Affaires, Michaud en liberté, Opinions

La fin des médias de masse

Dans les années 1960, le gourou des communications Marshall McLuhan a proclamé le slogan qui a marqué la deuxième moitié du 20e siècle. «Le message est le médium», a-t-il écrit, dit et redit sur des milliers de plateformes, à une époque où les plateformes étaient encore des lieux.

En fait, McLuhan affirmait que, non seulement la façon dont on diffuse une information dicte la façon dont l’information est comprise, mais cette façon fait partie de l’information. Et elle en influence la nature. Médias de masse, messages de masse, pourrait-on dire.

Les médias de masse portaient d’ailleurs bien leur nom. La structure était lourde.

Les stations de radio avaient besoin d’immenses terrains avec des tours, une grille de fils de cuivre enfouie dans le sol, et des émetteurs énergivores.

Services locaux

Les télévisions avaient besoin d’immenses studios et de grosses installations techniques qui sont aujourd’hui minuscules. (La tour de Radio-Canada à Montréal n’est pas à vendre pour rien.)

Les journaux avaient des grosses usines qui imprimaient des milliers de journaux, qui étaient ensuite transportés à des kiosques et des maisons.

Tous sur la même page

Voilà à l’époque ce que ça prenait pour vous dire que les Canadiens avaient gagné 2 à 1. C’était la façon la plus efficace, et ça faisait en sorte que des centaines de milliers de personnes, parfois des millions, lisaient, recevaient ou regardaient la même chose.

Aujourd’hui, mon petit-fils de 5 ans me raconte sa journée en direct de son salon, et je l’écoute et le regarde sur une tablette qui n’est en fait qu’un écran.

Publicité

Le déclin rapide de l’époque pas si lointaine où les médias de masse avaient le contrôle de ce que les gens apprenaient fait des victimes.

L’ADISQ n’est plus capable de vendre des centaines de milliers de copies du même disque, elle est «en crise».

La télévision, qui ne verra jamais plus les cotes d’écoute de La p’tite vie, est «en crise».

Les journaux, que plus personne n’achète, sont «en crise».

De nos jours, quand les Canadiens marquent un but, c’est l’application mobile de l’équipe qui vous avise ou un de vos amis qui assiste au match vous envoie une photo prise à partir de son siège par texto, ou sur Facebook. Vous lui répondez par des sourires et des câlins.

Publicité

L’information circule, mais c’est celle que vous voulez, quand vous voulez, en texte, en photo ou en vidéo, comme vous choisissez.

L’information vous appartient

Pour rejoindre les gens maintenant, il faut les intéresser et non les assommer. Les impliquer et non les inonder.

Dans ce contexte, il faut se demander si ça vaut toujours la peine de transporter des tonnes de papier, d’enlaidir le paysage de boîtes de groupe et d’encombrer l’entrée de nos maisons avec 300 pages de circulaires pour obtenir un nombre minuscule de pages d’information? Je ne crois pas.

Cette réflexion est d’ailleurs la raison d’être de TopoLocal.

Services locaux

Il faut trouver des façons flexibles, intelligentes et actuelles de rejoindre les gens, c’est certain.

Mais surtout, surtout, il faut avoir quelque chose de pertinent à dire. Car désormais et pour toujours, ce n’est plus le messager qui mène. C’est le lecteur.

RIP les médias de masse, vive le lecteur et longue vie au message!

>

Send this to a friend