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Élections, Politique

Bruno Laroche: «Ça va très bien à Saint-Hippolyte»

Bruno Laroche, maire de Saint-Hippolyte, agissant ici à titre de président de la Table des préfets des Laurentides, en février 2017.

À Saint-Hippolyte, le maire sortant Bruno Laroche sollicite un troisième mandat. En 2013, le maire sortant avait obtenu 73% des voix dans une lutte à deux avec Gilles Rousseau. Toute son équipe a été élue. En 2009, il avait battu Rousseau, alors maire sortant, en plus de Georges Loulou et Hélène Noel Watier, pour l’emporter avec près de 60% des votes.

Il compte déjà un élu dans son équipe: Bruno Allard, un conseiller sortant, élu sans opposition au poste de conseiller 4.

Voici l’essentiel des propos de M. Laroche, recueillis lors d’une entrevue réalisée en début de campagne électorale.

«On a fait ce qu’on a dit»

«À Saint-Hippolyte, ça va très bien! Les taxes ont baissé, la dette a baissé, les infrastructures s’installent, etc. Quand je pense à notre programme électoral, on a fait ce qu’on a dit. On en est fiers.»

«Alors qu’est-ce qui pourrait pousser quelqu’un à se lancer en politique pour contester nos réalisations? C’est là justement que les valeurs et les visions s’affrontent. Nous, on est très environnementalistes. Si un parti décide de prêcher le développement économique, on va se confronter c’est sûr. Parce que moi je n’ai pas honte de dire que Saint-Hippolyte c’est une ville dortoir. Si mon adversaire prétend que c’est négatif, pour ma part je n’ai aucun problème avec ça.»

«On a des commerces de proximité pour desservir nos résidents, on ne rentre pas en compétition avec Saint-Jérôme pour le commerce lourd, les gens viennent vivre à Saint-Hippolyte pour toutes sortes de raisons, la nature, la qualité de vie, les lacs, etc.»

«Je rencontre régulièrement les associations de lacs, qui sont très importantes chez nous, parce que ces citoyens sont soucieux de leur qualité de vie. Il faut maintenir le contact et les écouter, tout le temps. Tu ne peux pas être à la tête d’une municipalité à titre d’élu et de représentant des citoyens, et ne pas savoir ce qu’eux pensent. Ce serait ridicule.»

«Moi je me vois comme un président de syndicat, le représentant des citoyens. Quand je participe à des événements avec les membres de mon conseil, on ne s’asseoit pas les sept ensemble, on préfère se disperser et aller au devant des gens. C’est notre mission.»

Sans l’écoute, pas de deuxième (ni de troisième) mandat

Bruno Laroche revient sur le fait que rien ne vaut la politique de proximité qui se vit au municipal. «Nos politiciens provinciaux et fédéraux devraient faire ça plus souvent. Ils prendraient des meilleures décisions.»

La campagne électorale est un exercice bienvenu pour Bruno Laroche. «On fait de nombreuses consultations en cours de mandat pour connaître les opinions de la population et leurs préoccupations, pour aller les sonder. La campagne électorale est une importante occasion de les rencontrer et de les écouter en préparation du prochain mandat. Et je le dis ouvertement: aujourd’hui, tu fais un seul mandat si tu n’as pas d’écoute. C’est aussi une occasion de confronter des visions opposées. C’est ce débat qui me pousse à aller en politique.»

Les promesses de Rousseau «pas sérieuses»

Quant aux engagements de son adversaire Gilles Rousseau de réduire les taxes, Bruno Laroche les balaie du revers de la main. «D’abord le chiffre de 5% avancé par Rousseau ne s’appuie sur aucune démonstration concrète.»

L’équipe Laroche soutient qu’une baisse de taxes irréfléchie de 5% réduirait les services aux citoyens de plus du tiers. Puisque 87% du budget, soit 10,5 M$ sur 12 M$ sert déjà à des services essentiels, dont l’administration, la police, les pompiers, la voirie et autres, la marge de manoeuvre dont dispose le conseil pour investir en infrastructures et fournir des services en environnement, culture et loisirs est de 1,5 M$.

Couper les taxes de 5% en 2018, c’est amputer le budget de 600 000$ de façon non planifiée, affirme l’équipe Laroche.

À cet engagement qu’il considère pris à l’aveuglette, Laroche répond: «Nous allons continuer dans la lignée de ce qu’on a réalisé depuis 2013, c’est-à-dire le maintien d’un taux de taxe réaliste et réfléchi. À ce chapitre, je rappelle qu’on a effectivement réduit les taxes pendant cette période et qu’on continuera de le faire, mais de façon raisonnable» a rajouté le maire, se refusant à renchérir sur les promesses de son adversaire.

«On va laisser les gens juger du sérieux des propositions de M. Rousseau», dit le maire sortant de Saint-Hippolyte.

Sur l’affiche de campagne de l’équipe Bruno Laroche, on reconnaît le maire sortant Bruno Laroche (à droite) en compagnie de ses candidats Donald Riendeau, Yves Dagenais, Jennifer Ouellette, Patrice Goyer, Bruno Allard, et Chantal Lachaîne.

«Si tu ne fais pas la job, on te sacre dehors assez vite»

Bruno Laroche affirme que les citoyens ont de plus en plus d’attentes envers leur municipalité.

«La politique est différente aujourd’hui. Il y a une mutation constante, année après année, mandat après mandat. Les gens s’intéressent de plus en plus à ça, ils s’intéressent de plus en plus à la raison pour laquelle ils paient.»

«Alors on ne peut pas leur dire n’importe quoi. En plus la politique municipale, c’est axé à 100% sur les résultats. Il n’y a pas de sentiment en politique municipale, t’as beau être fin, gentil, connu, si tu ne fais pas ta job, on te sacre dehors assez vite.»

«Dans une ville, si tu fais un règlement d’emprunt dont les gens ne veulent pas, ils vont tout simplement bloquer le règlement, c’est pas mal de la démocratie directe ça!»

«C’est cruel quand les candidats perdent, parce que le candidat vit dans une ville qui l’a sacré dehors. Mais la politique de proximité, c’est une belle forme de politique. À titre bien personnel, je me dis qu’il va falloir que j’arrête un jour, mais ça ne me tente pas.»

L’identité de Saint-Hippolyte: du développement, mais durable

«En 2009, j’étais le seul candidat à ne pas faire une campagne avec des promesses de développement. Ma vision des choses, et celle de mon équipe, c’est que l’avenir de Saint-Hippolyte ne passe pas par le développement résidentiel à tout prix. Le développement de notre ville passe davantage par les services à la population et une saine gestion. On l’a prouvé! Saint-Hippolyte  se développe tranquillement, de façon harmonieuse. Sans tout permettre, on a quand même favorisé l’installation de commerces de proximité et de services qui sont utiles pour notre population. Et malgré tous les investissements qu’on a fait, notre dette reste raisonnable. Notre plus grand défi est de maintenir notre caractère rural et champêtre. C’est notre principal atout.»

«Malheureusement, le seul mode de financement pour les municipalités c’est l’assiette fiscale. Il y a un piège à vouloir favoriser le développement résidentiel parce que la ville s’oblige à rendre de plus en plus de services, ce qui coûte de plus en plus cher. Et le développement coûte que coûte, ça laisse une cicatrice environnementale. Il fut un temps où c’est tout ce qu’on entendait dans la bouche des politiciens: développement, développement, développement!»

«Moi j’ai grandi à Saint-Hippolyte et je ne voulais pas nous voir devenir le boulevard Taschereau. Il va falloir un jour trouver une façon logique de financer nos villes autrement que par le développement résidentiel, sinon on va scrapper nos montagnes. Je pense qu’on est chanceux d’avoir échappé à cette tendance.»

Bruno Laroche compare la tendance de certaines municipalités au comportement d’un individu qui se tue au travail pour «payer la grosse maison, la grosse auto, la piscine…» pour ensuite constater qu’il n’a pas de qualité de vie.

«Il y a des villes voisines qui ont des gros ennuis avec cela. Dans les villes où il pousse des résidences à toute vitesse, la population augmente mais les réseaux routiers sont insuffisants. Ces résidents envahissent ensuite les rues de la ville voisine, où ils ne paient pas de taxes! Prenez la rue Schulz, par exemple. Si elle n’était pas bloquée entre Saint-Jérôme et Sainte-Sophie, la circulation rendrait le quartier résidentiel invivable. Il y a des blocs de béton! Les gens ne peuvent pas passer! Je sais que Sainte-Sophie est pas content, mais ça serait l’enfer.»

L’argent de ses citoyens, mais auprès des autres paliers de gouvernement

Plutôt que s’engager dans le cercle vicieux du développement, Bruno Laroche préfère maintenir un rythme de développement plus réfléchi et se battre pour obtenir la quote-part de ses citoyens auprès des autres paliers de gouvernement.

«Mon rôle à moi pour soulager le portefeuille des citoyens, c’est de ne pas rester assis dans mon bureau à Saint-Hippolyte, mais de monter des dossiers, de me rendre a Québec et de faire valoir nos projets pour aller chercher de l’argent. Ma plus grande fierté, c’est d’être allé chercher en moyenne plus d’un million par année en subventions.»

La CAQ? Peut-être un jour, mais pas en 2018

TopoLocal a demandé à Bruno Laroche s’il serait candidat pour la Coalition avenir Québec(CAQ) dans la nouvelle circonscription de Prévost en 2018.

Laroche a d’abord souri, comme on le fait quand une rumeur ne veut pas disparaître. «Non, je vous le dis, non. J’ai répondu à plusieurs reprises que je ne me présentais pas. La raison est simple: je ne veux pas faire payer aux citoyens de Saint-Hippolyte mes ambitions politiques, parce que si je suis réélu comme maire, une élection complémentaire, ça se ferait avec leur argent.»

«Je passe mon tour pour 2018. Mais je le dis ouvertement, oui, la politique provinciale c’est quelque chose qui m’intéresse et c’est quelque chose que je fais faire éventuellement. Mais pas maintenant. Évidemment, je ne peux pas contrôler ce que souhaitent François Legault ou des militants de la CAQ, mais non, c’est clair. Je passe mon tour en 2018. Je suis vraiment chanceux d’être maire de Saint-Hippolyte et j’espère être réélu.»

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