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Femmes

Isabelle Charbonneau

Isabelle Charbonneau est copropriétaire de la microbrasserie Dieu du ciel!, qui fabrique de la bière depuis 20 ans, dont dix à Saint-Jérôme, dans un ancien supermarché du centre-ville.

Elle a répondu à notre questionnaire à l’occasion de la Journée internationale des femmes 2018, produit en collaboration avec Nestor Stratégie.


Quel pouvoir pensez-vous avoir sur le monde, sur votre communauté?

Je suis qui je suis. Je suis ce qui m’allume, ce qui m’attire. Je ne connais pas le pouvoir ou l’impact que j’ai sur les autres, cependant je pense qu’on est nourris et qu’on nourrit nos relations.

J’imagine que je peux être inspirante pour les gens qui m’entourent, mais je ne porte pas beaucoup attention au fait que je suis une femme en affaires. Pour moi, le fait d’être une femme en affaires a très très peu d’impact. Je me considère comme un être humain bien plus qu’une femme en affaires.

Plus précisément, avec votre entreprise, pensez-vous que vous avez de l’influence?

Je pense qu’on est une entreprise importante dans le centre-ville de Saint-Jérôme. On a du succès depuis une dizaine d’années ici, une vingtaine d’années avec la brasserie de Montréal. On est dans un milieu jeune, quoiqu’il y ait des buveurs de bière de tous âges. Mais il y a beaucoup de jeunes qui veulent démarrer une entreprise dans le domaine, parce que c’est «cool» être dans les microbrasseries, alors c’est sûr qu’on a une influence dans ce sens-là.

Je me suis fait beaucoup dire au départ: «Ça a dû te prendre du courage pour te lancer», mais honnêtement, ce sont les gens qui me l’ont fait réaliser. Je fais les choses parce que ça me tente. J’ai pris des décisions qui viennent avec du pour et du contre. Je ne retournerais pas en arrière, loin de là. Je viens de grandes entreprises, faire le saut à mon compte a exigé que je prenne certains risques et de renoncer à une certaine sécurité. J’imagine qu’aux yeux de certains, je peux représenter une forme de persévérance.

Avez-vous déjà souhaité être un homme pour quoi que ce soit dans la vie?

Jamais ! On rigole toujours un peu avec ça, mais je n’ai jamais souhaité être un homme. Et je pense que je le dois surtout à l’éducation que j’ai reçue. J’ai fait tout ce que j’ai voulu faire dans ma vie. Je sais qu’il y a des femmes qui disent: «Ah, parce que je suis une femme…» par contre, moi je n’embarque pas là-dedans. Si tu veux faire quelque chose dans la vie, fais-le. Tu vas faire ta place.

Je suis peut-être très inconsciente, mais c’est surtout que ce n’est vraiment pas ma réalité. Mes associés sont des hommes, on a des employés des deux sexes qui travaillent chez nous et on a vraiment des politiques égalitaires. C’est souvent autour du salaire qu’on dénote des différences dans le marché du travail, ici ce n’est vraiment pas notre réalité.

Y a-t-il des avantages à être une femme?

Les avantages d’être une femme? Je ne peux pas te répondre. Je ne suis pas dans ce schème de pensée. Je suis une personne humaine tout simplement. Quand on m’appelle pour des tables ou des groupes de femmes, je me demande ce que j’irais bien faire là.

Ce que je veux cependant ajouter, c’est que je sais qu’à une certaine époque, il y avait une énorme différence dans le traitement des femmes versus des hommes. Je pense encore qu’il y en a sans doute, mais moi, je n’en vis pas.

Tant mieux s’il y a eu de l’avancement. Si moi je n’ai pas été impactée, c’est parce qu’il y a des femmes avant moi qui ont fait tout un boulot, ça je le reconnais. Dans mon entourage, avec mes associés, ma famille, je n’ai jamais jamais senti une différence. On m’a toujours dit: «Go Isabelle, fais ce que tu veux!» C’est ce que j’ai fait et c’est là où j’en suis.

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