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Politique

Pas nombreux à vouloir parler de mode de scrutin

Le député de Rivière-du-Nord Rhéal Fortin a tenu le 6 octobre une journée de consultation publique sur la réforme du mode de scrutin proposée par le gouvernement fédéral.

La discussion a porté sur des nouvelles façons de déterminer combien de députés représenteraient chacun des partis et sur la façon de les choisir. Le député de Rivière-du-Nord et les participants ont discuté de la question dans une ambiance non-partisane qui a abordé les avantages et inconvénients de plusieurs formules.

Il n’y avait pas foule

Au grand regret de tous les participants rencontrés, la participation n’a pas été très élevée.

À peine plus d’une vingtaine de citoyens ont répondu à l’appel. Pourtant tous les citoyens étaient invités à venir s’exprimer sur le sujet à l’Hôtel de région, à Saint-Jérôme, durant trois blocs de consultation qui se tenaient entre 9 h 00 et 21 h 00.

Restant positif malgré une assistance décevante, (on avait quand même prévu une salle pouvant accueillir trois fois 50 personnes) le député a maintenu qu’il est important de rester à l’écoute des gens.

« Cet exercice essentiel de consultation publique s’inscrit parfaitement dans la tradition d’ouverture et d’écoute qui a toujours été celle du Bloc Québécois. Il permet de prendre le pouls de la population sur cet enjeu majeur qui vise à réécrire les règles de notre démocratie électorale. »

« J’ai ainsi pu échanger directement avec mes concitoyennes et mes concitoyens et comprendre leurs préoccupations ainsi que leurs opinions sur cette réforme. Je n’en serai que mieux outillé pour bien les représenter au Parlement », a-t-il ajouté.

Un engagement électoral

Le gouvernement de Justin Trudeau s’était engagé, aux dernières élections, à réformer le mode de scrutin au Canada afin d’assurer une meilleure représentativité des choix politiques de la population. Les modes de scrutin envisagés dans le cadre de la réforme sont présentés ici.

Les consultations qui sont présentement en cours partout au Canada permettront aux députés de se faire les porte-parole de leurs circonscriptions respectives.

Le premier ministre Justin Trudeau, que l’on voir ici à Saint-Jérôme lors de la campagne électorale, s’est engagé a faire une réforme du mode de scrutin

Le chef du Parti libéral Justin Trudeau a rencontré les médias le vendredi 17 octobre, à Saint-Jérôme.

De façon globale, le député Rhéal Fortin a tiré la conclusion que les électeurs voudraient voir les partis représentés de façon plus proportionnelle à leurs appuis.

Pour le député de Rivière-du-Nord, la réforme du mode de scrutin pourrait bien être «un grand pas en avant, mais uniquement dans la mesure où elle prend en compte les intérêts de la démocratie et les préoccupations des électeurs».

«La population de Rivière-du-Nord a pris la peine d’exprimer son point de vue, à l’instar de tous ceux et celles qui ont participé aux nombreuses consultations qui ont eu lieu à travers le Canada. Maintenant, le Parlement se doit d’en prendre acte et d’agir en conséquence,» a-t-il conclu.

Les résultats de 2015

Le parlement du Canada compte présentement 338 sièges, dont plus de la moitié, soit 184, sont occupés par des députés libéraux.

Les libéraux ont obtenu 40% des voix à la dernière élection, contre 32% pour les conservateurs de Stephen Harper, 20% pour le NPD sous la gouverne de Thomas Mulcair, 5% pour le Bloc Québécois et 3,5% pour le parti Vert.

Cette proportion n’est pas respectée dans la députation. Les libéraux ont 54% des députés (pour 40% du vote). Les conservateurs ont 30% des députés (pour 32% du vote). Le NPD a 13% des députés (pour 20% du vote). Le Bloc Québécois a 3% des députés (pour 5% du vote). Enfin, le parti Vert a un tiers de 1 pourcent des députés (une seule sur 338) malgré avoir obtenu 3,4% de la votation.

Le pouvoir

Évidemment, des questions se possent quand on considère l’impact de la répartition des sièges sur l’exercice du pouvoir. Ainsi les libéraux de Justin Trudeau forment un gouvernement majoritaire. Il est donc en mesure de faire adopter tout ce qu’il désire par le parlement.

Cette situation affaiblit les voix des 60% d’électeurs qui avaient choisi de ne pas appuyer le parti Libéral. Ils peuvent légitimement se demander combien pèse leur vote dans la direction du pays.

Les faiblesses d’un système parlementaire

Il est très rare qu’une élection ne laisse pas d’insatisfaits. Peu importe les systèmes, il y a toujours une distorsion qui fait qu’un groupe ou un parti se retrouve sur ou sous représenté.

Au Québec, un des pires exemples est survenu en 1966. En pleine révolution tranquille, le parti libéral de Jean Lesage a été défait par l’Union Nationale de Daniel Johnson même si le parti de M. Lesage avait reçu 47% des voix contre seulement 41% pour celui de M. Johnson.

L’Union Nationale avait gagné à l’époque, parce que ses appuis politiques venaient surtout du Québec rural, où les circonscriptions étaient moins peuplées. Les députés de l’Union Nationale avaient donc besoin de moins de votes pour remporter un siège. Il existe aujourd’hui des lois qui visent à équilibrer le nombre de citoyens par circonscription afin d’empêcher ce type de distorsion.

Le paradoxe de la réforme de scrutin

Même si les modes électoraux créent toujours des distorsions, les partis au pouvoir sont habituellement peu enclins à les réformer, puisque par définition ils s’y sont retrouvés gagnants.

L’autre difficulté, c’est l’exigence d’un consensus assez large afin de modifier une loi qui a autant de répercussions. Il sera donc intéressant de voir comment aboutira la réforme entreprise par le gouvernement Trudeau.

D’autres éléments de réflexion ont aussi été abordés, notamment le vote en ligne ainsi que l’âge minium requis pour voter, et le vote obligatoire.

Devrait-on voter par internet?

Le vote en ligne soulève beaucoup de questions. Les gens qui le favorisent y voient un moyen de rendre le vote plus accessible aux personnes qui ne peuvent se déplacer ou qui ont peu de temps. Ils croient que le taux de participation des citoyens serait plus élevé si c’était plus facile de voter.

Les opposants au vote en ligne ont des inquiétudes au sujet de la sécurité, soulevant la possibilité de brèches dans la confidentialité, de détournement d’identité. ou encore de tricheries de grande envergure à des fins carrément malveillantes. D’autres encore croient que le fait de se déplacer pour voter en personne font du geste de la votation un exercice solennel que le vote en ligne risquerait de banaliser.

À quel âge devrait-on pouvoir voter?

L’âge minimum pour voter au Canada est de 18 ans. Ce qui correspond à l’âge où on devient légalement un adulte.

La question d’abaisser l’âge minimum de voter soulève également beaucoup de discussions. La loi et la pratique courante offrent plusieurs exemples où l’on reconnaît aux personnes de 16 ans et plus divers droits et responsabilités.

La plupart des personnes qui se sont exprimées en faveur du droit de vote à 16 ans ont inclus comme condition que les jeunes reçoivent une formation plus complète sur les droits et devoirs des citoyens, de préférence dès l’école élémentaire.

En revanche, un nombre considérable de personnes croient que la limite actuelle de 18 ans est parfaitement satisfaisante. Il serait très étonnant que cette question devienne un enjeu majeur d’un futur projet de réforme.

L’obligation de voter

L’Australie, la Belgique, la Bolivie et le Brésil sont tous des pays où le vote est obligatoire. Les citoyens ont le droit d’annuler leur bulletin de votre ou de voter pour aucun candidat, mais s’exposent à des amendes ou des mesures punitives s’ils ne vont pas voter. Certains citoyens ont affirmé qu’ils seraient favorables à cette façon de faire, mais elle irait à contre-courant de la tendance de bien des pays.

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