«Les villes qui réussissent le mieux à travers le monde sont celles qui créent une convergence entre l’économie, l’économie sociale et l’éducation. Il faut que les trois soient des vases communicants.»

«Non seulement les cinq villes qui forment le grand Saint-Jérôme doivent travailler ensemble pour y arriver, mais il faut travailler sur le terrain avec la commission scolaire, le cégep, qui est en croissance spectaculaire, et l’université pour supporter le développement socio-économique. C’est un élément important de mon rôle.»

C’est ainsi que Pierre Nelis, le directeur général de Développement économique du Grand Saint-Jérôme, résume son plan d’action.

Miser sur l’électrification des transports

La région de Saint-Jérôme peut jouer un rôle important dans l’électrification des transports et devenir un pôle de cette industrie. À condition d’utiliser la bonne stratégie.

«Par exemple, au niveau de l’électrification des transports, on ne peut pas se battre contre la rive Sud! Au niveau du transport terrestre, c’est gigantesque. Eux sont forts en logiciels et en systèmes, mais nous on est forts en évaluation et en testing. Dans la région, nous testons présentement les taxis électriques du projet d’Alexandre Taillefer et nous évaluons, avec Lev-Fab, la fabrication des cabines pour les autobus Lion.»

«Plutôt que de travailler chacun chez soi, moi je crois qu’on devrait travailler avec la région de la rive Sud. Pourquoi pas faire un deal pour devenir la solution pour le Québec en entier, en travaillant ensemble plutôt qu’en silo?» de dire M. Nelis.

«Dès le mois de février, le Cégep de Saint-Jérôme formera une première cohorte d’électriciens spécialisés dans les bornes de recharge pour véhicules. Et nous formons présentement, dans notre région, des policiers venus de partout afin qu’ils apprennent à intervenir lors des accidents de véhicules électriques. Ce sont des situations qu’ils devront gérer de plus en plus dans l’avenir.»

«À l’Institut du véhicule innovant, on compte 6 ou 7 ingénieurs et plusieurs techniciens qui viennent de partout au Québec, plus on les intègre à notre milieu de vie, plus on se donne des atouts.»

«C’est un premier secteur où on peut parler d’intégration entre le centre d’essais et les formations dispensées dans la région. Si on réussit à travailler avec l’UQO à pousser plus loin, on développera encore davantage.»

Un potentiel manufacturier et de la main-d’oeuvre spécialisée ici

«Mais il y aussi tout le secteur manufacturier, comme Aciers Ouellette, Lev-Fab, Atelier Tac et bien d’autres. Il faut s’assurer que ces entreprises puissent connaître de la croissance ici et ne pas être forcées d’aller ailleurs pour trouver leur main-d’oeuvre. Cela veut dire qu’il faut favoriser le développement d’un bassin d’employés potentiels.»

«Je parle d’employés spécialisés, pas nécessairement des ingénieurs, mais des spécialistes de niveau collégial, donc encore une fois c’est une collaboration entre les entreprises et les institutions d’enseignement qu’il faut développer.»

Pas seulement l’électricité!

«Cela peut s’étendre à plusieurs secteurs. Évidemment on ne deviendra pas un cluster du multimédia, parce qu’on n’a pas la masse critique de personnes. Mais on a suffisamment de population pour avoir des beaux succès comme par exemple la compagnie Enzyme (installée à Saint-Jérôme) qui fait des tests de jeux vidéo. Ils sont rendus 350 employés, et ils viennent de connaître la meilleure année de leur histoire.»

«Le jour, on approche d’une population active de 175 000 personnes, mais il faut les faire habiter ici le plus possible. C’est la clé de la croissance de nos municipalités.»

Une structure allégée qui n’est plus le CLD

L’organisme que dirige Pierre Nelis, Développement économique du Grand Saint-Jérôme, est tout nouveau. Le gouvernement du Québec a aboli au cours de 2015 les CLD dont il jugeait la structure trop lourde et trop coûteuse. Le développement économique régional était alors une responsabilité partagée entre les villes, les MRC, les CLD et les CRÉ, quatre organismes distincts.

Depuis l’abolition des CLD et des CRÉ, les municipalités ont choisi de confier la mission du développement économique aux MRC. Or, les villes et la MRC sont habituées à travailler ensemble. À Saint-Jérôme, les villes membres de la MRC Rivière-du-Nord sont Saint-Jérôme, Sainte-Sophie, Saint-Colomban, Saint-Hippolyte et Prévost.

Pour remplir leur mission de développement, elles recevront de Québec la moitié des fonds qui étaient autrefois versés aux CLD. Si certains croient que le gouvernement n’a fait cette réforme que pour sauver de l’argent, d’autres se réjouissent que la structure soit plus légère, et proche des pouvoirs locaux.

De 23 à 7 dirigeants

«Après mon embauche en novembre, la première chose que je voulais faire, c’est réorganiser le conseil. Aujourd’hui, le 3 février, j’ai eu mon dernier conseil du CLD, au cours duquel on a voté la réorganisation du conseil. Désormais, notre groupe s’appelle Développement économique du Grand Saint-Jérôme et mon conseil passe de 19 membres plus 4 observateurs à un conseil de 7 membres.»

«Autrefois, on avait du mal à tenir des rencontres mensuelles tellement c’était difficile d’avoir le quorum. Les gens passaient leur temps à faire des réunions et à lire des procès-verbaux.»

«Le nouveau conseil compte deux maires, dont celui de Saint-Jérôme compte tenu que c’est cette ville qui défraie la plus grosse part des coûts. S’ajoutent Isabelle Charbonneau de la microbrasserie Dieu du Ciel, de même qu’Eric St-Denis, de l’Atelier Tac.»

«Nous formerons des comités distincts pour des projets qui touchent l’éducation et l’économie sociale. Notre nouvelle mission c’est augmenter la richesse collective du Grand Saint-Jérôme dans un contexte durable. Pour moi durable, ça signifie à long terme.»

Une ville qui rame dans la même direction

«Parallèlement à la Ville, il y a une réelle volonté de réorganisation. Autrefois c’était lourd quand tu cognais à la porte pour un permis. On entendait les entrepreneurs se plaindre. Aujourd’hui, il y a une volonté politique de travailler avec les investisseurs. J’ai déjà du feedback positif sur le terrain.»

«Mon travail, c’est de fournir de l’aide aux nouveaux entrepreneurs arrivés chez nous ainsi que pour les nouveaux projets des entrepreneurs déjà installés.»

Pierre Nelis se doit d’être impliqué. «Je suis pas mal partout: je suis impliqué à la Chambre de commerce et à quelques think tanks créés par la Ville de Saint-Jérôme, je vise aussi le cégep et je compte bien m’impliquer auprès de l’Université du Québec, toujours dans le but de rallier les gens de tous les milieux. Il y a présentement une belle synergie au niveau des maires. J’ai rarement vu ça. On sent présentement un momentum.»

Qui est Pierre Nelis?

Pierre Nelis est un passionné de l’innovation. Il affirme être attiré par le potentiel de la région de Saint-Jérôme et la qualité de vie des Laurentides, une région qu’il connaît bien.

De 1992 à 1998, il a été l’un des bâtisseurs de Softimage, leader mondial en animation 3D et création du jérômien d’origine Daniel Langlois. Softimage a fait sa marque en étant utilisé pour des films tels que Titanic, Le parc jurassique, et Le cinquième élément.

Par la suite, il a oeuvré auprès de Microsoft à Seattle, à titre de directeur du développement des affaires.

«Depuis que j’ai quitté Microsoft, j’ai toujours été dans le développement économique. J’ai été dans le bénévolat, le mentorat, la consultation, etc.» Il a entre autres oeuvré au sein de Inno-centre, un cabinet conseil spécialisé dans le développement d’entreprises. Fort de ce bagage, le voici maintenant à l’avant-plan du développement économique du grand Saint-Jérôme.

«Quand je suis arrivé ici, on a fait le bilan des mauvaises nouvelles: pas assez de compagnies à valeur ajoutée, etc. Mais moi, quand il n’y a pas de défis, je m’ennuie. Je suis un gars de challenge. Quand tout roule, je passe à autre chose.»

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