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Pieds nus dans l’aube, l’histoire du jeune Félix Leclerc à l’écran

Pieds nus dans l’aube, c’est l’adaptation au cinéma du premier roman de Félix Leclerc par son fils, le réalisateur Francis Leclerc. On y rencontre un jeune Félix de 13 ans qui vit à La Tuque juste avant son départ pour l’Ontario où il va faire son cours classique.

Félix Leclerc a grandi dans une famille aimante et empreinte d’humanité. Son père lui a appris à aider les plus pauvres, à respecter les gens et les animaux, à aimer la nature. Ce qu’il a été vient de sa famille, c’est le message du film. «La famille de Félix, c’est une belle famille unie, comme il y en avait à l’époque», affirme Catherine Sénart, qui incarne la mère de Félix Leclerc dans le film. Pendant deux heures, on vit avec cette famille unie de 11 enfants, on découvre ses valeurs et on comprend une relation père-fils importante.

L’histoire parle de Félix Leclerc, mais on n’entend qu’une seule chanson de lui dans le film, le but étant de présenter l’enfant qu’était Félix. «Je ne voulais pas le mettre avec une guitare autour d’un feu de camp, car c’est seulement vers 17 ans que la musique est entrée dans sa vie. À 13 ans, il jouait de l’harmonica et il chantait à l’église», explique le réalisateur.

Le réalisateur Francis Leclerc en conférence de presse à Saint-Jérôme au sujet de son film Pieds nus dans l'aube accompagné du producteur et de quelques acteurs du film, le 22 octobre 2017.
Le réalisateur Francis Leclerc en conférence de presse à Saint-Jérôme au sujet de son film Pieds nus dans l’aube accompagné du producteur et de quelques acteurs du film, le 22 octobre 2017.

Le temps, un élément essentiel pour la réalisation du film

Francis Leclerc est aussi réalisateur pour des séries télévisées. La différence majeure lorsqu’il réalise un film selon lui, c’est qu’il a plus de temps pour faire son travail. Dans le cas de Pieds nus dans l’aube, c’était essentiel pour arriver à ce résultat.

Le film a été tourné sur quatre saisons pour reproduire l’idée du roman. Ça prend plus de temps, car il faut nécessairement attendre l’arrivée des saisons. Le film met également en scène des soupers de famille avec 11 enfants à table. Le réalisateur mentionne que les scènes pouvaient être longues à tourner, car il fallait coordonner tous les jeunes.

En 1927, le moyen de transport de la famille à La Tuque, c’était les chevaux. Roy Dupuis, qui incarne le père, doit tuer un des chevaux en l’assommant. «Pour que cette scène soit aussi réaliste, explique Francis Leclerc, le comédien a dû entraîner le cheval pendant des mois à s’effondrer sur le sol à l’approche de la masse vers sa tête. Je n’aurais pas pu tourner une scène qui exige une telle préparation pour la télévision.»

Des défis à relever pour un film réaliste

Francis Leclerc a aussi eu des défis à relever pour mettre en images les saisons, le lieu et l’époque de l’histoire. «Il a accompli un exploit», affirme Antonello Cozzolino, le producteur. Malgré le long processus de tournage, le film a été tourné en seulement 25 jours. Les comédiens ont travaillé vite et bien.

Il explique ensuite que tourner des scènes en hiver, ça exige beaucoup plus de préparation qu’un tournage uniquement pendant l’été. Aussi, pour reproduire La Tuque en 1927, l’équipe de tournage a dû se rendre dans le Parc national de la Jacques-Cartier, un lieu isolé où il n’y avait parfois pas de réseau téléphonique. Trouver les costumes a également été un défi, car il n’en reste presque plus de cette époque.

Un jeu naturel des comédiens

Le film de Francis Leclerc est réaliste grâce aux détails de la mise en scène, mais est aussi naturel grâce au langage des personnages, qu’il a élaboré avec Fred Pellerin. Pour le réalisateur, c’était important que les acteurs conservent leur façon de parler, en faisant seulement attention de ne pas utiliser de mots qui n’existaient pas à l’époque. Il ne voulait pas qu’ils parlent en vieux français. «De toute façon, les gens ne parlaient même pas comme ça à l’époque»,dit-il.

C’était aussi plus simple pour les jeunes comédiens. Ils pouvaient parler normalement et n’avaient qu’à se mettre dans la peau d’un enfant vivant à La Tuque en 1927. «Ce n’était pas nécessaire pour moi qu’ils connaissent Félix Leclerc, même Justin Leyrolles-Bouchard, qui incarne le jeune Félix. Je voulais simplement qu’ils jouent leur rôle d’enfant et je crois que ça a donné un résultat plus naturel de cette façon.»

Les jeunes comédiens Justin Leyrolles-Bouchard (dans le rôle de Félix Leclerc) et Julien Leclerc (dans le rôle de Fidor) étaient présents aux côtés du réalisateur pour représenter le film.
Les jeunes comédiens Justin Leyrolles-Bouchard (dans le rôle de Félix Leclerc) et Julien Leclerc (dans le rôle de Fidor) étaient présents aux côtés du réalisateur pour représenter le film.

Un seul et unique film sur Félix

Selon Francis Leclerc, le film aurait pu être réalisé par n’importe qui d’autre, mais c’est certain que c’est un plus qu’il ait été fait par quelqu’un qui aimait et qui connaissait bien Félix. «J’ai réalisé le film et je souhaite qu’il vieillisse bien, dit-il. Ça m’a pris du temps avant de me plonger dans l’histoire de mon père, j’avais peur, j’y ai pensé pendant 20 ans. Je l’ai fait, mais je ne retoucherai plus à son histoire. Il faut que j’en sorte maintenant», conclut le réalisateur.

Pieds nus dans l’aube prend l’affiche le 27 octobre et la bande sonore du film est disponible sur iTunes.

Un aperçu du film

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