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Des réfugiés syriens arriveront en janvier

Des réfugiés arrivés par train en Hongrie marchent vers l'Allemagne, le 6 octobre 2015. Plusieurs d'entre eux fuient la guerre civile en Syrie. Photo par radekprocyk/Depositphotos.com

Le gouvernement Trudeau maintient son ambitieux objectif d’accueillir 10 000 réfugiés syriens au pays d’ici le 31 décembre, mais ce n’est qu’en janvier que la région des Laurentides en recevra.

Le Coffret, l’organisme de Saint-Jérôme en charge de l’opération pour la région, s’y prépare tout de même activement. La directrice Line Chaloux ne sait pas encore combien de ces nouveaux arrivants s’établiront chez nous. Au départ, il était question de 200, puis d’une cinquantaine et, aux dernières nouvelles, on parlait de 30 personnes.

«Le chiffre évolue constamment, admet Line Chaloux. Il arrive que des personnes qui nous ont été assignées décident de s’installer ailleurs, par exemple s’ils connaissent des gens dans d’autres régions.» On trouve déjà un certain nombre de Syriens dans les Laurentides, mais il ne s’agit pas d’une véritable «communauté», selon la directrice du Coffret. «Ils ne se fréquentent pas», constate-t-elle.

Beaucoup veulent aider

Chose certaine, la détresse des réfugiés syriens (et sans doute la grande médiatisation de ce phénomène) suscitent un élan de générosité sans précédent dans la région. Une réunion d’information organisée à ce sujet par le Coffret a récemment attiré à Saint-Jérôme 200 personnes désireuses de contribuer d’une façon ou d’une autre.

Ainsi, un programme de jumelage permet à des familles d’ici d’accompagner ces nouveaux venus pour les aider à s’intégrer à leur nouvelle vie. Qu’il s’agisse de leur trouver des meubles, de les conduire à l’épicerie, à la bibliothèque, chez le médecin, etc.

Quatre groupes de parrainage ont par ailleurs été formés à Val-David, Sainte-Adèle, Saint-Sauveur et Mirabel. À Saint-Jérôme même, on retrouvera surtout des réfugiés parrainés par l’État.

Fort de son expérience des 25 dernières années en accueil d’immigrants, le Coffret dispose d’une banque d’environ 50 logements pour faire face à cette vague de nouveaux arrivants. «Le logement, ce n’est pas un problème à Saint-Jérôme. Beaucoup de propriétaires nous contactent», affirme Line Chaloux.

Même si elle n’intervient pas directement auprès des réfugiés, la Ville de Saint-Jérôme offre aussi sa collaboration sur le plan de la sécurité civile. «Ils comprennent mieux ce qu’on fait», se réjouit la directrice du Coffret.

Deux classes d’accueil ici

D’autre part, la commission scolaire mettra en place, pour la première fois, des classes d’accueil pour les réfugiés, à l’école Saint-Joseph pour les enfants du primaire et à l’École polyvalente de Saint-Jérôme pour les jeunes du secondaire. La francisation sera évidemment au cœur de l’enseignement qui y sera dispensé.

Outre les Syriens, d’autres réfugiés en bénéficieront. Car, faut-il le rappeler, Saint-Jérôme et le Coffret n’en sont pas à leur première expérience d’accueil de ce genre. «Chaque année, nous recevons en moyenne 70 réfugiés provenant surtout d’Afrique, de la Colombie et du Népal», fait remarquer Line Chaloux.

Pour le Coffret, le principal défi est que cette vague de réfugiés syriens s’ajoute à ceux que l’organisme avait déjà le mandat d’intégrer dans la région cette année (jusqu’au 31 juin 2016). «Dans ce contexte, on nous a demandé de terminer l’accueil des autres réfugiés ce mois-ci pour nous concentrer dès janvier sur ceux de la Syrie», explique la directrice.

C’est ainsi que, ces jours-ci, en pleine période des Fêtes, le Coffret travaille de façon intensive à l’établissement d’une trentaine de personnes originaires du Congo et du Burundi.

60 millions de réfugiés dans le monde

Tous ces efforts ne sont pas vains. Jusqu’à l’an dernier, le Coffret affichait un remarquable taux de rétention de 96% des immigrants (réfugiés ou non) accueillis dans la région. Cette proportion a quelque peu diminué à la suite du départ de 115 des 264 réfugiés du Bouthan établis chez nous, partis vers l’ouest canadien comme beaucoup de leurs congénères de confession hindouiste que le Québec avait accueillis ces dernières années.

Line Chaloux rappelle que l’Agence des Nations unies pour les réfugiés(UNHCR) est responsable de 60 millions de personnes déplacées dans le monde. Ce que l’on prévoyait il y a 20 ans est en train de se réaliser, constate-t-elle. «Les gens du Sud montent de plus en plus vers le Nord, parce qu’avec le plus grand accès à l’information et l’Internet, ils voient la qualité de vie qu’ils peuvent y trouver.»

Cet article de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés indique entre autres informations qu’une personne sur 122 dans le monde a été forcée de quitter son foyer.

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