Culture, Livres, Personnes

Des poèmes et des dessins après 57 ans de vie commune

Quand ils se sont connus, ils avaient 16 et 17 ans. Aujourd’hui, ils en ont 73 et 74. C’est donc 57 ans plus tard qu’ils dévoilent ensemble, le samedi 18 septembre, un premier livre de poésie.

Serge Laurin et son épouse Camille Téel-Tremblay Laurin ont réalisé ensemble Visions de mes nuits, un recueil de poésie. Le lancement, ouvert au public, a lieu à la Galerie Caroline Guernon, au 562 de la 39e avenue à Saint-Jérôme, dans le secteur Saint-Antoine.

L’événement a lieu de 14h à 16h. Les deux coauteurs prendront brièvement la parole et quelques-uns des poèmes seront dits par Michelle Bastien, interprète poétique.

Les personnes intéressées pourront rencontrer les auteurs et acheter des exemplaires du volume, qui sera disponible sous peu dans des librairies indépendantes. On peut aussi utiliser le courriel([email protected]) pour obtenir une copie du recueil.

Une première pour les deux

Pour les deux, cette collaboration est une première. Ça n’a rien d’un projet de retraite mûri de longue date. Mais c’est un projet de retraite dans la mesure où ils sont tous deux à la retraite.

Tous deux ont été enseignants au Cégep de Saint-Jérôme durant une bonne partie de leur vie professionnelle.

Serge Laurin a connu en parallèle une importante carrière d’historien, entre autres comme auteur de son ouvrage le plus important, L’Histoire des Laurentides, paru en 1989, et de plusieurs livres sur l’histoire régionale dont Rouge Bleu, la saga des Prévost et des Nantel, ainsi que des volumes sur l’histoire de Sainte-Agathe-des-Monts et Saint-Jérôme.

Camille Téel, pour sa part, en marge de son travail d’enseignante, a peint toute sa vie. Outre des huiles et des acryliques, elle a touché aussi aux encres et pastels, aux médias mixtes et à l’art numérique. Les habitués des expositions de l’Association des artistes en arts visuels des Laurentides ont pu voir ses oeuvres à maintes reprises. Pour Visions de mes nuits, les poèmes de son mari ont servi d’inspiration.

Comme un défi

«Quand on s’est connus, Serge écrivait des poèmes et moi je peignais, donc on peut dire qu’on en a toujours fait, mais c’est la première fois qu’on a envisagé de produire quelque chose ensemble», a dit Camille en entrevue avec TopoLocal.

Serge enchaîne: «Vers 2008-2009 à peu près, je me suis mis à avoir le goût d’écrire des poèmes, surtout la nuit, dans des moments d’insomnie. D’où le titre Visions de mes nuits. Le matin, je les plaçais sur la table de déjeuner. C’est Camille qui suggérait que je les publie. Moi je ne voulais pas. Par pudeur, parce que la poésie, c’est intime…»

Un bon matin, le défi a été lancé. «Si tu publies, j’illustre ton livre» a dit Camille. «Si tu illustres, je publie, à répondu Serge.

«Ça a été un défi plus difficile que je ne le croyais, ajoute Camille. Je faisais des choses en tentant d’illustrer les poèmes et ça ne fittait pas vraiment. Je ne voulais pas être su service de ses poèmes, je pense. Et finalement, à la suggestion de Serge, j’ai trouvé. Je n’essayais plus d’illustrer ses poèmes mais bel et bien de représenter ce que ses mots m’inspiraient, et ça s’est mis à marcher.»

L’illustration de la section Violet.

Un exutoire?

Pour Serge Laurin, habitué de se livrer à la rédaction et l’interprétation rigoureuse et détaillée de faits historiques documentés, validés et vérifiés, la poésie, c’est un exutoire? «Un exutoire? Peut-être, a-t-il répondu à TopoLocal. En tout cas, ça n’a pas les mêmes exigences d’objectivité. Mais il faut quand même chercher ce qui est vrai, parce que c’est quand même un examen profond de ce que je suis.»

Il en résulte des poèmes, parfois en vers libres, parfois plus formels, parfois courts, parfois longs, regroupés en une palette de huit couleurs, chacune illustrée par un dessin de Camille.

Quand Serge Laurin hésitait à publier ses poèmes parce qu’il craignait de révéler des pensées intimes, Camille lui répondait toujours «Oui, mais tu vas pouvoir rejoindre le coeur des gens».

Il vous appartiendra de le lire pour savoir s’il a réussi.

Visions de mes nuits, 90 pages, dont certaines sur papier glacé avec les illustrations paraît aux Éditions de l’Apothéose.

 

Divulgation: Conformément à la politique d’information de TopoLocal qui exige que tout conflit d’intérêt possible soit rendu public, je vous informe que Serge Laurin était un de mes rares profs préférés au Cégep de Saint-Jérôme et que cette complicité a débouché sur une véritable amitié depuis que nous sommes tous deux à la retraite et disponibles pour de longues conversations sans but précis. Par osmose, cette amitié s’étend à sa conjointe et illustratrice Camille. J’ai tenté malgré tout de faire un texte honnête. Il vous appartient de décider si j’y suis arrivé.

C.M.

>

Send this to a friend