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Oui, les taxes, c’est de l’amour

Aujourd’hui, 24 décembre, j’ai pensé aux taxes. Désolé, je suis ainsi tordu.

En fait, j’y pense souvent. Depuis quelques semaines déjà, je veux faire une sérieuse chronique pour dire que les taxes c’est de l’amour.

Bon, d’accord. On va se calmer le sérieux un peu, surtout que c’est Noël. C’est pas le temps d’être solennel ou dramatique inutilement. Mais même quand on s’amuse, j’ai toujours cru qu’on doit être sérieux. Même quand on est amical et qu’on veut chaleureusement dire à nos co-humains qu’on les aime, je reste convaincu qu’il faut rester sérieux.

Donc, c’est le plus sérieusement du monde que je vous dis, en plein Noël, que les taxes, c’est de l’amour.

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Oui, de l’amour

On s’aime assez, dans notre pays, pour partager ce que nous possédons.

Bon, ça y est, j’ai dit «pays». En plein le mot pour faire de la chicane dans le temps des Fêtes! Et les Nordiques, tiens! Mais je vous dis tout de suite que je ne parle ni de territoire, ni de passeport, ni de langue, ni de valeurs, ni de chandails bleus, ni de chandails rouges. Encore moins de gilets jaunes. En fait, quand on se met d’accord pour partager avec nos semblables, c’est pareil à Saint-Jérôme, à Hawkesbury,  à Plattsburgh, ou à Paris, pour ne nommer que les voisins immédiats.

Mais je m’écarte…

Parlons donc d’amour. De ce désir que nous avons spontanément de vouloir le bien de nos semblables et, plus large encore, de toutes les créatures vivantes.

Nos raisons pour avoir des taxes ne sont pas très compliquées. Il y a beaucoup de choses dont nous avons besoin ensemble. Des routes pour aller où nous voulons. Des pylônes et des fils pour nous alimenter en électricité. Des bibliothèques et des musées pour transmettre notre mémoire. Des forces de l’ordre pour nous éviter le crime et le chaos. Du soutien pour ceux d’entre nous qui sont démunis, peu importe la raison. Des écoles pour que chacun de nos enfants ait la chance de s’équiper pour vivre une vie utile et stimulante. Des services de santé pour nos malades. ( Si vous voulez me parler des malades des autres, vous n’avez pas compris… )

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Vous avez bien lu les paragraphes précédents. Les mots nous, notre, nos. Onze fois.

Aimer ses taxes, c’est aimer ses semblables

Juste là, vous et moi, le temps d’une lecture, nous avons le luxe d’en jaser un peu. Oui, vous et moi, le lecteur et l’auteur, on est seuls ici, sur cet écran. Nous n’avons pas faim, pas froid, nous ne sommes pas en danger, nous ne sommes pas malades. On a la chance d’en parler…  Ne devrions-nous pas aimer une institution qui nous permet de partager avec ceux qui n’ont pas notre chance?

Voilà pourquoi j’accepte de payer des taxes. Voilà pourquoi les gens qui trouvent qu’ils en paient beaucoup doivent comprendre que c’est parce qu’ils en ont beaucoup.

Voilà pourquoi nos taxes doivent être utilisées par des personnes qui comprennent leur usage, les utilisent avec intégrité, avec justesse, et avec justice.

Voilà pourquoi il faut cesser de voir les taxes comme un vilain fardeau qui nous serait imposé, mais plutôt comme un choix que nous faisons pour organiser notre vie avec nos semblables. Une façon de choisir plutôt que subir.

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Regardez un peu autour de vous. Vous avez des parts dans tout ça. Tout ce qu’on a fait, l’excellent comme le médiocre. Tout! L’art, la beauté, la justice, l’injustice, l’environnement, la haine et la violence, la générosité et la compassion, Rien de tout cela n’est venu de l’espace. C’est nous.

Soyez fiers quand il le faut, et faites partie de la solution quand c’est imparfait.

Ça commence par rester informé. Par voir au-delà de ses propres intérêts. Par élever la voix chaque fois qu’on souhaite un peu plus de justice et d’intégrité. Par aller voter chaque fois qu’on en a le privilège. Par des petits gestes. Refuser l’humour de mononcle. Consommer de façon responsable. Ne pas boire et conduire. Sourire. Laisser passer les piétons. Il y a des milliers de petits gestes faciles à poser. Et laissez de la tourtière pour les autres.

Voilà ce que je vous souhaite. Et en plus c’est totalement laïc.

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