Affaires, Santé

La Coop santé Bellefeuille bien installée dans l’ancienne caisse

Malgré les soubresauts que connaît le secteur de la santé, la Coopérative de solidarité santé Bellefeuille continue de tirer son épingle du jeu à Saint-Jérôme, où elle a vu le jour il y a six ans.

Depuis l’automne dernier, elle loge dans l’ancien centre de services de la Caisse Desjardins de Saint-Jérôme, rue Nadon dans le secteur Bellefeuille. L’acquisition du bâtiment a pu se réaliser grâce aux conditions avantageuses consenties par l’institution financière jérômienne, ainsi qu’avec l’implication d’Investissement Québec pour le financement de la transaction et des travaux d’aménagement de l’immeuble.

Lors de l’inauguration officielle des locaux le 5 juin, le représentant de la caisse, Jean-Pierre Brunet, a rappelé que le développement du modèle coopératif est une des valeurs mises de l’avant chez Desjardins. En ce sens, «l’entente conclue avec la coop a été naturelle», a-t- il ajouté.

Pour sa part, François Hembert, d’Investissement Québec, a souligné que son organisation, surtout connue dans le milieu industriel, s’implique aussi dans le financement d’entreprises d’économie sociale. «On finance plusieurs coopérative de santé», a-t- il précisé.

Services locaux

Maintenant deux médecins

Cinq des médecins et professionnels qui oeuvrent à la coopérative: l’ostéopathe Mélanie Hamelin, le docteur Alain Seyer, le psychologue Éric Hurteau, l’infirmière en soins des pieds Diane Goyette et le docteur Yvon Desormeaux.
Cinq des médecins et professionnels qui oeuvrent à la coopérative: l’ostéopathe Mélanie Hamelin, le docteur Alain Seyer, le psychologue Éric Hurteau, l’infirmière en soins des pieds Diane Goyette et le docteur Yvon Desormeaux.

La coopérative compte désormais sur deux médecins : le docteur Alain Seyer et le docteur Yvon Desormeaux. Et des démarches sont en cours pour en recruter un troisième.

Même si, en vertu des règles québécoises sur les services de santé, le fait d’être membre de la coopérative ne garantit pas un accès à ces médecins, leur présence au sein de l’équipe de professionnels de la coop donne du poids à cette ressource communautaire. «On se parle beaucoup entre nous. Cette collaboration est importante, notamment sur le plan préventif», explique le psychologue Éric Hurteau.

Pour les médecins, qui pratiquent aussi en clinique privée, leur implication à temps partiel à la coopérative témoigne d’un intérêt pour cette formule communautaire. Le fait que la coop leur fournit sans frais les services administratifs représente aussi un fort incitatif.

«On peut alors se consacrer à notre tâche première, qui est de soigner les gens», dit le docteur Seyer, qui est impliqué depuis les tout débuts de la coop. Celui-ci vante la flexibilité du contrat qui le lie à l’organisme. «La meilleure façon d’avoir un médecin, c’est de ne pas l’attacher! », assure-t- il.

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1357 membres

Le conseil d’administration de la Coopérative de Solidarité Santé Bellefeuille. De gauche à droite: Esther Guay, la présidente Diane Arsenault, Diane Deschênes, Serge Robert, Colombe Daoust, Valérie-Catherine St-Jacques, Nathalie Legault, Céline Letendre et Gertrude Lepage.
Le conseil d’administration de la Coopérative de Solidarité Santé Bellefeuille. De gauche à droite: Esther Guay, la présidente Diane Arsenault, Diane Deschênes, Serge Robert, Colombe Daoust, Valérie-Catherine St-Jacques, Nathalie Legault, Céline Letendre et Gertrude Lepage.

Présidente du conseil d’administration depuis la fondation, Diane Arsenault constate avec satisfaction que le nombre de membres demeure stable et a même légère augmenté depuis un an, pour s’établir à 1357. Soulignons que les enfants sont comptabilisés comme membres, même s’ils ne paient pas de cotisation.

La grande majorité provient de Saint-Jérôme, Saint-Colomban et Mille-Îles, mais on en trouve aussi dans les autres villes de la MRC Rivière-du- Nord, à Mirabel, ailleurs dans les Laurentides et même à Laval.

Les membres profitent de tarifs avantageux auprès des professionnels de la coop (ostéopathe, massothérapeute, psychologue, prélèvements, soins des pieds, médiation familiale). Ils ont aussi accès à des groupes-santé et des conférences éducatives, la prévention étant une des missions de l’organisme. Un programme d’accès aux services pour les personnes plus vulnérables est en outre proposé.

La gestion démocratique de la coopérative, qui compte sur l’implication de plusieurs bénévoles, permet aux membres d’influencer ses orientations et décisions.

Les cotisations constituent le principal revenu de l’organisme. Les loyers chargés aux professionnels, ainsi que l’appui de partenaires et de donateurs permettent de boucler le budget, quoique la pérennité de la coop demeure un défi constant.

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«Croire en la coopération, ce n’est pas toujours facile aujourd’hui», admet Diane Arsenault, malgré tout heureuse de l’évolution de l’organisme auquel elle consacre beaucoup d’énergie.

 

Henri Prévost
Journaliste d'expérience, Henri Prévost couvre Saint-Jérôme et les Laurentides depuis 40 ans.
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