Opinions, Politique

La sincérité des cinglés

Donald Trump, en juillet 2015, au début de la campagne qui l'a mené à la présidence des États-Unis, le 8 novembre 2016. Photo par sgtphoto/Depositphotos.com

Une personne a été élue à la présidence des États-Unis d’Amérique. À chaque fois qu’elle prenait le micro ou que les caméras s’allumaient, on ne savait pas ce qui allait arriver.

Donald Trump est élu et c’est la consternation: «Quels cinglés ont bien pu voter pour ce malotru, ce mufle, me direz-vous Madame la Marquise?»

On lui opposait une femme qui disait les bonnes choses et qui faisait réagir la foule au bon moment, avec des élans calculés de passion.

Il semble que les cinglés qui ont voté pour Donald Trump sont ceux qui en ont assez de se faire mentir poliment quand ils demandent à leurs élus d’expliquer ce qu’ils font, comment ils dépensent leur argent, pourquoi tel projet n’avance pas.

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Le filtre du parti

Il y a une campagne électorale en cours à Saint-Jérôme. Cette fois, pas de candidat vedette, des candidats issus de la communauté, provenant du cercle des impliqués. Ceux qui prétendent au pouvoir ont emprunté rapidement le ton du parti qu’ils représentent. Le filtre du parti s’est installé rapidement entre ce qu’ils pensent et ce qu’ils disent.

Je ne doute aucunement de leur volonté de changer le monde, de leur dévouement pour la cause de leurs citoyens s’ils sont élus. Et je détecte souvent, à regret, ce petit filtre qui teinte tout ce qu’ils affirment.

Imaginez le désastre si on apprenait, à l’exécutif du parti, que le candidat ne pense pas la même chose que le chef, ou qu’il est d’accord avec le projet d’un parti adverse.

Et imaginez si le candidat en question gagnait le respect de ses concitoyens en avouant son impuissance. S’il renonçait à dire «Ceux qui ont le pouvoir ne font pas les bons choix! Quand nous y serons, ce sera mieux», un refrain connu.

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Allez hop, un peu de sincérité!

L’élection de Donald Trump a prouvé qu’il y a de la place et de l’intérêt pour la sincérité quand on vote. Et ce, même s’il entretient un discours haineux ou attaque la crédibilité de femmes qui l’accusent d’agressions sexuelles.

Malgré ces comportements indéfendables et inexcusables, il y a une fraîcheur dans le propos de ce futur président qui effraie et fascine tout à la fois. Pas sympathique comme Obama, pas naïf comme W. Bush. On ne sait pas quel président il fera.

Mais si on faisait une place pour un peu plus d’authenticité dans le processus électoral?

Peut-être que plus de personnes voudraient s’impliquer.

Peut-être même qu’on saurait un peu mieux pour qui on vote.

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