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Lieux, Personnes, Topos

Abandonnée par le système à Saint-Jérôme

La rue Filion, à Saint-Jérôme, peu après l'École polyvalente, juste avant le nouveau complexe multi-sports.

Le nom et le numéro de téléphone de Chantal Provencher sont peut-être encore sur une liste, quelque part dans les bureaux des services de santé publics, à Saint-Jérôme.

Comme on peut le lire dans La Presse aujourd’hui, Chantal Provencher est morte de faim en décembre 2013, dans son logement de la rue Filion. Le CLSC avait estimé qu’elle était capable de se rendre seule à des rendez-vous et qu’elle n’avait pas besoin de soutien à domicile.

Cette décision a été maintenue même après qu’une stagiaire de L’Ami-E du Quartier ait accompagné Mme Provencher au CLSC pour que les intervenants la rencontrent. Ils avaient précédemment statué qu’elle était autonome sur la base d’un appel téléphonique.

Le Bureau du coroner du Québec a fait une recommandation aux services de santé de mieux se coordonner.

Pas dans la bonne catégorie

L’Ami-E du Quartier, qui est situé en face du logement qu’occupait Mme Provencher, avait commencé à aider Chantal Provencher un peu par hasard, après qu’elle soit passée à une vente de garage de l’organisme, à l’été 2013.

«On ne fait jamais ça d’habitude, livrer l’aide alimentaire, dit la responsable de L’Ami-E du Quartier, Sophie Desmarais. Mais Mme Provencher n’entrait dans aucune des bonnes catégories pour avoir de l’aide du système de santé. Elle n’était vraiment pas capable de sortir de chez elle et les services ne lui étaient pas donnés.»

Mme Desmarais indique que le Centre de crise du CLSC répond très bien, leurs services sont améliorés. «Pour les urgences, on a vraiment de bonnes relations, les organismes communautaires et les services publics. Avec les coupures et tout, ça ne s’améliore pas vraiment pour les services à domicile, par contre.»

De plus en plus vieux

Elle remarque d’ailleurs qu’elle sert de plus en plus d’aînés, qui sont isolés. «Quand j’ai commencé il y a 15 ans, c’était plus des 30-40 ans qui étaient dans une mauvaise passe. Mais aujourd’hui, on a des gens dans la soixantaine qui n’ont plus rien. S’ils pouvaient être pris en charge un peu plus tôt, au début de leurs problèmes, ce serait moins long à régler. Les listes d’attentes pour de l’aide psychosociale de base sont interminables, et ça n’ira pas en s’améliorant», dit-elle.

L’Ami-E du Quartier sert entre 90 et 100 familles, dans son secteur, chaque semaine, en plus d’organiser des cuisines collectives, un jardin communautaire et de livrer des fruits et des produits laitiers pour les collations des élèves de l’école Notre-Dame. «Plusieurs jeunes du quartier ne voient pas beaucoup de fruits dans leurs frigos», ajoute Mme Desmarais.

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