur départ de leur domicile durant deux semaines ont préparé Thibault, ébranlé, à quitter la mairie en 1971. On a l’impression que son accès à la présidence de la Commission de développement de la région de Montréal, qu’il voit comme une occasion de servir les jérômiens à un plus haut niveau, est en réalité une occasion de quitter cette galère.»

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