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Femmes

Émilie Rouleau

Émilie Rouleau est la directrice de L’Écluse des Laurentides, qui fait du travail de rue dans les Laurentides depuis 1991. Son organisme et 11 travailleurs de rue aident des gens qui sont en rupture sociale avec les ressources traditionnelles.

Mme Rouleau a répondu à notre questionnaire à l’occasion de la Journée internationale des femmes 2018, produit en collaboration avec Nestor Stratégie.


Quel pouvoir pensez-vous avoir sur le monde, sur votre communauté?

Le monde c’est grand. Si je regarde dans ma communauté dans les Laurentides sur certaines tables de concertation ou certaines représentations que je fais pour l’organisme, je pense que mon pouvoir est de faire avancer certaines réflexions ou de faire partie des discussions.

On parle de politiques au niveau de l’itinérance ou de la pauvreté, de certaines réalités que je connais et que je continue à voir à travers les yeux des onze travailleurs de rue de L’Écluse. Je parle de ce que je connais humblement et si cela a une influence sur la suite des choses, tant mieux.

Plus précisément, dans votre organisme, pensez-vous que vous avez de l’influence?

C’est souvent à travers ce que les autres nous disent qu’on prend conscience de notre influence. Ce qu’on me reflète, c’est dans la façon. Je ne suis pas très attachée à la hiérarchie. Je n’ai pas besoin de me réaliser à travers le pouvoir.

Je vais prendre le pouls de tout le monde et après ça arriver à une décision. Cela a du positif dans le sens où les travailleurs de rue et le monde de l’équipe sentent qu’ils font partie d’un tout. Mais ça fait aussi en sorte qu’il faut parfois trancher même si ça ne plaît pas. Ce n’est pas ma force.

Mais en général, je me rends compte que cette façon de gérer est beaucoup plus profitable autant pour l’organisme que pour tous ceux qui travaillent avec nous, donc aussi pour les personnes qu’on aide. Je pense qu’il y a un beau partage du pouvoir dans l’organisme.

Avez-vous déjà souhaité être un homme pour quoi que ce soit dans la vie?

Je ne sais pas si je suis ou chanceuse ou naïve, mais je n’ai jamais senti que le fait d’être une femme ait pu avoir un impact négatif dans ma vie.

Si j’essaie de me mettre à la place des autres, peut-être que cela a pu être plus long pour eux de m’accorder une certaine reconnaissance ou crédibilité… Mais j’ai l’air jeune aussi, ça peut jouer sur la perception et les attentes.

Au pire, peut-être que j’ai impressionné des gens parce qu’ils s’attendaient à moins et ils ont été agréablement surpris!

Y a-t-il des avantages à être une femme?

Au même titre que pour les hommes, s’il y a des avantages, j’en bénéficie inconsciemment. Pour moi, les deux sexes ont des forces, et les hommes ont leur raison d’être autant que les femmes. Ce serait intéressant de poser les mêmes questions à des hommes pour savoir ce qu’ils en pensent.

Dans le milieu communautaire, je dirais que c’est une majorité de femmes. Est-ce que c’est justement à cause de cette réalité que les conditions de travail et les salaires n’ont pas beaucoup évolué? Si c’était un milieu d’hommes, peut-être que ce serait différent.

Toutefois, dans mon milieu, celui du travail de rue, on a autant de femmes que d’hommes à tous les niveaux de la hiérarchie.

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