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Le roi du Nord

Antoine Labelle, en 1864 alors qu'il amorçait la trentaine. Il est mort 27 ans plus tard, en 1891.

Nous publions une lettre ouverte du député de Rivière-du-Nord, Rhéal Fortin, à propos du 125e anniversaire du décès du curé Labelle, célébré cette année à Saint-Jérôme.

Il y a 125 ans cette année, le roi du Nord rendait l’âme. Ce monarque informel plus grand que nature a donné le coup d’envoi de la colonisation des régions du Québec. Sa belle folie des grandeurs a semé dans l’imaginaire collectif québécois l’idée d’un avenir prospère, pour une nation francophone en Amérique et pour toutes celles et tous ceux prêts à travailler pour y arriver.

Fier nationaliste, rêveur ambitieux et meneur d’hommes hors pair, le curé Labelle est l’une des figures les plus marquantes de notre histoire.

C’est lui qui eut une vision qui allait transformer le Québec. Au cours d’une affectation aux frontières américaines au milieu du 19e siècle, Antoine Labelle fut aux premières loges pour constater l’ampleur de l’exode des Québécois vers la Nouvelle-Angleterre, porteuse de la promesse d’une vie moins rude. Alors que la moitié de la population québécoise se tournait vers le sud, il eut la conviction que l’avenir des siens était plutôt vers le nord.

Services locaux

Muté à Saint-Jérôme, le curé Labelle a lancé une véritable conquête de l’Amérique, d’abord dans ses fonctions ecclésiastiques puis en tant que sous-ministre de la Colonisation sous la gouverne d’Honoré Mercier. Confronté à l’opposition du gouvernement fédéral et à un clergé parfois moins aventurier, il a fait progresser son idée de pays de toutes les manières imaginables.

Allant jusqu’à entreprendre lui-même des voyages d’exploration, le curé Labelle a inspiré des milliers de personnes à participer à sa vision d’une colonisation durable et moderne. Son fait d’armes demeure l’obtention à l’arraché du chemin de fer entre Montréal et Saint-Jérôme, qui a propulsé le développement régional vers des sommets jusqu’alors inatteignables.

S’il n’a pu arriver à ses fins, lui qui rêvait d’un pays canadien-français s’étendant jusqu’à Winnipeg, il fut à l’origine d’un concept cher aux Québécois: l’occupation du territoire.

C’est d’ailleurs grâce au développement de nos régions qu’il existe toujours un bastion francophone sur cet immense continent. Ce sont aussi nos régions qui confèrent à ce territoire que nous appelons « chez nous » toute sa diversité, sa richesse et ses couleurs.

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Encore aujourd’hui, le curé Labelle se dresse fièrement au centre-ville de Saint-Jérôme, pointant le doigt vers le nord avec confiance et détermination. Tout au long de l’année, la région soulignera le 125 e anniversaire de son décès par l’organisation d’une multitude d’activités gratuites.

J’invite les Québécoises et les Québécois des Laurentides et de partout à y participer en grand nombre. Laissons-nous imprégner par l’esprit de ce bâtisseur, par son goût de l’aventure. Qui sait vers quels grands projets d’avenir sa mémoire pourrait nous guider…

Rhéal Fortin, chef intérimaire du Bloc québécois

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