Lieux, Politique

«Quand Coiteux dit qu’on veut la SQ, c’est tout à fait faux» -Stéphane Maher, maire de Saint-Jérôme

Le ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique Martin Coiteux a laissé entendre que la Ville de Saint-Jérôme veut joindre les services de la Sûreté du Québec(SQ) plutôt que de gérer son propre corps de police municipal. C’est tout à fait faux, affirme le maire de Saint-Jérôme.

«Vous pouvez rassurer vos lecteurs, dit Stéphane Maher. Il est hors de question pour nous d’aller avec la SQ. On veut garder notre corps de police, et on veut la compensation financière qui vient avec. Nous ce qu’on a demandé, c’est clairement une compensation financière. D’ailleurs, c’est important de le dire, on attend toujours la réponse écrite du ministre Coiteux.»

Le maire de Saint-Jérôme est convaincu que Québec a assez de marge de manoeuvre dans le budget actuel pour trouver une solution transitoire, c’est-à-dire de verser à Saint-Jérôme, Granby et Saint-Jean les montants demandés.

C’est sans doute la meilleure solution à court terme que Saint-Jérôme puisse espérer. Le maire est bien conscient qu’avec l’annonce vendredi du retrait de la vie politique du ministre Coiteux après les prochaines élections, toute forme de solution finale devra se discuter avec un autre ministre.

Services locaux

«Quand on l’a rencontré il y a quelques semaines avec le maire de Granby et le maire de Saint-Jean, on a été très très clairs. Nous ce qu’on veut c’est une compensation financière», dit Stéphane Maher.

On a aussi parlé à Pascal Bonin, maire de Granby, qui mène une campagne similaire auprès du gouvernement du Québec depuis cinq ans. «Je souhaite qu’on se positionne. On aimerait que nos citoyens arrêtent de payer la totale au niveau des services de police. La différence que Québec pourrait compenser correspond à peu près à ce que coûtent les enquêteurs locaux pour le crime organisé, qui lui n’opère pas avec des frontières municipales», dit le maire Bonin. Ces services sont offerts par défaut aux municipalités qui bénéficient des services de la SQ, dont les enquêteurs sont beaucoup plus nombreux.

Saint-Jérôme veut l’argent

De toute façon, rappelle M. Maher, la loi interdit aux municipalités dont la population est de plus de 50 000 personnes de faire appel aux services de la Sûreté du Québec. La Loi sur la police adoptée en 2001 impose à ces municipalités d’avoir leur propre corps de police.

En commentant les propos du ministre Coiteux, Maher a rappelé que les villes de Drummondville, Shawinigan et Saint-Hyacinthe, dont la population dépasse aujourd’hui 50 000 personnes, sont encore desservies par la SQ parce qu’elles bénéficient d’une sorte de droit acquis, puisqu’elles étaient sous le seuil des 50 000 âmes lors de la réforme de 2001.

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«Je peux comprendre qu’il dise ça, il se cherche peut-être une porte de sortie parce qu’ils ont permis à ces trois villes de demeurer desservies par la SQ même si leur population a dépassé le seuil prévu dans la loi», dit le maire. Il souhaitait que le ministre profite de l’étude des crédits la semaine dernière pour envoyer un signal que le gouvernement était ouvert à une quelconque forme  de compensation financière pour les trois villes.

L’intégration à la SQ est la solution que préférerait le ministre Coiteux. En entrevue à la radio CIME dans les Laurentides, le ministre Coiteux a affirmé qu’il serait «très favorable» à l’idée de faire desservir les villes entre 50 000 et 100 000 habitants par la SQ et de modifier la loi en ce sens. Une affirmation qu’il a servie à l’Assemblée nationale lors de la Commission des institutions le 24 avril.

Un «vol» commis par Québec

À l’assemblée du conseil municipal du 17 avril, Maher n’avait pas hésité à dire que les contribuables de Saint-Jérôme se font voler par le gouvernement du Québec.

«On va aller chercher notre 8 millions qu’on se fait voler là! Je le répète: 8 millions! C’est chaque année ça! C’est 160 millions sur 20 ans! On se fait voler 160 millions! On va le récupérer, puis on va aller le chercher! On veut avoir une rencontre avec le premier ministre là-dessus…. Il y a quelqu’un qui est à plein temps là-dessus.»

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Il a ajouté que pour le premier ministre Couillard, «avoir le maire de Saint-Jérôme qui court après lui, c’est pas une bonne nouvelle. C’est important, on va chercher ça, puis on gèle les taxes pour les 4-5 prochaines années.»

«Après ça, on va aller chercher l’autre 8 millions parce que le provincial ne paie pas ses taxes…» a-t-il ajouté, en parlant des compensations tenant lieu de taxes que paie le gouvernement du Québec pour ses édifices, dont les montants sont inférieurs à la taxe foncière que paient les citoyens.

Avec la collaboration de Louis-Xavier Michaud

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