fbpx
Michaud en liberté, Politique, Réflexions

Finies les élections, place au consensus

Une affiche électorale de la Coalition avenir Québec est au sol, au coin de la 9e rue et de la 20e avenue, au lendemain des élections partielles du 5 décembre 2016.

Après sept mois sans député, Marc Bourcier sera désormais le représentant de Saint-Jérôme à l’Assemblée nationale.

Je crois qu’on devrait d’abord, au nom de tous les électeurs, exprimer de la reconnaissance à tous les candidats. On le sait, la politique aujourd’hui baigne dans le cynisme. On oublie trop souvent de rendre hommage aux gens qui s’avancent sur la place publique pour le bien de leurs semblables.

Sur un plan plus humain, il ne faut pas oublier non plus la déception profonde des candidats défaits. Bien sûr, il y avait des favoris, mais chacun d’eux fait partie de cette catégorie de magnifique rêveurs qui espèrent faire adopter leurs idées par la majorité.

Ce n’est pas facile sur le plan personnel d’offrir le meilleur de soi-même au service d’idéaux qui nous tiennent à coeur. D’autant plus que dans cet exercice, tous sauf le gagnant se font dire: «Non, merci!»

La discussion publique doit continuer

Saint-Jérôme est une collectivité locale, avec tout ce que ça implique de tricot serré. On oublie souvent aussi à quel point il faut du courage pour dire clairement ce que l’on pense, au risque de devoir affronter le désaccord de sa famille, ses voisins, des collègues, son patron, un client, etc.

Il y a, chez nous, un consensus assez impressionnant sur les priorités locales. Tous les candidats ne prônaient pas les mêmes moyens et tous ne bénéficiaient pas de la même confiance, mais les enjeux locaux importants sur la santé, le développement, la technologie, l’emploi et les transports étaient partagés par tous les candidats.

Ces enjeux ne sont pas disparus ce matin comme par magie. Comme le soulignait Marc Bourcier en entrevue, le travail ne fait que commencer. Je pense que notre collectivité sera plus forte si chacun peut s’exprimer en sachant qu’il sera respecté. Et si chacun de nous fait l’effort de mettre de côté ses certitudes pour écouter d’autres points de vue.

À nous maintenant de créer un climat transparent

Six mois de campagne électorale, voilà de quoi susciter de l’adversité. Et bien sûr, des passions.

Ce matin, les gagnants peuvent triompher un peu, et les perdants exprimer leur peine, mais tout ce beau monde doit se mettre à l’ouvrage pour re-cimenter les consensus requis pour faire avancer Saint-Jérôme.

Sans faire semblant de baigner dans la belle et impossible unanimité, tous ceux qui ont une opinion rendraient service à leur ville-comté en s’exprimant franchement. TopoLocal vous y invite d’ailleurs: il nous fera plaisir de rendre publiques vos idées, vos accords et désaccords. Vous pouvez toujours les exprimer chez nous: [email protected].

Il peut arriver également que vous ne teniez pas à vous exprimer publiquement. C’est parfaitement acceptable ainsi. Il y a une raison pour laquelle notre démocratie prévoit le vote secret. Évidemment, nous ne publierons pas de sous-entendus ni d’insinuations, surtout de la part de gens qui tentent d’agir dans l’ombre.

Saint-Jérôme ne peut que sortir gagnante d’une discussion publique franche et ouverte. Nous sommes tous responsables, comme citoyens, de veiller à ce que les débats et discussions puissent se faire de façon sereine et productive.

C’est une des nombreuses missions qui incombent à nos élus. En passant de conseiller municipal à député, Marc Bourcier vient d’en accepter une tranche élargie. Les circonstances lui offrent l’opportunité d’exercer une partie significative du leadership requis.

Une ville qui va bien

Saint-Jérôme est plus vigoureuse qu’elle ne l’a été depuis de nombreuses années. C’est grâce en bonne partie au travail d’un conseil municipal qui a insufflé du dynamisme, de la crédibilité et de la fierté dans le discours public.

Sans minimiser son immense implication personnelle, ni les qualités qui ont permis son élection, il faut bien dire qu’une partie du vent favorable dont Marc Bourcier a bénéficié vient de sa présence au sein de ce conseil. Cet élan, il l’a mérité.

La campagne électorale a certainement mis en lumière des divergences de points de vue et de choix politiques au conseil municipal. Mais parler de division relève pour l’instant du mémèrage. Certains membres du conseil ont affiché clairement leur choix, d’autres pas. Et puis après? Dans la conduite des affaires municipales, la quasi-totalité des votes au conseil municipal depuis trois ans ont été unanimes.

C’est une raison supplémentaire pour inspirer le nouveau député à se faire rassembleur.

Et si on parlait des prochaines élections?

Deux constats rapides. Le taux de participation anémique du 5 décembre est inquiétant. Il faudra résoudre cette lacune en mettant à contribution des gens de bonne volonté de toutes les convictions politiques.

Il est de plus en plus clair que la politique, à bien des égards, est devenue trop importante pour laisser entre les mains des apparatchiks partisans et des rats d’officines. En omettant de voter, les citoyens leur laissent toute la place. Ce n’est pas en se désintéressant qu’on va améliorer la situation.

Il faudra bien un jour revoir nos lois électorales. D’abord parce qu’une circonscription ne devrait pas rester sept mois sans député. Le délai de remplacement d’un député qui quitte ses fonctions devrait être statutaire et à l’abri de toute considération stratégique.

C’est tout aussi inquiétant que de voir 65% des électeurs éligibles rester chez eux. Si le vote était obligatoire chez nous, on se joindrait à un club qui comprend l’Australie, la Belgique, le Brésil, la France, l’Italie, la Suisse, les Pays-Bas, et d’autres.

Qu’attendons-nous pour faire du vote démocratique une véritable obligation citoyenne?

>

Send this to a friend