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À quand une clinique de radiologie à Saint-Jérôme?

Une illustration montrant, au premier plan, le CHSLD de 99 lits dont la construction vient de s’amorcer près de l’hôpital, et à l’arrière, les deux phases de la clinique médicale envisagée par Médifice.

Saint-Jérôme a beau compter 75 800 habitants et être une capitale régionale, on n’y trouve qu’un seul service d’imagerie médicale, dispensé par l’hôpital, avec les limites que cela signifie en terme d’accessibilité. À quand une nouvelle clinique de radiologie à l’extérieur du centre hospitalier? Visiblement, ça s’en vient!

On sait qu’un tel projet est envisagé par le promoteur qui vient d’amorcer la construction d’un centre d’hébergement de 99 lits près de l’hôpital, sur d’anciens terrains de la compagnie Rolland qui étaient la propriété de Cascades.

Médifice et son partenaire Groupe Santé Arbec ont obtenu de Québec le mandat de construire et d’exploiter ce futur CHSLD. Et Médifice a déjà indiqué son intention d’ajouter sur le même terrain une clinique offrant des services d’imagerie médicale.

La Clinique médicale Saint-Antoine déménagerait

Le ministère de la Santé doit d’abord émettre un permis à cet effet, ce que le président de Médifice, Marcel Landry, attend avec impatience puisqu’il se dit prêt à aller de l’avant avec la construction.

Services locaux

M. Landry confirme que c’est la Clinique médicale Saint-Antoine, établie depuis longtemps sur la 9e Rue, qui se relocaliserait dans le nouvel immeuble. Elle y occuperait 7000 des 30 000 pieds carrés, les autres espaces accueillant la clinique de radiologie et d’autres professionnels de la santé.

Une entente en ce sens a été conclue entre le promoteur et la clinique, dont le bâtiment actuel a d’ailleurs été acquis par Médifice et le propriétaire de la pharmacie qui s’y trouve.

Cette clinique, qui compte une demi-douzaine de médecins de même que des super infirmières, a le statut de groupe de médecine familiale(GMF), une formule mise en place il y a quelques années par Québec pour faciliter l’accès aux soins médicaux. Dans la future super clinique, d’autres médecins pourraient s’ajouter, ce que ne permet pas l’actuel local de la 9e rue.

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Une autre demande de permis

Or, ce projet n’est pas le seul à revendiquer un permis de radiologie et le statut de super clinique à Saint-Jérôme. Le Centre intégré de santé et de services sociaux(CISSS) des Laurentides confirme avoir reçu deux demandes en ce sens et les avoir transmises pour étude au ministère de la Santé. «Le ministère pourrait en accepter une, les deux ou aucune», précise la porte-parole du CISSS, Myriam Sabourin.

Celle-ci n’était pas en mesure d’identifier la provenance de l’autre demande de permis. Selon ce que TopoLocal peut déduire, c’est la Clinique Antoine-Labelle, sur le boulevard Saint-Antoine, qui serait associée à cette demande. Les dirigeants de cette clinique, qui détient aussi le statut de GMF, n’ont toutefois pas voulu confirmer cette information.

La clinique que le promoteur Médifice se dit prêt à construire dès l’octroi d’un permis d’imagerie médicale. Dans une seconde phase, un autre bâtiment semblable s’ajouterait à côté.
La clinique que le promoteur Médifice se dit prêt à construire dès l’octroi d’un permis d’imagerie médicale. Dans une seconde phase, un autre bâtiment semblable s’ajouterait à côté.

50 super cliniques en vue

Rappelons que le ministre Gaétan Barrette souhaite implanter 50 de ces super cliniques au Québec d’ici deux ans. Tout en relevant du secteur privé, celles-ci travailleront en étroite collaboration avec le réseau public, notamment quant au partage de la clientèle, afin d’offrir des services de première ligne et de désengorger les urgences d’hôpitaux.

Elles dispenseront des examens simples en imagerie médicale, dont les frais seront assumés par la Régie de l’assurance-maladie.

On trouve déjà une demi-douzaine de cliniques de radiologie privées dans les Laurentides. Certaines d’entre elles, comme à Saint-Sauveur, Saint-Eustache et Blainville, sont associées à un GMF. Certains types d’examens qu’elles dispensent sont assurés par la RAMQ et ne coûtent donc rien au patient. Bien des gens sont par contre prêts à débourser pour des examens non-assurés, afin d’éviter les longs délais d’attente dans le réseau public.

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Le député Bourcier garde l’œil ouvert

Tout en se réjouissant du prochain ajout d’un service de radiologie dans sa ville-comté, le nouveau député de Saint-Jérôme, Marc Bourcier, entend demeurer vigilant.
En campagne électorale, il avait insisté pour que ce futur service soit sous la responsabilité du réseau public, craignant que l’octroi du permis à une clinique privée vienne limiter l’accès gratuit.  «Il ne faudrait pas que les radiologistes de l’hôpital s’en aillent au privé, à la faveur de meilleures conditions de travail, et que la liste d’attente s’allonge à l’hôpital», constate Marc Bourcier.

Henri Prévost
Journaliste d'expérience, Henri Prévost couvre Saint-Jérôme et les Laurentides depuis 40 ans.
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