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Marc Gascon, nouveau gardien de la cathédrale

Marc Gascon aura eu trois carrières: criminologue, maire de Saint-Jérôme et directeur général de la paroisse.

Après avoir siégé à l’hôtel de ville durant près de 20 ans, c’est à la cathédrale de Saint-Jérôme que Marc Gascon consacre désormais ses énergies professionnelles, à titre de directeur général de la paroisse.

«C’est en quelque sorte une troisième carrière pour moi», constate l’ancien maire. Il avait en effet d’abord travaillé comme criminologue pendant 20 ans avant d’arriver en 1995 sur la scène municipale jérômienne, qu’il a quittée il y a deux ans.

Sa nouvelle fonction ne surprend pas ceux qui connaissent bien Marc Gascon. Sans en faire étalage ni «chercher à convertir les autres», il affirme avoir toujours été proche de l’Église sur le plan spirituel. Au point que la prêtrise a même été envisagée lorsqu’il était jeune et étudiait chez les frères!

Ses années de scoutisme, avec l’abbé Ronald Labonté, ont également nourri son intérêt pour la vie spitiruelle et, au secondaire, il était impliqué dans la pastorale de l’école. Si la vie l’a finalement mené ailleurs, Marc Gascon n’en pas moins toujours maintenu de cordiales relations avec les autorités diocésaines, notamment dans son rôle de maire.

Le défi de l’avenir des églises

C’est ainsi que l’an dernier, il acceptait l’offre de l’évêque Pierre Morrissette de présider la Fabrique de la paroisse de Saint-Jérôme, un premier pas bénévole au sein de l’organisation religieuse. Et depuis le mois de septembre, il y occupe un véritable emploi comme directeur général, une tâche à temps partiel à laquelle s’ajoute une autre fonction de responsable du Service d’aide aux paroisses du diocèse.

Ses mandats sont évidemment de nature administrative, même si ses convictions spirituelles y jouent un rôle. «Il ne s’agit pas seulement d’aligner les chiffres», explique Marc Gascon.

Il n’en demeure pas moins qu’à titre d’«accompagnateur des paroisses» et de gestionnaire de la cathédrale, il se retrouve aux premières loges de l’énorme défi que représente l’avenir des églises.

Avec leur fréquentation en chute libre et la diminution dramatique des effectifs religieux, la survie de bien des paroisses est remise en question. Et du même coup, celle des églises elles-mêmes, dont les coûts d’entretien s’avèrent un casse-tête.

1 église sur 4 a fermé dans la région

«Depuis une douzaine d’années, une église sur six a fermé ses portes au Québec. Dans les Laurentides, c’est une sur quatre!», signale le directeur général de la cathédrale, pour qui «on ne peut pas espérer toutes les garder». «On n’en est pas encore rendu là à Saint-Jérôme, mais la question va finir par se poser », prévient-il.

Plus souvent qu’autrement, l’église est un point central d’une ville ou d’un village, et les gens sont toujours très émotifs face à une possible fermeture, admet Marc Gascon. Tous ces bâtiments ne présentent pas pour autant le même intérêt sur le plan patrimonial.

La cathédrale de Saint-Jérôme, un «bâtiment-phare»

Dans le cas de Saint-Jérôme, on ne peut évidemment pas imaginer que la cathédrale disparaisse. Non seulement est-elle le siège du diocèse, mais l’ampleur de ce temple et sa valeur historique en font un joyau incntournable. «C’est un bâtiment-phare, qu’on voit de loin, à partir de l’autoroute», rappelle son nouveau gardien.

Au cours des 15 dernières années, le toit a été refait, de même que la chambre électrique. On sait aussi qu’une nouvelle croix, oeuvre de l’artiste local Mathieu Isabelle, a été installée il y a quelques mois, après que le vent ait emporté l’originale.

70 000$ par année en chauffage

Tout récemment, une bonne partie de l’intérieur de l’église a été repeint au coût de 100 000 $, grâce à un généreux mécène. Et l’espace muséal du Curé Labelle y occupe désormais une place de choix.

«Il faudra maintenant penser à rénover les clochers et le parvis », explique Marc Gascon. Et cela, sans parler des frais d’entretien régulier comme le chauffage, qui coûte 70 000 $ par année!

Outre la cathédrale, la paroisse, qui compte depuis peu sur un nouveau curé, le vicaire général Martin Tremblay, gère aussi le vaste cimetière, le columbarium et le crématorium, avec une équipe d’une douzaine d’employés.

300 repas par jour

Elle est également responsable du Soupecafé Rencontre, qui sert en moyenne 300 repas par jour à des personnes dans le besoin, au sous-sol de l’église. «Une mission que nous n’avons pas le choix de poursuivre», dit Marc Gascon. Des investissements seront d’ailleurs nécessaires pour améliorer la cuisine utilisée par l’organisme.

Ne pas jouer les «belles-mères»

Toutes ces nouvelles préoccupations tiennent l’ancien maire loin de l’actualité municipale. À titre de citoyen et contribuable, il observe bien sûr l’évolution de sa ville, mais se garde de «jouer les belles-mères» face à la nouvelle administration Maher.

S’il admet que Saint-Jérôme se porte bien, il ne résiste pas à la tentation de souligner que plusieurs des grands projets en voie d’aboutir, comme l’aréna et la salle de spectacle, sont nés sous sa propre administration. «Mais je n’y retournerai pas, c’est sûr!», conclut l’ex-maire Gascon.

À propos de la cathédrale de Saint-Jérôme

  • Construction de 1897 à 1900, selon les plans de l’architecte Casimir Saint-Jean
  • 77 m de longueur, 30,7 m de largeur et 24,6 m de hauteur
  • Rénovation majeure de 1923 à 1925: les clochers de style byzantin et la coupole arrière sont alors remplacés
  • 1200 places assises dans la nef: On aimerait bien un jour redonner leur fini naturel aux bancs d’origine…
  • Statut de cathédrale depuis 1951, lors de la création du diocèse de Saint-Jérôme
  • Coût annuel de chauffage: 70 000 $

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