Politique

Nathalie Lasalle et Colette Thibault accusent le maire de Saint-Jérôme d’utiliser les commissions pour étouffer l’opposition

La conseillère municipale Nathalie Lasalle et l’ex-conseillère Colette Thibault affirment que le maire Stéphane Maher «et sa clique» étouffent toute contestation en démontrant aux autres élus qu’ils pourraient perdre 10 000$ par année s’ils décident de ne pas épouser la ligne de parti.

Voilà ce qu’affirmait la conseillère Nathalie Lasalle qui, dès la première assemblée qui a suivi sa décision de siéger comme indépendante, s’est vue retirer tous les mandats additionnels à son poste de conseillère, ne conservant que son poste à la commission sur le cannabis, dont le travail est pratiquement terminé.

Les mandats de présider ou de siéger sur les commissions du conseil permettent aux conseillers municipaux de Saint-Jérôme d’encaisser des revenus additionnels de l’ordre de 10 000$ par an et plus. Présentement, onze des douze conseillers touchent de tels revenus, sauf Mme Lasalle.

Nathalie Lasalle, désormais conseillère municipale indépendante à la Ville de Saint-Jérôme.
Nathalie Lasalle, désormais conseillère municipale indépendante à la Ville de Saint-Jérôme.

 

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Colette Thibault renchérit

Dans une lettre ouverte adressée à TopoLocal, l’ex-conseillère Colette Thibault, qui a siégé au conseil de 2013 à 2017, exprime le même avis.

Élue dans une autre équipe que celle de M. Maher, Ensemble Saint-Jérôme, Mme Thibault s’est vue confier des responsabilités dans une ou deux commissions au lendemain des élections.

Colette Thibault

Elle écrit: «À la suite de mon élection à titre de conseillère de l’opposition en 2013, il m’a accordé plusieurs commissions que j’ai menées à bien en étroite collaboration avec mes collègues conseillers et les fonctionnaires de la Ville. Mon travail au sein des commissions fut de courte durée puisqu’à la séance de décembre 2013, ayant voté contre son budget en raison de mon désaccord d’effectuer une ponction de 5,4 M$ dans le surplus non affecté à des fins de diminution de taxes, je me suis vue retirer dès le mois suivant toutes les commissions sans avertissement au préalable. Ce n’est donc pas sur la base du manque de confiance qu’il a pris cette décision mais plutôt sur le fait qu’il s’est vu contrarié.»

Mme Thibault reproche aussi au maire d’écarter les questions du public qui lui déplaisent lors de séances du conseil municipal. Elle évoque la réunion du conseil du 20 février dernier:  «Il a refusé de répondre à ma question», écrit-elle, ajoutant qu’un citoyen qui a été l’adversaire électoral du conseiller Gilles Robert, Michaël Njong, a subi un traitement similaire en voyant son droit de parole raccourci. Le maire a alors dit à M. Njong qu’il lui laisserait plus de temps pour parler s’il n’avait pas été candidat à la dernière élection.

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«Également, ajoute Mme Thibault,  je n’ai pas été surprise d’apprendre par Nathalie Lasalle qu’il ridiculisait ses ennemis, dont Marc Bourcier fait partie. Il en va de même pour ma collègue de l’opposition, Stéphanie Viens-Proulx. Lors de ma première rencontre avec lui aux élections de 2013, il a tenu les propos suivants envers elle: Je n’ai pas l’intention de donner des commissions à la p’tite mère de famille qui ne connaît rien en politique.»

Lasalle: «Maher dit une chose et fait le contraire»

«Tout au long de la séance du conseil de ville du mardi 20 mars, le maire a répété à maintes reprises qu’il était là pour la gouvernance et non pour faire de la petite politique et c’est exactement le contraire qu’il a fait en me retirant les deux dossiers dont je suis mandataire depuis 2013. Je n’ai pas quitté pour un autre parti politique mais bien pour siéger comme indépendante tout comme l’a été Bernard Bougie de 2013 à 2015.»

«Cela n’a pas empêché M. Bougie d’être président de commission», affirme Nathalie Lasalle par voie de communiqué.

TopoLocal a demandé au maire mardi en soirée comment il expliquait son affirmation de séparer gouvernance et politique, alors qu’il venait de modifier la gouvernance de la ville en réplique à un choix politique de la conseillère. M. Maher n’a pas répondu à la question.

Jeudi matin, Simon Geraghty, adjoint du maire, nous transmettait une déclaration du maire qui affirme qu’il «s’agit essentiellement d’une question de confiance».

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Bernard Bougie est conseiller municipal à Saint-Jérôme depuis 2005. Avant de joindre Vision Saint-Jérôme, il a été élu en 2013 à titre d'indépendant.
Bernard Bougie est conseiller municipal à Saint-Jérôme depuis 2005. Avant de joindre Vision Saint-Jérôme en 2015, il a été élu en 2013 à titre d’indépendant.

«De l’intimidation»

Mme Lasalle juge que le maire fait de l’intimidation politique. «C’est une bonne façon de dire aux autres élus que si vous me contestez, voilà ce qui va vous arriver. C’est vraiment cela le genre d’intimidation que cette clique exerce au conseil municipal.»

Elle ajoute que même sans ce revenu, elle va continuer de performer comme elle l’a fait depuis 2013. «Contrairement au maire Maher qui mentionnait lors de la séance du conseil du 20 février qu’un maire bien payé performe mieux qu’un maire mal payé, vous pouvez être certains que je ne baisserai pas de régime.»

Merci à Johanne Dicaire

Elle a aussi remercié la conseillère Johanne Dicaire qui, dit-elle, «a eu le courage de voter contre les deux résolutions. J’espère qu’elle n’en subira pas des conséquences, ils sont bien capables de lui faire payer chèrement ce vote de sa part.»

Nathalie Lasalle n’entend pas baisser les bras. «Depuis ma conférence de presse du 8 mars dernier, (où elle annonçait sa décision de siéger comme indépendante) la majorité des gens que je rencontre me soutiennent et m’appuient dans ma décision. C’est très réconfortant», conclut-elle.

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