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Jacques Parizeau, retour sur 1995 et la Rolland

Mario Fauteux lors de la campagne référendaire de 1995, avec Daniel Paillé, alors député de Prévost, et de Jacques Parizeau, premier ministre du Québec.

Convaincu que Jacques Parizeau a été le plus grand des chefs du Parti québécois et toujours sensible à l’histoire de la compagnie Rolland où il a oeuvré une bonne partie de sa vie, le conseiller municipal Mario Fauteux de Saint-Jérôme s’est fait un plaisir de partager quelques souvenirs de M. Parizeau et de la campagne référendaire de 1995, à la suite de l’annonce de son décès.

«J’ai toujours été un admirateur de Jacques Parizeau autant pour la fermeté de ses convictions que pour sa capacité à parler de l’indépendance du Québec comme un choix rationnel et parfaitement raisonnable», raconte celui qui a été un militant péquiste de la première heure.

«Ses interventions au conseil national du PQ étaient de véritables leçons d’économie mais aussi de politique. D’autres étaient plus fougueux et même plus populaires, mais Parizeau, pour moi, a donné sa crédibilité au projet de souveraineté. Il avait cette capacité de dire les choses comme elles sont. J’essaie, à ma façon, de m’en inspirer dans mon action politique comme élu municipal à Saint-Jérôme.»

Le oui en dessins

Fauteux, qui dirigeait la campagne du Oui en 1995 dans le comté de Prévost (qui englobait alors Saint-Jérôme) raconte que les esprits s’échauffaient parfois.

«Je me souviens que j’avais demandé à mes enfants de faire des dessins inspirés par le mot «oui» que j’ai affichés au local de campagne. En peu de temps, les autres militants ont fait la même chose et d’une certaine façon, ces dessins d’enfants allégeaient l’ambiance.»Fauteux oui enfants

comite du oui prevost fauteuxParizeau et la Rolland

Dans sa biographie de Jacques Parizeau, Pierre Duchesne traite du rôle que l’économiste a joué auprès de la compagnie Rolland dans les années 1960. Parizeau y affirme que la famille Rolland avait dû faire d’importants efforts financiers pour éviter que leur entreprise passe aux mains de l’establishment anglo-saxon qui dominait alors l’industrie.

Parizeau racontera que son premier travail de consultant à son retour d’Europe est un mandat pour le compte de la compagnie Rolland, qui vient d’installer en 1956 la machine no. 7, au coût de 5 millions de dollars.

Le jeune économiste est chargé d’évaluer les coûts de démarrage de la nouvelle installation. Parizeau gagne la confiance de la famille Rolland, pourtant des fédéralistes convaincus, qui sont même liés d’amitié avec Pierre Elliot Trudeau.

usine rollandIl obtiendra d’ailleurs un second mandat de la compagnie Rolland en 1959, afin de réaliser une étude visant à protéger l’industrie canadienne du papier contre une entente de libre-échange qui nuirait à la compétitivité de la Rolland.

Amené à côtoyer les têtes dirigeantes de l’industrie, tous anglophones, Parizeau raconte dans la biographie de Pierre Duchesne à quel point certaines entreprises méprisaient les canadiens-français au point de limiter leur avancement dans les rangs de leurs entreprises. Son travail auprès de la Rolland aura donc contribué, en quelque sorte, à renforcer son engagement souverainiste.

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