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PKP: le philosophe qui rêve d’un pays

Nous publions un portrait du député Pierre Karl Péladeau, écrit par Maxime Doyon-Laliberté, étudiant en Lettres et médias au Cégep de Saint-Jérôme.

La philosophie est une discipline qui se perd. Où sont donc ces grands penseurs qui jadis révolutionnaient le monde? Pour Pierre Karl Péladeau, qui a étudié dans le domaine, la philosophie est nécessaire à la formation d’un esprit. Comment ce parcours a-t-il influencé sa vision de l’indépendance? Entretien avec le politicien Pierre Karl Péladeau.

Il est connu du large public comme l’ancien patron de l’empire médiatique Québecor et le candidat ayant le plus de chances de remporter la course à la chefferie du Parti québécois. Fils de Pierre Péladeau, PKP affirme que son père lui a inculqué des valeurs importantes qui l’ont forgé comme individu: l’effort, la discipline, le courage, la loyauté et le travail.

Même s’il avoue que son paternel était plus dur avec lui, l’obligeant à travailler pour ce qu’il désirait obtenir, il est convaincu que ceci avait un but. «Je présume qu’il voulait que j’aie cette satisfaction d’avoir accompli une tâche, un parcours pour obtenir quelque chose.»

Wake-up call

Péladeau a étudié en philosophie à l’UQÀM et débuté sa maîtrise en philosophie à Paris, à la Cité collégiale. Signe du destin ou pur hasard, le politicien a tracé un chemin qui rappelle celui de son père.

«Honnêtement, je ne sais pas si c’était inconscient chez moi, mais il s’est avéré que mon parcours universitaire était le même que celui de mon père.» PKP, qui avait toujours bien réussi à l’école, a cependant réalisé qu’il n’était pas au niveau de ses collègues. «J’ai eu une expérience enrichissante parce qu’elle était troublante d’une certaine façon. Je me suis rendu compte que je n’étais pas de niveau, alors j’ai eu un wake-up call et il a fallu que je fasse des efforts considérables pour me mettre à jour.»

Pour ce faire, il s’est enfermé dans sa chambre pour «lire ses classiques», comme il le dit souvent. Péladeau explique également que lui et ses collègues se rencontraient souvent dans les cafés pour échanger et discuter. C’est aussi à cette époque que l’homme changea complètement de registre d’études.

«Je ne sais pas ce qui s’est passé à un certain moment mais j’ai décidé d’aller m’inscrire à la faculté de droit au lieu de faire mon mémoire de maîtrise.» Après une première année en France, le jeune étudiant est revenu au Québec pour compléter ses études.

Le député de Saint-Jérôme, même s’il n’a pas finalisé ses études dans la discipline, estime que la philosophie est plus que nécessaire. «C’est très utile pour le citoyen d’avoir des connaissances générales et la philosophie est l’un des véhicules privilégiés pour ce savoir.» Il croit également que les cours obligatoires de philosophie au cégep sont «une très bonne chose» pour permettre aux jeunes de former leur esprit.

Rebondir de ses erreurs

L’aspirant homme d’affaires a débuté son travail chez Québecor dès son retour de Paris en 1985, au moment où il complétait ses études en droit. Péladeau a intégré l’entreprise par le biais de transactions et d’acquisitions qui l’ont mené sur les conseils d’administrations des compagnies acquises. «C’est au fur et à mesure de l’expérience quotidienne à l’intérieur de l’entreprise que j’ai été amené à m’intégrer au profil d’homme d’affaires.»

PKP croit qu’il faut savoir rebondir de ses erreurs. Selon lui, on ne peut jamais connaître d’avance le résultat du geste que l’on pose. D’ailleurs il affirme que nous devons être en mesure d’apprécier adéquatement le fil conducteur pour apprendre de nos erreurs. «Il faut avoir l’humilité nécessaire pour dire: Avoir su, je n’aurais pas fait ça de cette façon-là.» Il considère que c’est seulement par après que nous avons la connaissance et la sagesse adéquates pour ne pas reproduire l’erreur en question.

Un peuple qui peut se prendre en main

En 1950, lorsque son père a commencé, c’était le début de la prise en main des intérêts économiques du Québec par des francophones. Auparavant, l’économie était entièrement anglaise. «Nous avons assisté à l’émergence de cette volonté de se prendre en main au niveau économique», explique Péladeau.

Par ailleurs, PKP développe sur le fait qu’au début de l’histoire de l’humanité, un pays en colonisait un autre pour le soumettre à sa volonté. En effet, ici, nos ressources naturelles ont été exploitées par l’Empire britannique. «La Nouvelle-France avait une civilisation différente, une langue différente, une religion différente et la colonisation a ouvert la porte aux Anglais qui était intéressés par les ressources naturelles.»

Peu à peu, la démocratie a vu le jour, tout comme le capitalisme. «Au départ c’était comme le disait Marx, l’accumulation primitive du capital et cela a permis de créer des fortunes. »

Pour le politicien, ses valeurs politiques ont été forgées par la volonté d’affirmation. «Le fait de dire regarde, nous autres on est aussi bons, sinon meilleurs que les autres et ce n’est pas vrai que nous allons être systématiquement assujettis à quelqu’un d’autre. Notre peuple a le droit de se prendre en main parce qu’on est libres.»

Le candidat à la succession de Pauline Marois suppose que son parcours universitaire influence sa vision du monde. «Je pense que le genre humain est libre et peut-être que c’est dû à mon enseignement en philosophie, mais je pense que l’homme a toujours comme but ultime dans la vie la liberté, c’est-à-dire sa capacité à faire ses propres choix plutôt que de se les voir imposés par quelqu’un d’autre.»

«Nous devons à ceux et celles qui ont été envahis»

Celui qui a fait ses premières armes en politique dans une association étudiante rêve à l’indépendance québécoise. Il a décidé de sauter en politique pour réaliser cet objectif. «Veux-tu continuer à travailler chez Québecor pour poursuivre la croissance ou veux-tu redonner à la société en faisant en sorte de t’engager dans le service public?», s’est-il questionné.

L’homme qui a toujours été souverainiste veut que l’on se souvienne de ceux et celles qui ont bâti notre nation. «Nous devons à ceux et celles qui ont été envahis, colonisés. Nous devons leur donner cette liberté qui était pour eux une valeur qu’ils défendaient quotidiennement, tout comme leur langue et leur culture.»

Péladeau croit que l’on a toutes les raisons et ressources pour réaliser le pays et qu’on «le doit à ceux qui nous ont précédés». L’homme est convaincu que le Québec va s’enrichir une fois indépendant puisqu’il aura rapatrié toutes ses compétences. «Ce n’est pas vrai que c’est Ottawa qui va prendre des décisions pour le Québec. Si on n’a pas tous les outils, on n’aura certainement pas cette capacité de nous épanouir au meilleur de notre potentiel.»

Pour lui, il faut miser sur l’éducation, car c’est un élément essentiel à la société. «L’éducation donne la liberté, quand vous êtes éduqués, vous avez la capacité de prendre davantage vos propres décisions.»

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