Affaires, Politique

Saint-Jérôme veut être un modèle d’intégrité avec le BIPA

Jacques Duchesneau est devenu le mardi 14 mars l’inspecteur général et gardien de l’intégrité de la Ville de Saint-Jérôme.

Dans ce nouveau poste, son travail est de prévenir et de lutter contre la corruption «en scrutant le passé, le présent et l’avenir», comme il l’a lui-même décrit.

M. Duchesneau dirigera le BIPA, acronyme du Bureau de l’intégrité professionnelle et administrative de Saint-Jérôme. Son groupe aura un budget de fonctionnement de plus d’un million de dollars par année et pourra compter, à terme, sur une dizaine de personnes.

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Le groupe fera notamment enquête sur les cas potentiels de collusion survenus au cours des années 2002 à 2010, qui ont été mis au jour récemment. Il aura aussi la responsabilité de valider les processus actuels, former le personnel et développer des façons de faire qui ne laissent pas de place aux abus ou à la corruption.

En quelque sorte, jouer un rôle que la Ville qualifie de «proactif» en développant une culture d’intégrité et de professionnalisme au sein de toute la fonction publique municipale.

Un désir d’étanchéité

Afin de maximiser l’étanchéité entre le BIPA et les élus, le nouveau service sera intégré à la police de Saint-Jérôme. M. Duchesneau aura donc aussi le titre de directeur adjoint de la sûreté municipale.

Une volonté claire de l’administration Maher

Le parti Vision Saint-Jérôme avait la volonté très nette de restaurer la confiance des électeurs en mettant sur pied un tel organisme. Il en avait d’ailleurs fait un engagement électoral avant de prendre le pouvoir à l’élection de 2013. En quelque sorte, à huit mois de l’élection municipale de 2017, il livre la marchandise.

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Si certains sceptiques y voient une mesure à saveur électoraliste, le maire Stéphane Maher a souligné que l’annonce faite lundi est une étape de plus dans un processus qui évolue depuis son arrivée au pouvoir.

«Même avant mon arrivée, en 2013, il y avait à Saint-Jérôme des allégations de systèmes de collusion qui étaient bien en place ainsi que d’élections clé en main. Par la suite, la commission Charbonneau a confirmé le bien-fondé de ces allégations.»

Son conseil municipal a poursuivi sa réflexion sur les mesures à prendre dans l’intervalle. Les récents aveux de l’ex-fonctionnaire jérômien Érick Frigon devant l’Ordre des ingénieurs ont renforcé la décision d’aller de l’avant.

Frigon a révélé entre autres avoir toléré un système organisé de partage de contrats alors qu’il était à l’emploi de la Ville. Le maire estime que Saint-Jérôme pourrait récupérer jusqu’à 15 M$ auprès des complices de la collusion.

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Un troisième inspecteur au Québec

Le maire Stéphane Maher était heureux de souligner que Saint-Jérôme est seulement la troisième ville au Québec à se doter d’un inspecteur général afin de développer et garantir l’intégrité de son administration.

Il a d’ailleurs souligné la collaboration des deux premières, soit Montréal et Laval, qui ont été «de bon conseil» dans la création du BIPA à Saint-Jérôme.

Il est clair que les élus de Saint-Jérôme veulent être à l’avant-garde de ce qu’ils considèrent comme une saine tendance politique. «On serait certainement très fiers de paver la voie et voir de plus en plus de villes nous imiter», a conclu Stéphane Maher.

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Protéger les délateurs

«La lutte à la corruption n’est pas un marathon mais une course à relais», a dit Jacques Duchesneau, en indiquant qu’il faut plusieurs acteurs et une série de gestes pour lutter contre la collusion.

Il a aussi ajouté que son organisme sera soucieux de protéger les personnes qui dénonceront les situations qui leur paraissent abusives, malhonnêtes ou injustes.

Nul doute que sous peu, pour des raisons de toutes sortes, aussi bien fondées que farfelues, son téléphone va se mettre à sonner.

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