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Culture, Films, Topos

Les mauvaises herbes, les plan(t)s de Louis Bélanger

Le film Les mauvaises herbes a été tourné en bonne partie sur une ferme d'Arundel, dans les Laurentides.

Simon Boulerice est vieux, malade et pas mal bourru. Dans la vieille grange de sa ferme en déclin, il cultive en secret de la marijuana. Un jour, un visiteur inattendu va chambarder pour de bon toute sa vie de cannabiculteur.

En trois phrases, voilà tout autant le prétexte du dernier film de Louis Bélanger que son intrigue.

Comme un plongeon

Le film démarre un peu beaucoup comme un roman de Serge Brussolo. Jacques quitte la scène d’une pièce où il tient un rôle, sort dans la rue en costume de scène et, quelques secondes plus tard, perdu sur une route de campagne, il semble mourir de froid dans son costume de noble personnage du 18e siècle.

(Avis aux cinéphiles: le plan-séquence d’entrée vous fera penser à Birdman. Louis Bélanger en dit: «J’ai créé la séquence avant de voir Birdman, alors vous imaginez que ça m’a dérouté. Mais j’ai fini par me dire que voilà, c’était comme ça, c’est tout.»)

Comme c’est le cas tout le long du film, tout finira par s’éclairer, mais non sans surprendre et intriguer les spectateurs.

«Je considère que les spectateurs sont intelligents et que je n’ai pas besoin de tout leur révéler tout de suite», ajoute Louis Bélanger, aussi co-scénariste du film avec Alexis Martin. Ainsi, une couche à la fois, on en saura davantage sur les personnages du film.

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Une improbable amitié

Les mauvaises herbes tourne autour d’un improbable trio. Celui de l’ermite bourru, d’un acteur en fugue et d’une jeune femme dont la vie se dessine peu à peu.

«C’est un film sur l’amitié qui se développe entre trois personnages qui forment une sorte de famille dysfonctionnelle, et qui se rapprocheront avec le temps», dit Gilles Renaud.

Gilles Renaud posait, lors d’un événement de presse, avec Marie-Josée Pilon, du Bureau du cinéma et de la télévision des Laurentides(BCTL), le réalisateur Louis Bélanger et Katia Shannon, chargée de projets au BCTL.

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«J’ai entendu parler du film dès le début parce que Louis est un ami. J’aimais l’histoire et, au fil des versions du scénario qui ont évolué, j’ai appris à connaître Simon qui est un personnage que je suis capable de jouer, c’est-à-dire qu’il joue à la fois sur deux cordes, celles de la comédie et du drame», dit le comédien.

Au coeur d’Arundel

L’essentiel du film a été tourné à Arundel, à l’hiver 2015, en pleine vague de froid. «J’ai adoré l’endroit, dit Louis Bélanger, autant pour le décor environnant que pour cettee très belle ferme, typique de bien des fermes qui sont pas mal en fin de vie.»

«Ça n’a rien à voir avec les fermes de la Beauce qui, souvent, sont plus modernes, plus grosses et ont une allure plus industrielle. Dans ce cas-ci, on a une ferme qui convient très bien à l’histoire, la maison en planches de bois et la grange sont superbes.»

«On sait aussi que de plus en plus de fermes en région deviennent des cultures de marijuana. Elles font partie d’une sorte d’économie parallèle, au noir, dont personne ne parle ouvertement mais dont tout le monde connaît l’existence.»

Bélanger avoue aussi avoir été étonné de découvrir un temple bouddhiste en plein village. «J’ai choisi de ne pas le faire, mais une partie de moi aurait voulu trouver une façon d’inclure quelques plans du temple dans le film», dit-il.

Autant les comédiens que l’équipe de tournage ont apprécié l’accueil des gens du village, «formidables» aux dires du réalisateur. Gilles Renaud avait d’ailleurs le sourire large en évoquant quelques soirées bien arrosées au sous-sol de la Légion canadienne…

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Un film savoureux

Au menu: Une histoire d’amitié et d’humanité. Le jeu de Gilles Renaud et Alexis Martin, l’apparition de Luc Picard en shylock (lui aussi, derrière son allure véreuse, aura un moment d’humanité, et la nouvelle venue Emmanuelle Lussier-Martinez, dont le jeu est invisiblement tissé à celui des autres comédiens pourtant chevronnés.

Au chapitre des saveurs régionales: Arundel, évidemment, et la comédienne Myriam Côté (la Avril Robertson d’Unité 9) qui tient un second rôle.

Anecdote goûteuse: Les plants de marijuana qui apparaissent dans le film sont des faux. «J’ai été extraordinairement naïf, de dire Louis Bélanger, car je croyais qu’on aurait sans trop de difficulté la permission d’utiliser des vrais plants.»

Bien au contraire, le tournage a exigé qu’une équipe de près de 20 personnes fabrique des faux plants ornés de feuilles en tissu. On compte en tout quatre générations de plants dans le film qui maturent au fur et à mesure que le scénario avance.

Notes de dégustation: Les mauvaises herbes est un film qui, au nez, rappellera la télésérie Weeds, avec de grands bouquets d’hiver québécois à la campagne. Un film à déguster lentement, dont toute la saveur se développe à un rythme qui, sans être lent, est très délibéré et ne succombe jamais è l’impatience. Il vous fera rire, réfléchir… et peut-être pleurer.

Le film est sur les écrans de cinéma, dont celui du cinéma du Carrefour du Nord à Saint-Jérôme, dès le vendredi 11 mars.

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