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Culture, Films

9, le film: neuf vies d’humains

Devant l'écran du cinéma Carrefour du Nord, Maxim Gaudette, Marc Fournier, Noémie Godin-Vigneau, de la distribution de 9, le film, rencontraient le public en compagnie du réalisateur Éric Tessier et de l'auteur Stéphane E. Roy.

L’auteur et réalisateur Stéphane E. Roy s’est arrêté à Saint-Jérôme samedi pour parler de son tout nouveau film intitulé 9, le film.

Une comédie qui est, en fait, un enchaînement de neuf histoires brèves réalisées par neuf réalisateurs différents, reliées par le thème de la communication. De fait, la difficulté de communiquer.

Neuf histoires brèves qui vous amuseront sans faute. Qui vous feront rire à plusieurs reprises. Et dans lesquelles vous reconnaîtrez des personnes ou des situations que vous connaissez. Peut-être même des côtés de vous-même.

Les réalisateurs sont, en plus de l’auteur Stéphane E. Roy: Ricardo Trogi, Erik Canuel, Micheline Lanctôt, Marc Labrèche, Luc Picard, Éric Tessier, Jean-Philippe Duval et Claude Brie.

L’auteur était accompagné du réalisateur-coordonnateur Éric Tessier ainsi que des comédiens Maxim Gaudette, Marc Fournier et Noémie Godin-Vigneau. Le groupe rencontrait ensuite quelques journalistes. Et à répondu à nos questions.

On devine qu’un projet comme celui-là a dû intéresser beaucoup de réalisateurs. Ils ont été faciles à trouver?

«Beaucoup plus faciles que je ne le croyais. Bien sûr en cours de route certains ont dû se décommander pour d’autres projets (Sophie Lorain, entre autres) mais sinon, dès qu’ils lisaient, ils acceptaient. Ça c’est ce qui m’a le plus étonné! C’est la première fois que ça m’arrivait.»

Ce fut aussi le cas pour la comédienne Noémie Godin-Vigneau, qui a dit oui tout de suite. «C’est Éric Tessier qui m’a appelé. J’ai lu tout le scénario que j’ai trouvé super bon. J’ai donc dit oui. J’adore le style de la nouvelle, des histoires brèves.»

Un film drôle …et différent

Stéphane E. Roy enchaîne: «Y’en a à qui ça va plaire, d’autres pas, mais si on ne prenait pas de risques, on ferait toujours Les Boys. J’aime bien Les Boys mais je pense que c’est l’fun une proposition un peu différente. Et moi, c’est le genre d’humour qui me fait rire. C’est de l’humour à texte comme on en voit au cinéma français, souvent en se demandant pourquoi on n’en trouve pas chez nous. Pourtant chez nous, il y en a! Au théâtre et dans les sitcoms par exemple. Mais c’est vrai qu’on n’en voit pas souvent sur film.»

«On a beaucoup de films de silence, de gros plans, des films esthétiques, etc. Des films que j’adore, par ailleurs, mais faire un film qui s’appuie sur des dialogues cocasses, un peu plus fournis, je trouve ça intéressant.»

Une carrière dans l’humour

On connaît davantage Stéphane E. Roy pour ses apparitions à la télé. Il incarnait Sylvain dans la populaire émission Caméra café. Il a été choniqueur à Deux filles le matin et Sucré salé, entre autres. Au théâtre, ses pièces Me, myself et moi-même et Mars et Vénus ont connu du succès. Au début de sa carrière, il a aussi fait partie d’un groupe humoristique, Les Bizarroïdes avec Martin Petit, Ken Scott et Guy Lévesque.

Il a écrit tous les textes du film.

«Au départ, je m’étais écrit des courts métrages à réaliser. J’en ai ensuite fait une pièce de théâtre qu’on a jouée rapidement, et qui est ensuite devenue un livre, en fait une histoire coincée entre deux autres dans un recueil. Le soir du  lancement, un ami m’a suggéré d’en faire un film à sketches.»

Chaque réalisateur avait l’entière liberté de choisir les comédiens qu’il voulait, ainsi que le monteur et le directeur photo. Chacun a agi de façon relativement autonome. Notamment Ricardo Trogi qui, dit-on,  s’est enfui à Bruxelles avec ses comédiens et qui a tout tourné très vite, avec des moyens tout simples, et sans intervention externe.

Tous les films ont été tournés l’un après l’autre sur une durée d’un mois ou deux.

Neuf variations

Le rôle du réalisateur-coordonnateur Éric Tessier était de choisir un ordre pour présenter les neuf films. Puis de créer un enchaînement tout en suggérant, ça et là, des idées aux autres réalisateurs. «C’était très collégial comme environnement de travail, dit Stéphane E. Roy. On se parlait, on faisait des visionnements en groupe, et puis là quelqu’un disait: « On va changer ci, on va changer ça, etc. » Pour moi, c’est l’année la plus enrichissante de ma carrière.»

«Côtoyer autant de gens d’opinions et d’idées, c’est l’fun. Chacun a sa vision très précise. C’était intéressant de voir comment mes textes ont été vus par chacun d’eux.»

Faut être audacieux pour faire un film à sketches dans le contexte actuel. Ce n’est pas exactement un genre qui fait courir les foules.

Éric Tessier: «Je dirais que faire n’importe quel film, dans le contexte actuel, c’est osé! Évidemment, travailler avec neuf réalisateurs, beaucoup de comédiens, relier neuf histoires et faire fonctionner le tout, je trouve ça osé sur le plan de la production. Mais pour le fait de faire un film et de le diffuser, c’est comme tous les autres films.»

Stéphane E. Roy: «Quant à l’idée de faire un film qui n’est pas conventionnel, ou qui n’est pas grand public, c’est sûr qu’on fait de l’art, de la création. Donc il y a toujours un risque, même si je trouve que le film a un côté grand public, à cause de l’humour. Oui on rit noir, on rit autrement que Les Boys, mais y’a un marché pour ça. Ça sort des sentiers battus, mais je crois que ça va plaire. On est quand même dans 34 salles, dès le week-end.»

Marc Fournier: «Oui c’est neuf films, neuf sketches, mais quand on va dans les festivals, les Kinö par exemple, la clientèle est habituée d’avoir affaire à différents univers en peu de temps, à se prêter au jeu de voir différents films et différents réalisateurs dans la même soirée. Tu vas au Festival du nouveau cinéma(FNC), tu vas à des festivals comme ça et y’a des foules incroyables dans ces soirées de courts métrages-là. Je pense que les gens vont se prêter au jeu.»

Maxim Gaudette: «Je pense que les gens en général sont prêts à recevoir toutes sortes de styles de films. À partir du moment où on leur présente quelque chose de bien travaillé, d’intelligent, je pense qu’il faut prendre ces risques-là, les gens sont prêts, alors allons-y, dans le risque…»

Le propriétaire du Cinéma du Carrefour du Nord Guy Gagnon (à gauche), en conversation avec Éric Tessier et Stéphane E. Roy, sous le regard de Maxim Gaudette.

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Bande-annonce du film

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