fbpx
Culture, Éducation, Lieux, Personnes, Topos

Quand on n’a rien devant soi: la Maison de Sophia

Sylvie Plante parlait d’un «jour de fête» pour la Maison de Sophia, maintenant capable d’accueillir 11 femmes en difficulté dans deux lieux différents. On vous raconte plus bas la remarquable histoire de la maison et de son développement.

Mais d’abord, l’histoire de femmes qui y ont séjourné.

L’une se nomme Guylaine

«Je suis arrivée à la Maison de Sophia le 27 novembre. Je n’avais plus de place à aller, nulle part. Sylvie m’a écoutée. Pas dix minutes. Non, elle m’a vraiment écouté. Elle a vraiment pris le temps. Tu te souviens Sylvie de notre conversation?»

«Je me suis fait un chez moi ici. J’ai découvert des gens qui m’ont accueilli généreusement. Avec le temps, mon estime de soi a remonté, je me suis fait des amis.»

«Après un certain temps, je suis allée à la maison à long terme. (NDLR: un autre logement où les résidentes sont plus autonomes.) Je me suis fait une vie là-bas. Je remonte. Je vais avoir 50 ans et je n’ai jamais eu mon propre appartement. Mais je me prépare parce que bientôt j’aurai mon propre 3 et demi. À moi. Chez nous. Après tout ce que j’ai vécu, ça c’est beaucoup. Beaucoup de femmes vivent des choses et ne le disent pas. La honte, vous savez…»

Annick

Une autre, prénommée Annick, dit: «La Maison de Sophia, c’est ici que j’ai trouvé la paix. J’étais au bout de mon rouleau. Pas d’amis, pas de réseau de connaissances. Je n’étais pas battue, ni violentée, mais j’étais dans le désert…  Depuis que je suis entrée ici le 4 novembre, j’ai réussi à briser l’isolement. J’ai des femmes à qui parler. Je me réveille ici et je souris. C’est ici, dans la cuisine que j’ai fait ma première tourtière. Elle était tellement bonne!»

«Vous m’avez apporté… je ne sais pas… de l’amour, je pense.»

Une transition vers l’autonomie

La Maison de Sophia aide les femmes en difficulté. Plus souvent qu’autrement, celles qui y viennent sont coincées dans la pauvreté et l’isolement, un cercle vicieux impitoyable dont il est difficile de sortir seule.

Certaines d’entre elles sortent d’une vie qui n’en est plus une. «Malheureusement, le dénominateur commun, c’est la violence», dit Sylvie Plante, la directrice de la maison.

Il ne s’agit pas nécessairement de violence physique sous forme de coups et blessures, des problèmes pour lesquels il existe d’autres maisons d’accueil. Dans le cas de la Maison de Sophia, les femmes peuvent avoir été victimes de fraude, de harcèlement, de troubles de santé mentale, d’itinérance ou de toute autre situation qui les laisse souvent sans la moindre dignité.

Une place dans un endroit sûr

maison-de-sophie-femmes-en-difficulte

Un milieu de vie

maison-de-sophie-femmes-en-difficulte

maison-de-sophie-femmes-en-difficulteL’objectif de la Maison de Sophia est de redonner aux femmes leur autonomie. D’ailleurs, leur séjour est limité à trois mois, période au cours de laquelle elles paient 12$ par jour pour se loger.

Elles doivent voir ensemble à gérer la vie de la maison, incluant l’épicerie et toutes les tâches domestiques.  La maison restecte le rythme de récupération de chacune des femmes, mais elles sont toutes confrontées à la nécessité de vivre avec leurs choix et de se rendre responsables de leurs gestes.

«On aide les femmes ici, mais on ne fait pas le cheminement à leur place. Chacune doit se prendre en main», dit Sylvie Plante.

maison-de-sophie-femmes-en-difficulte

La Maison de Sophia est soutenue par de nombreux organismes locaux qui aident les personnes en difficulté, dont la Maison d’Ariane, Fleur de Macadam, et d’autres. L’organisme est aussi soutenu par Centraide Laurentides, l’Office municipal d’habitation de Saint-Jérome, et la Corporation de développement communautaire.

Récemment, la Maison a reçu un solide coup de pouce de la part du groupe des Cols blancs de la Ville de Saint-Jérôme, qui a organisé des levées de fonds et dont certains membres offrent bénévolement du temps.

Mais les besoins restent énormes afin de bien encadrer toutes les utilisatrices de la maison. «Ce sont souvent les femmes qui subissent le plus durement les effets de la pauvreté et des difficultés économiques, dit-elle. Nous sommes toujours à la recherche d’aide.»

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
>
Send this to a friend