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La Purge, film d’horreur électoral

Le film La Purge: l'année électorale est en salles au Québec depuis le 1er juillet 2016.

Cette semaine, je suis allé voir le film La Purge: l’année électorale du réalisateur James DeMonaco.

Par où commencer… Ce long-métrage est le troisième volet de la série American Nightmare et probablement le dernier si l’on se fie à la fin du film.

Le scénario prend place 15 ans après que la sénatrice indépendante Charlene Roan ait vu sa famille se faire assassiner sous ses yeux lors de la fameuse Purge. Dans ces films, la Purge est une période annuelle de 12 heures où tous les actes criminels sont permis par le gouvernement. Cela permet, semble-t-il, de contrôler le chômage et la criminalité.

La sénatrice Roan est en pleine course à la présidence américaine face au révérend Edwidge Owens. Elle promet l’annulation de cet événement annuel.

Services locaux

Ses adversaires veulent l’empêcher de gagner. Ils s’assurent alors qu’aucun membre du gouvernement ne soit intouchable lors de la Purge, comme c’est habituellement le cas.

La sénatrice se retrouve alors prise pour cible par des partisans pro-Purge.

Je reviens rapidement sur M. Owens. Il est un religieux qui croit que tuer lors de la Purge est une volonté de Dieu servant à sortir le méchant dans chacun d’entre nous. Un révérend qui prône la violence et le meurtre, on aura tout vu!

Purgeons et purifions

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C’est Leo Barnes interprété par Frank Grillo, qui tentera d’aider la politicienne à passer la nuit.

Ce personnage se retrouve également dans La Purge 2 sorti en 2014.  En effet, cet ancien officier de police qui voulait venger la mort de son fils est maintenant le chef de la sécurité de Charlene Roan.

S’unir pour mieux survivre

Ce qui est intéressant, c’est que le film débute en présentant 3 groupes de personnages séparés les uns des autres.

Au fur et à mesure que l’histoire avance, ces différents ensembles d’individus se réuniront par pur hasard afin de créer un tout ayant le même objectif: protéger celle qui peut annuler cette nuit meurtrière.

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La Purge, de kessé?

La Purge prend son origine aux États-Unis qui renaissent, gouvernés par les Nouveaux Pères Fondateurs.

Pour s’assurer de la vitalité économique du pays, le gouvernement instaure, à chaque année, une période de 12 heures durant laquelle tous les crimes sont permis. Bien évidemment, ce sont surtout les pauvres qui paient le prix de ce petit moment d’hystérie collective attribuable à la hausse incessante des primes d’assurances.

Imaginez, qu’une fois par année, de 19h à 7h, les services de secours ferment les yeux et que chacun peut donc purifier son âme en extériorisant sa colère sur autrui.

Services locaux

Imaginez un reportage à la télévision sur la chaîne des nouvelles, en direct de l’aéroport, faisant le point sur le tourisme criminel.

Imaginez-vous en train de barricader votre demeure et tenter de survivre à une nuit où votre voisin tentera probablement de vous tuer.

Enfin, imaginez que vos politiciens vous répètent sans cesse que cette nuit a pour but de préserver l’âme des États-Unis d’Amérique et que participer à la Purge est un devoir civique.

Complètement insensé, non?

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Entre fiction et réalité

Lors du visionnement du film, je ne pouvais m’empêcher de penser à Rodrigo Duterte, le nouveau président des Philippines. Le même qui avait dit et je cite: «Je ne veux pas commettre un crime, mais si Dieu le veut, faites attention. Je vous jetterai tous dans la baie de Manille pour engraisser les poissons.»

Certes, La Purge est un concept original qui a su plaire aux amateurs de films d’horreur. Il est surprenant de voir que la ligne entre réalité et fiction est parfois mince.

Lancé en pleine campagne présidentielle américaine, prions pour que Donald Trump n’entende jamais parler de La Purge. On ne voudrait pas lui donner des idées…

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