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Affaires, Personnes, Politique, Topos

Entre l’agriculture et le développement

TopoLocal a rencontré la mairesse de Sainte-Sophie, Louise Gallant, pour discuter de sa vision de la politique et de l’avenir de sa municipalité.

Dans ce dossier en quatre parties, nous vous présentons:

Sainte-Sophie doit d’abord composer avec sa géographie, et vit des enjeux particuliers quant au développement de son territoire. Son étendue est vaste et comprend de nombreux espaces zonés agricoles. La municipalité doit constamment jongler entre le développement domiciliaire et la protection des terres.

Les promoteurs veulent développer et faire des affaires, et n’ont jamais de grandes préoccupations de protection du patrimoine agricole. La municipalité, de son côté, souhaiterait bien augmenter son assiette de taxation en permettant plus de construction.

«Je comprends les objectifs de la Commission de protection du territoire agricole(CPTAQ), mais en même temps, certains projets de développement me semblent poser peu de risques d’empiéter sur des terres cultivables et on aimerait bien profiter du développement», dit la mairesse Gallant.

«Par contre, un jour ou l’autre moi je crois qu’on va devoir revenir à la terre.» Elle invoque la patience et la prudence. «Je crois que parfois, c’est mieux de reculer d’un pas pour regarder vers l’avenir.»

Sur le plan social, le fait d’éparpiller la population sur une aussi vaste étendue rend les interactions difficiles, tout spécialement pour les jeunes pour qui les déplacements sont difficiles. «On multiplie les initiatives pour offrir de la qualité de vie à nos familles, mais il faut être persévérant. On a une belle clinique toute neuve, mais il n’y vient que des médecins occasionnels. Il faut travailler ça…»

Les défis de Sainte-Sophie

En entrevue avec Topolocal, la mairesse Louise Gallant a abordé d’autres sujets qui représentent des défis pour sa municipalité:

La Maison des jeunes

La Maison des jeunes de Sainte-Sophie vient de faire sa réouverture officielle à la fin avril. «On travaille fort présentement pour en faire une belle réussite. J’aimerais ça voir que nos jeunes ne traînent pas dans les parcs, ne soient pas pris dans des histoires de drogue, ou d’intimidation. Ce sont des problèmes qui touchent les jeunes, mais les parents s’y trouvent eux aussi entraînés.  J’ai deux enfants que j’ai élevés qui ont fini par se suicider et il faut travailler pour éviter ces drames-là.»

«On a demandé la présence de cadets de la SQ et on comptera sur une animatrice ainsi qu’un intervenant à temps plein pour aider nos jeunes. La Maison va fonctionner à plein régime cet été. Il faut mettre en valeur la jeunesse de de Sainte-Sophie. On a du talent, on a des jeunes remarquables.»

Les bacs bruns

Sainte-Sophie a déjà fait le saut dans le récupération de matières compostables en faisant l’acquisition de bacs bruns qui seront bientôt obligatoires partout au Québec.

Les citoyens doivent donc séparer leurs déchets domestiques en matières recyclables, matières compostables, et déchets proprement dits.

«Quand on a distribué les bacs bruns, il y a des citoyens qui nous ont rapporté leur bac en disant qu’ils ne s’en serviraient pas. C’est pas grave, on les a gardés et on va leur rapporter quand ils seront obligés!, dit Mme Gallant. Ça fait penser aux bacs bleus: au début tout le monde disait c’est compliqué, mais aujourd’hui on le fait tous.»

07052015-CHM_8658«De toute façon, ça sera la loi. Le gouvernement veut en arriver à ne plus avoir d’enfouissement. Il faut commencer par éduquer les gens pour que ça devienne une habitude et non un fardeau. Déjà, dans les trois écoles ils séparent les déchets compostables. Dans peu de temps, les enfants montreront donc aux parents comment faire! De toute façon, d’ici 3 ou 4 ans, toutes les villes de la MRC Rivière-du-Nord auront des bacs bruns.»

L’assainissement des eaux

L’assainissement des eaux d’égoût est un enjeu de taille dans une localité comme Sainte-Sophie, où la majorité des gens sont propriétaires de leur fosse septique.

Sans encadrement, il est permis de croire que beaucoup de citoyens sont tentés d’étirer les intervalles de vidage et d’inspection.

«C’est sur que ce ne serait pas populaire politiquement, dit Louise Gallant avec un sourire, mais quand les villes prennent en charge les fosses septiques, les inspections et l’entretien sont beaucoup mieux encadrés. La MRC envisage présentement la création d’une régie intermunicipale pour tout son territoire, afin d’assurer que les normes soient respectées partout.»

La mairesse a aussi effleuré la question de l’Écocentre de la MRC Rivière-du-Nord, qui est présentement situé sur un terrain exigu à Saint-Jérôme et dont les heures d’ouverture sont fragmentées. De son propre aveu, le projet ne fait que commencer. «Ce sera chez nous (Sainte-Sophie) ou à Saint-Colomban», a-t-elle glissé. Mais il est clair que les maires de la région veulent un écocentre accessible à l’année, ouvert durant plus d’heures, et mieux installé.

Topolocal: En concluant, Mme Gallant, vous savez que les récentes années n’ont pas contribué à rassurer la population quant à l’intégrité des élus. Faut-il être un peu masochiste pour se lancer malgré tout sur la scène politique, spécialement au municipal où le contact avec la population est si fréquent?

«Vous savez, hier (la veille de notre entrevue), tous les élus de la MRC ont assisté à une formation de l’UPAC. Nous avons fait le tour du jardin et discuté des moyens utilisés par les entreprises qui tentent d’influencer indûment les élus. On a vu comment faire et comment ne pas faire. Et c’est finalement pas si compliqué: si t’as un doute, c’est probablement pas correct. (rires)»

«C’est sûr que c’est pas confortable quand on entend des gens mettre tous les élus dans le même panier. Il faut faire de l’éducation. Je pense vraiment que la confiance est en train de revenir. Les nouveaux élus apprennent à se défendre.»

Mme Gallant conclut qu’il faut être lucide, et «reconnaître que la menace sera toujours là. Le secret, c’est d’être transparent. Côtoyer les citoyens tous les jours et rester proche des gens. Un citoyen qui a un problème, je mets mon manteau et je vais voir. Je me déplace. Parfois les gens qui chicanent changent de visage. Parfois ils sont surpris de me voir arriver. On essaie de trouver des solutions, pas toujours parfaites mais on en trouve toujours. Mais pas de passe-droit cependant.»

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