Élections, Politique

De Vision Saint-Jérôme à l’équipe Stéphane Maher

Arrivé au pouvoir en 2013, le parti Vision Saint-Jérôme était plus connu que son candidat à la mairie devenu maire, Stéphane Maher.

Le parti fondé en 1998 s’est fait connaître à ses débuts en s’opposant à l’équipe du maire Marc Gascon, dont le séjour au pouvoir (plus de 19 ans et 5 mandats) sera pour toujours entaché par des conseils et une ville divisés, du favoritisme, des doutes sur des élections clé en main qui rendaient le conseil redevable à ceux qui payaient les campagnes électorales, et la mise à jour de collusion dans l’octroi de contrats publics et de corruption chez des hauts fonctionnaires de la Ville.

Le parti a déposé au cours de la campagne électorale de 2013 un ambitieux programme axé sur le changement, la transparence, un assainissement de la gestion et le retour, comme le disait alors Stéphane Maher, «de la fierté».

Souvenir de 2013, l'équipe qui était candidate a fait élire le maire et une dizaine de conseillers municipaux sur une possibilité de douze.
Souvenir de 2013: l’équipe de Vision Saint-Jérôme qui était candidate a fait élire le maire et neuf conseillers municipaux sur une possibilité de douze.

Un bilan très positif

Stéphane Maher et son conseil ont permis de mener à terme la construction du Théâtre Gilles-Vigneault. L’équipe a aussi respecté ses engagements de créer un fonds communautaire, en plus de créer le parc nature du lac Jérôme. L’équipe a aussi piloté la construction d’un aréna régional en partenariat avec des villes voisines, un projet qui traînait de la patte durant la lente agonie du régime Gascon.

C’est aussi l’administration en place qui a créé un Bureau d’intégrité professionnelle et administrative, le BIPA, dirigé par Jacques Duchesneau. De plus, le conseil actuel a procédé à un renouvellement quasi-total du groupe des chefs de service de la Ville au cours de son premier mandat.

L’ensemble de ces objectifs ont été atteints sans hausse significative de taxes. Sans surprise, plusieurs anticipaient que le parti de Stéphane Maher remporterait l’élection 2017 facilement. En dépit de «quelques rencontres» révélées à TopoLocal par la seule élue de l’Union des Citoyens Stéphanie Viens-Proulx, ce parti, le seul autre accrédité à Saint-Jérôme, ne présente aucun candidat et, avec le retrait de Mme Viens-Proulx, n’aura plus de siège au conseil.

Un deuxième mandat déjà acquis

Stéphane Maher et son parti, Vision Saint-Jérôme, sont bien installés à la mairie de Saint-Jérôme pour les quatre prochaines années. Le maire et six de ses candidats au poste de conseiller ont été élus sans opposition. Et forts de l’excellent bilan de l’administration municipale, les six autres candidats de son parti peuvent être considérés comme des favoris en vue du vote du 5 novembre.

Un parti transformé

Au pouvoir pendant quatre ans, Vision Saint-Jérôme a subi des transformations. Très visible, le maire Stéphane Maher est devenu le véritable visage de son parti. Cette évolution s’est manifestée de façon tangible quand, en février 2017, le parti Vision Saint-Jérôme à changé de nom pour devenir Équipe Stéphane Maher – Vision Saint-Jérôme.

Chemin faisant, le consensus né de l’urgence de battre l’ex-maire Gascon s’est effrité. Certainement pas au point d’empêcher le conseil de fonctionner, mais assez pour que des querelles politiques se manifestent publiquement, le départ du conseiller Marc Bourcier a mis à jour ces différends.

Le conseiller Marc Bourcier

Alors membre du conseil municipal, Marc Bourcier était un supporteur avide de la réfection de l’aréna Melançon et de l’aménagement d’un stationnement sur le terrain de balle voisin. Un projet auquel s’est opposé un petit groupe de citoyens soucieux de protéger le boisé voisin de l’aréna.

Bourcier voulait pousser le projet de l’avant et il était prêt à combattre les opposants, mais c’est une bataille que le conseil municipal a décidé de ne pas mener, préférant explorer d’autres solutions. Bourcier est resté amer de cette décision.

Par la suite, il s’est porté candidat pour succéder à Pierre Karl Péladeau comme député de Saint-Jérôme, un poste qu’il occupe toujours. Mais la campagne électorale a laissé des traces, Bourcier et ses organisateurs ayant reproché à maintes reprises à Stéphane Maher sa proximité avec le candidat de la Coalition avenir Québec d’alors et maire sortant de Saint-Hippolyte, Bruno Laroche.

Bourcier est aussi intervenu pour exiger une traverse piétonnière devant l’hôpital de Saint-Jérôme au grand déplaisir de l’administration municipale, qui a jugé la décision prématurée.

Finalement, le 24 juin dernier, Bourcier a fortement dénoncé la décision de la Ville de Saint-Jérôme d’exclure du programme de la Fête nationale le traditionnel discours patriotique.

Les relations entre le bureau du député et l’hôtel de ville sont donc tendues.

Une stratégie contestée

Avec l’arrivée de la campagne électorale, certains conseillers ont affirmé à TopoLocal être profondément en désaccord avec la stratégie de l’équipe Stéphane Maher de mener une sorte d’«anti-campagne» en sourdine, espérant qu’aucun n’opposant ne se manifesterait.

Une stratégie qui incluait depuis l’été 2017 la consigne de ne pas prendre la parole au conseil pour raccourcir la durée des assemblées, et d’attendre au tout dernier instant pour déposer les bulletins de candidature.

Marion et Fauteux exclus

Le 6 octobre, à la date limite des candidatures, les conseillers André Marion et Mario Fauteux ont appris que Stéphane Maher ne voulait plus les inclure dans son équipe. Il semblerait que la plupart des autres membres du conseil ignoraient aussi cette décision. Le maire a répondu à nos questions à ce propos.

«C’est compliqué», a dit André Marion lorsque joint par TopoLocal, plus d’une semaine après avoir appris qu’il ne serait pas sur la piste des candidats du maire sortant. «Je ne suis pas à l’aise d’en parler parce que je suis encore sous le choc, je me suis fait mettre dans une position impossible.»  M. Marion a mentionné qu’il s’exprimera peut-être sur le sujet «un jour, mais pas tout de suite».

Quant à Mario Fauteux, après avoir d’abord émis sur Facebook un commentaire où il se disait fier de quitter et heureux du travail accompli, ses commentaires subséquents ont aussi laissé entendre qu’il aurait préféré être de retour.

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