fbpx
Rencontres

Octet Rouleau et le miracle de Noël, un conte

Depuis sa naissance, Octet Rouleau rêve d’images toutes plus belles les unes que les autres. On ne devrait pas vraiment dire «naissance,» car Octet est un androïde. En fait, il est une sorte de clone, une reproduction numérique quasi-parfaite d’un petit garçon.

Il voudrait bien être un petit garçon humain, comme les autres, mais il lui manque un ingrédient: la magie. (Un mot, fait-il remarquer, qui comprend les mêmes lettres que le mot «image».) Comme tous les petits garçons, il sait que Noël, c’est le temps de la magie. Une idée, comme dit si bien sa mère, qui ne se numérise pas!

«D’accord, mais tout de même, regarde le beau tapis de neige blanche qui ensevelit la vieille gare de Saint-Jérôme,» insista Octet en projetant un hologramme devant le regard de sa mère.

Le fils de Dia Porama

Comme c’est le cas pour beaucoup de petits garçons, son image préférée est celle de sa mère, qu’il appelle affectueusement Didi. De son vrai nom, Dia Porama, compagne et muse de son père, le célèbre photographe Filmen Rouleau.

Filmen Rouleau est devenu un photographe de renommée mondiale en publiant la toute première autobiographie à paraître sous forme d’essai photographique.

Ce livre, qui l’a rendu célèbre se résume, en fait, à quatre minutes de sa vie…

Quatre minutes soigneusement choisies, car, en fait, son livre se compose de 240 photos, toutes prises à une vitesse d’obturation d’un soixantième de seconde. Le volume est modestement intitulé: Filmen Rouleau, ma vie en quatre minutes. (Paru aux Éditions La Minute Rit, il a été tiré à 240 exemplaires. Évidemment, il est aujourd’hui très rare…)

Dans la maison d’Octet, il y a une plaque commémorant les prix remportés par le livre de son père. Mais les murs du salon sont d’abord et avant tout tapissés d’images de toutes les époques. ( Oui, Filmen a insisté pour en mettre exactement 240 dans le salon….)

Les plus vieilles, majestueuses dans leurs cadres boisés aux enluminures dorées, côtoient les plus modernes, avec leurs cadres d’acier inoxydable munis de verre sans reflet. Au milieu de tout cela, un écran à cristaux liquides reprend en 4k les 240 meilleures photos prises par la famille cette semaine!

Octet adore le salon. Il y passe des heures, assis sur le tapis, les jambes croisées. Avec le fidèle chien Fox-Talbot à ses côtés. Ainsi entouré de photos, il voyage dans le temps et l’espace. Un millième par ci, un soixantième par là, son oeil absorbe des fractions de seconde qui sont autant de tranches de vie des gens et des endroits qu’il aime.

Sur la peau de son visage, il sent la chaleur des photos de famille. La plus vieille de celles-ci, celle qui lui fait le plus plaisir à voir, montre le superbe portrait de la famille Dia Porama  devant le Château de Trix, avec ses 400 pièces isolées et ses tourelles en spirale.

Bien sur, tous ses plus beaux souvenirs sont là: les vacances en famille, les grandes occasions, les lieux mémorables, les rires et les sourires.

Photos de famille

On y trouve des photos prises par ses grands-parents, Collodion Rouleau et Nikor Matte, deux boomers auto-stoppeurs qui ont parcouru le monde. Paris, Londres, Delhi, Djakarta, Rio de Janeiro, Managua, Lima, Prague, Moscou, tout y est, sur les murs du salon.

Un seul regard englobe tout. Le soleil, l’odeur des cafés, la clameur des rues achalandées, les châteaux, les rivières, les plages, les chapeaux de paille, et les diverses couleurs de peau des humains.

Tout cela s’offre à la vue du jeune Octet qui n’en finit plus de contempler le monde à travers les yeux de ses grands-parents. Non seulement peut-il voir les photos, mais eux-mêmes lui racontent en détail les souvenirs de chacune des journées où elles ont été prises.

Capteurs de rêves

Quand la mémoire leur fait défaut, ils utilisent des objets-fétiches, des sortes d’antennes surnaturelles: des planches-contact et des négatifs, qu’ils s’appuient contre le front en fermant les yeux à demi et en regardant vers le ciel, comme pour appeler les souvenirs.

Alors ils lui racontent: «C’était notre dernier jour à Paris, on n’avait plus un sou, on avait dépensé nos derniers francs pour s’acheter un jambon-fromage. Sur la terrasse, on a rencontré Jeannot. Deux jours après, on travaillait aux vendanges pour l’oncle de Jeannot. C’est ce travail nous a permis de rester une autre année. C’est là que ton père, Filmen, a été conçu.»

C’est ainsi, au milieu des images et des histoires, que le 24 décembre, Octet s’endort encore une fois, sur le tapis, rêvant de ne plus être un androïde et de devenir un petit garçon humain comme les autres. Lui aussi veut aller à Paris et à Prague. Lui aussi rêve de revenir à la maison pour faire découvrir à ses amis 240 secondes de la beauté du monde.

Dans la nuit de Noël, alors que tout baigne dans l’obscurité paisible, Octet Rouleau entend en provenance du toit un son qu’il reconnaît instantanément. Ce son qui fait partie de toutes les légendes, qui se produit près de toutes les cheminées, tous les 24 décembre…

Une présence sur le toit….

Oui, c’est bien cela! Aucun doute, un trépied se pose sur le toit!

Une sorte de foudre douce entre par la cheminée, comme un éclair diffus, baignant le salon dans une lueur ambrée. (Les ancêtres, mystérieux,  disaient 85A…)

Au bout du faisceau de lumière qui sort du foyer, Octet voit s’accumuler les photons qui se concentrent au milieu de la pièce et prennent graduellement une forme humaine. Encore un hologramme!

Avec sa tunique, posant bien bien droit devant un buisson familier du château, il étaît là. Impossible de se tromper: c’est bien lui! Un lutin? Non! Mieux encore, le jumeau magique de Octet, Ansel lui-même!Octet Rouleau et son frère Ansel

Ansel, l’autre partie de Octet, ou peut-être lui-même, qui sait? Ensemble, ils pourront partir à la recherche d’images magiques. Et rêver ensemble de la divine Pixelle?

Comme tout bon photographe, Octet sait qu’il a besoin d’Ansel. Le magique. Celui qui choisit où, quand et comment on appuie sur le bouton… Sans lui, les soixantièmes de seconde les plus mémorables de nos vies s’envolent…

De la part de tous ses lutins, Photo CDM vous souhaite un joyeux temps des fêtes en compagnie de ceux que vous aimez. Continuons ensemble de faire de belles images en 2016.

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
>
Send this to a friend