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Le Trouble-tête, Réflexions, Topos

Autisme à temps plein

Raphaël Hivon-Michaud, finissant de la cohorte 2016 en journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

Les autistes ne sont pas parfaits. Comme tout le monde, d’ailleurs. Tout le monde peut faire des erreurs de jugements. Tout le monde fait aussi des affaires dont ne peut s’empêcher d’en rire aujourd’hui.

Je ne fais pas exception à cette règle.

Il y’a certaines bêtises que j’ai fait durant mon enfance, et aussi durant mon adolescence, dont je ne pourrais qu’en rire aujourd’hui, tellement elles sont banales. Par contre, il y’a d’autres événements qui sont moins banales et qui démontrent les difficultés des personnes autistes dans le domaine des habiletés sociales.

Comme par exemple, lorsque j’étais au secondaire, la dernière chose dont j’ai besoin pour faire mon travail et mes devoirs, c’est du bruit, Genre, beaucoup de bruits. Je ne peux pas me concentrer quand le bruit est trop fort. Une fois, j’en étais arrivé au point où je me suis levé de ma chaise, et j’ai crié au monde de se taire. C’était plus fort que moi, mais c’est vraiment arrivé. Il a même fallu que je sorte de la classe pour me calmer et décompresser.

Ces dérapages ne se sont pas limités dans le cadre de mes études. Revenons dans le temps encore une fois si vous me le permettez et allons à l’époque où j’étais encore un jeune du primaire. Par une belle journée, les élèves et moi, on jouait au hockey bottine. Pour ce match, j’étais à la position de gardien de but. J’étais ( je le suis encore, mais un petit peu ) un joueur qui est très compétitif et qui veut gagner par dessus tout. Ça a beau être un jeu pour le plaisir, mais je prenais ce match au sérieux, tellement que, après avoir accordé un but de trop, au lieu de me comporter en vrai sportif, j’ai perdu la carte, et j’ai donné un coup de bâton au joueur adverse qui a marqué contre moi. Il a fallu que l’éducatrice me sorte du jeu pour que je me calme. Pas vraiment un beau moment dans ma vie.

Sur une note plus positive, si on me donne des instructions, il faudrait qu’elles soient précises, car sinon, ça risquerait d’être compliqué pour moi à accomplir la tâche désiré. Ça m’est arrivé à la maison et ça m’est aussi arrivé au travail. Mais par chance que j’ai un bon employeur qui comprend ma situation et qui m’a bien traité pendant toutes ces années.

Puis, récemment, j’avais finalement compris quelque chose d’essentiel pour une vie plus saine : le dessert est optionnel. Pas obligé de prendre le dessert après chaque diner et à chaque souper comme je l’avais fait pendant plusieurs années. J’ai aussi appris que la liqueur, si tu en prends tous les jours en prenant six ou sept verres par jour, ce n’est pas bon pour la santé. J’ai donc fait un choix à la fois difficile, mais plein de bons sens : J’ai coupé dans la liqueur. C’est à ce moment précis que j’ai décidé de prendre soin de corps et de prendre l’exercice plus au sérieux. Et c’est des affaires dont je n’avais pas vraiment porté attention durant des années.

Le truc, c’est que quand vous êtes une personne autiste comme moi, vous n’avez tendance à ne jamais lâcher une tâche que vous avez à faire. Dans mon cas, j’ai la tâche de me mettre en forme, et de perdre du poids en vue de la saison de baseball. Et croyez-moi, je n’ai aucune envie d’arrêter !

 

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