Politique

Le Mouvement jérômien veut transformer la politique municipale à Saint-Jérôme

Marc-Olivier Neveu veut créer un vent de jeunesse et d’idées nouvelles dans la politique municipale à Saint-Jérôme. Il est en voie de créer, avec un groupe de personnes, dont Simon Lynch, ex-candidat aux élections municipales de 2013 à Saint-Jérôme, le Mouvement jérômien, un nouveau parti politique.

Publicité

Une réponse au « déclin » du parti de Stéphane Maher

Marc-Olivier Neveu affirme tout de go que l’exemple du parti de Stéphane Maher, maire depuis 2013, est exactement « la recette à ne pas suivre » pour intéresser les gens de Saint-Jérôme à la politique, les rassembler, et inspirer leur confiance. « Voir un parti avoir autant de misère à être honnête avec les gens, à dire les vraies choses, ça nous indique comment nous, il faut agir. On voit ce qui peut arriver si on s’enfle trop la tête ou si on tombe dans le déni. »

Son verdict est clair. « Vision Saint-Jérôme est né sur des bases solides, et le premier mandat du parti a permis des beaux espoirs, mais l’ego a pris de plus en plus de place », dit-il.

Faisant allusion au rapprochement du maire Maher avec la Coalition avenir Québec(CAQ), Marc-Olivier Neveu ajoute qu’« il s’est aligné sur d’autres objectifs au cours de son deuxième mandat à tel point qu’il faudrait bien qu’il nous dise pourquoi il fait encore de la politique municipale. »

Services locaux

Des promesses non tenues

« Avec Maher, c’est clair que les bottines ne suivent pas les babines. Il ne gère que son image. Quand Radio-Canada et Patrice Roy sont venus à Saint-Jérôme l’hiver dernier, il a dit qu’il allait déneiger tous les trottoirs! Tout ça pour plaire aux journalistes. Mais il ne l’a pas fait si on regarde cette année! Au contraire, le nouveau plan de déneigement fait qu’il y en a moins. »

« Le maire a beau souhaiter devant public que le transport en commun soit gratuit un jour, il n’y a rien de concret qui a été fait. Moi je crois que Saint-Jérôme, surtout avec son importante population étudiante, devrait donner l’exemple en transport en commun. On a le potentiel d’être le Sherbrooke de la Rive-Nord! Si on veut qu’il y ait moins de congestion sur la 15, moins sur la 158, moins sur le boulevard La Salette, il faut agir. »

« Mais, ajoute-t-il, il faut commencer quelque part. La réalité c’est qui si on veut que les gens utilisent le transport en commun et pratiquent l’écomobilité, ça ne se fait pas avec des slogans. Commençons par la base. Il faut déblayer les trottoirs! »

« Dans la rue près de chez moi, on avait prolongé le trajet de l’autobus 101 jusqu’au bout de la rue André-Prévost. L’autobus ne vient plus parce que le déneigement ne permet pas au bus de faire demi-tour. Il semble aussi que certains résidents n’apprécient pas le passage du bus dans les rues ainsi rétrécies. Les résidents du secteur doivent maintenant marcher jusqu’à la 36e avenue. »

Publicité
Avis sur le site d’exo. Depuis plusieurs jours maintenant, l’autobus 101 ne va plus au bout de la rue André-Prévost.

« L’excuse facile, c’est qu’il a beaucoup neigé. Mais une ville bien gérée devrait avoir des réserves financières suffisantes pour affronter un hiver difficile sans couper dans les services à la population. C’est la raison d’être d’une ville, ça, servir la population! Pas faire du populisme en baissant les taxes coûte que coûte pour donner l’impression qu’on gère bien. »

« Fait aussi être conséquent, ajoute M. Neveu, Saint-Jérôme aime bien dire qu’elle est une ville étudiante et qu’elle favorise l’écomobilité, mais les étudiants, les travailleurs, bref tous les usagers du train de banlieue, sont laissés à eux-même après 22h15, quand le transport en commun cesse. La gare ferme à 23h. Les jeunes et moins jeunes qui attendent un lift attendent dehors. C’est la même chose pour le dernier train de banlieue, qui arrive à la gare de Saint-Jérôme à 00h18. Si on n’a pas d’auto, on est laissé à soi-même ou contraint à défrayer le coût d’un taxi. »

« C’est ainsi que la mauvaise cohésion de notre transport en commun pousse directement les gens à continuer d’utiliser leur voiture. »

La politique, ça doit aider le monde

« Mon objectif à moi en politique, et ça l’a toujours été, c’est d’aider le monde. J’ai été militant au fédéral et au provincial, je suis allé au Pérou en mission humanitaire, j’ai tenté de faire ma part auprès d’organismes ici à Saint-Jérôme, toujours parce que mon objectif c’est d’aider le monde. Je pense que c’est ce qu’on veut comme ville. »

« On a des fonctionnaires à Saint-Jérôme qui font un travail exceptionnel présentement. Ce qui manque c’est un peu de cohésion, des moyens. Une ville, ça ne se bâtit pas juste en disant qu’on va baisser les taxes. Une ville ça se bâtit à partir du coeur, à partir de projets, sans augmenter les taxes à tout prix, mais en se payant les services dont on a besoin. Mais pour ça, ça prend une discussion franche et transparente. »

Publicité

« On le voit bien ce que les gens pensent du maire actuel et de sa manière d’ignorer la population. Ça fait pitié je trouve d’ignorer les gens. Ils ne sont pas nécessairement mécontents seulement parce qu’il y a une augmentation de taxes, mais en plus elle est inéquitable parce que la taxe police – la taxe Maher – appelons-la comme on veut, toute cette patente à gosse-là, ça fait que les gens qui vont payer le plus sont les plus vulnérables. On le sait, Saint-Jérôme n’est pas une ville riche. »

« Le meilleur exemple, c’est encore le cas cité par Radio-Canada, où une personne qui possède une résidence avec son petit commerce à l’intérieur paie une plus grosse taxe police que le magasin Wal-Mart. »

Bâtir une ville à notre image

Marc-Olivier Neveu est bien conscient que la grogne s’installe contre le conseil municipal actuel de Saint-Jérôme. Non seulement l’hiver a été difficile pour le déneigement, mais la hausse du salaire des élus, les attaques systématiques contre toute opposition, la taxe police et le choix d’un seul maire suppléant permanent font déchanter une partie de la population.

Sans compter que les conclusions d’une enquête du Directeur général des élections sur des manoeuvres employées par Stéphane Maher et son parti en 2017 ne sont pas encore connues.

Services locaux

« Il y a beaucoup de bashing qui se fait sur les réseaux sociaux envers le maire Maher et son groupe, mais nous ne voulons pas courtiser des gens qui ne veulent que chialer. Effectivement, on ne croit plus à l’administration Maher, mais au-delà de se plaindre, on veut partir de la base, trouver des gens qui ont des idées et des projets. Et bâtir notre ville pour qu’elle soit enfin à notre image. »

« Pour cela, le Mouvement jérômien souhaite rencontrer la population, les groupes, la chambre de commerce, les entrepreneurs, les organismes, etc. Notre thème, c’est Et si on discutait de l’avenir de notre ville. On veut être pratique, mais il faut aussi savoir rêver, si on jumelle les deux, on peut faire de belles choses. »

On lui a ensuite demandé si c’est encore possible d’impliquer les gens en politique. « Je ne pense pas que la population soit désintéressée, mais elle est un peu blasée. C’est vrai à tous les paliers politiques, et on peut les comprendre. Les gens ne sont pas contents. Si on peut tirer une leçon des mouvements dans la vague des Gilets jaunes et autres, c’est que la politique doit arrêter de s’occuper des élites et descendre au niveau des citoyens. »

« Au municipal, la proximité favorise ce lien direct. Pour lutter contre l’indifférence, il faut écouter les gens. Je pense que l’administration Maher entend la colère, mais elle n’écoute pas. Et ce n’est pas en faisant la sourde oreille et en contrôlant les périodes de questions au conseil que ça va s’améliorer. »

Publicité

« Le maire Maher a peur de consulter le monde. Je ne parle pas ici d’événements mis en scène avec des gens choisis, mais de vrai dialogue. Je trouve ça terrifiant un maire qui a une telle peur d’aller au devant des gens. »

« Quand on voit le maire fermer le clapet à la conseillère Nathalie Lasalle, quand il répond “parce que c’est moi le maire” pour justifier ses décisions, ce n’est pas une explication valable. Il nous doit une meilleure explication. S’il donne la job de pro-maire à Gilles Robert juste parce qu’il lui a promis en le recrutant dans son parti, c’est pas acceptable. Il faut qu’il explique, et il a des comptes à rendre. »

Marc-Olivier Neveu s’en prend au « manque de transparence » du maire Stéphane Maher, que l’on voit ici au conseil municipal.

« Qu’il se cache derrière ses fonctionnaires ou Simon Geraghty(son adjoint exécutif), qu’il ne se déplace même pas lui-même pour prendre la parole à la radio, je trouve ça pas mal ordinaire. Quand tu diriges une ville, il faut au moins avoir le courage politique d’aller expliquer ses décisions. Ça vaut pour lui et pour ses conseillers. Dans l’affaire du pro-maire, M. Robert a été très discret jusqu’à maintenant. »

Douze candidats aux prochaines élections

« Je pense qu’un bon conseil municipal doit aller au-devant des citoyens et demander très franchement qu’est qu’on peut faire à Saint-Jérôme pour améliorer le sort de nos concitoyens.

Publicité

« On veut s’appuyer sur nos rencontres avec les gens pour ramener les décisions au conseil, pour qu’elles partent de la base. Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu ça à Saint-Jérôme, que ce soit sous Marc Gascon ou le présent maire, alors que généralement les décisions partent d’en haut et sont subies par la base. »

« Notre priorité pour les prochaines élections municipales c’est d’avoir 12 candidats, c’est-à-dire un dans chaque district. Pour l’instant, on ne vise pas nécessairement d’avoir quelqu’un à la mairie. On va avoir des discussions au cours des prochains mois à ce sujet. »

« Ce n’est pas le temps de décider si telle personne ou telle autre sera candidate: ce qui compte d’abord et avant tout c’est les idées. Ce qu’on veut, c’est des gens qui ont des idées à proposer et de voir dans quelle mesure les gens veulent appuyer ces idées-là. »

« C’est différent de ce qu’on voit habituellement au municipal où tout est fixé autour d’une personne, je tiens à préciser tout de suite que je suis le porte-parole. Officiellement, sur papier, je suis le chef. Par contre dans les faits on veut décentraliser le parti le plus possible pour s’assurer, comme je l’ai dit au début, que ça vienne de la base au lieu que ce soit un seul individu qui décide. »

« On veut d’abord aller chercher plusieurs membres. On est présents sur les réseaux sociaux, et on compte élargir notre cercle en discutant avec les gens et en multipliant les rencontres. Quand j’en parle avec des gens, que ce soit au cégep ou à la résidence de ma grand-mère, les personnes embarquent, autant les jeunes que les jeunes de coeur. »

« Nous avons déjà fait l’annonce de notre nouveau parti sur les réseaux sociaux et ça commence déjà à progresser. Je pense que les gens se sentent concernés. »

« C’est un peu ça l’approche que je voudrais avoir avec notre mouvement. Et quand je dis mouvement, c’est parce que c’est vraiment ce qu’on veut faire. On veut que ça parte des gens et que ça devienne un mouvement de masse. Ainsi on veut avoir un programme de qualité, et non décidé par deux ou trois individus à partir de calculs électoralistes. »

« Plus le temps va avancer, plus les gens vont nous connaître, plus ils voudront proposer des idées, et plus ils voudront peut-être s’impliquer. »

« On a réservé le nom auprès du Directeur général des élections. Maintenant, il fait recruter 50 personnes qui appuient la création du parti, ce que nous allons faire au cours des prochains jours dès qu’on aura reçu toute la documentation. »

Développer le coeur de la ville

Pour Marc-Olivier Neveu et son nouveau parti, il est urgent de freiner l’étalement. « Au lieu de déboiser et étendre la ville, il faut développer les zones actuelles », dit-il.

« Saint-Jérôme a plein de potentiel, mais il faut encourager un mode de vie urbain. La ville a son Quartier des arts et du savoir, mais au-delà du branding, qu’est-ce qui est fait? Pas de développement: où sont les entrepreneurs? Les bureaux? Les commerçants? Pourquoi pas un incubateur public avec des loyers réduits pour encourager les entrepreneurs à s’installer au centre-ville? »

« Il faut le dire. Juste baisser les taxes, c’est pas un projet de société. C’est pas le potentiel qui manque, c’est la volonté. »

« Une des solutions pour Saint-Jérôme, par exemple, c’est de favoriser la mixité. Par exemple le projet de tour d’habitation de 12 étages sur la rue Saint-Joseph c’est un super beau projet. Mais attention: on vient de privatiser définitivement un bout d’accès à la rivière, et je n’ai pas vu là-dedans de mixité sociale. »

« J’espère que les gens vont pouvoir y habiter avec le programme Accès-logis ou quoi que ce soit. Mais si on s’inspirait de ce qui se fait à Montréal, où chaque fois qu’une tour est construite, il y a un pourcentage d’unités qui sont ciblées pour des gens à plus faible revenu, là on ferait en sorte d’enrichir la ville et garder les résidents qui y sont déjà. On ne combat pas les ghettos de pauvres en les remplaçant par des ghettos de riches. »

>

Send this to a friend