fbpx
Politique

« À Saint-Jérôme, la période des questions ressemble à un bingo »

« La période de questions est rendue comme une partie de bingo! On pourrait croire que le maire Maher répond aux questions dans un ordre aléatoire, mais je suis plutôt convaincu qu’il répond dans un ordre que lui-même choisit. »

C’est en ces termes que le jérômien Richard Plouffe accuse le maire Stéphane Maher de brimer le droit de parole des citoyens et de ne pas respecter la démocratie en contrôlant de façon indue la période de questions.

« Depuis qu’il est maire de la ville de St-Jérôme, soit depuis 2013, il s’est souvent targué de porter plusieurs chapeaux. Parfois il se fait passer pour un comptable, pour un expert en gouvernance, pour un grand gestionnaire, mais je crois qu’il n’a jamais essayé le chapeau de la démocratie. Je pourrais même dire qu’il porte plus souvent celui de la démagogie », accuse-t-il.

Sa question écartée le 19 mars

Richard Plouffe avait une question à poser au conseil municipal lors de la séance du 19 mars. Il est arrivé tôt, expressément pour s’assurer d’être entendu.

« J’ai été le premier à soumettre une question ce soir-là, il n’y en avait pas d’autres quand je suis arrivé. J’ai même inscrit le chiffre «1» sur le coin de la page. Le maire n’a jamais abordé ma question. »

« J’ai aussi observé le dépôt des questions qui ont suivi les miennes pour réaliser que le maire choisit les questions sans égard à l’ordre dans lequel les citoyens les soumettent. »

Richard Plouffe est un habitué des séances du conseil municipal de Saint-Jérôme. Il lui arrive, à intervalles plus ou moins réguliers, de poser des questions.

Le 19 mars, sa question portait sur… la période de questions. Il voulait suggérer au maire de répondre aux questions dans l’ordre où elles sont soumises. Malgré une intervention énergique à la fin de la période de questions, le maire ne lui a pas accordé la parole.

Toujours en colère

Quelques jours plus tard, il ne décolérait pas à l’endroit du maire.

« À la séance du 19 mars, par ses agissements M. Maher a éveillé le justicier qui dormait en moi. Le maire dit toujours que les citoyens de Saint-Jérôme sont ses yeux et ses oreilles, ce que je peux lui dire c’est que ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. »

« Quand le maire dit à ceux qui n’ont pas passé à la période de questions que quelqu’un va les rappeler, c’est de la foutaise! Un de mes amis a été obligé de les relancer en les appelant 2 fois et n’a jamais eu de retour d’appel. Je crois qu’ils retournent les appels quand ils voient que ça n’implique pas trop de temps et d’argent.»

Richard Plouffe accuse le maire d’éviter systématiquement les questions qui le mettent dans l’embarras.

« À l’assemblée du 18 décembre 2018, une amie m’a appelé pour savoir comment s’y prendre pour poser une question au maire. Je lui ai dit qu’il fallait qu’elle arrive au plus tard vers 18h15 si elle voulait passer dans les dix premières personnes, puis écrire son nom et quel est le sujet de la question sur une feuille. Sa question portait sur le Quartier 50+ et l’augmentation des cartes de membre pour les personnes extérieures de la ville de Saint-Jérôme, vu qu’elle demeure à Sainte-Sophie. »

« Elle était la cinquième à s’inscrire sur 11 personnes. Mais comble de malheur, elle n’a jamais été appelée. Comme j’étais présent le soir du 18 décembre, je lui ai suggéré de retourner à la 2e période de questions. C’est ce qu’elle a fait. Elle a enfin pu exprimer son mécontentement. »

Une procédure floue

Il faut dire que depuis quelque temps, les citoyens doivent soumettre le sujet de leurs questions par écrit auprès d’une préposée installée à la porte de la salle du conseil. Les critères selon lesquels le maire choisit de répondre aux questions et l’ordre des réponses ne sont précisés nulle part.

Le site internet de la Ville de Saint-Jérôme fournit bien quelques indications, mais il indique aussi que les citoyens peuvent tout simplement se présenter au lutrin et poser leurs questions verbalement, ce qui n’est plus le cas.

En attendant la réponse du maire

TopoLocal a demandé au maire comment il détermine l’ordre des personnes qui se voient accorder le droit de poser des questions en début d’assemblée. Nous lui avons aussi demandé s’il y avait des critères de priorité et, si oui, où on peut les consulter.

Le maire Stéphane Maher

Nous lui avons aussi demandé s’il fait personnellement le tri des questions et sinon, qui effectue les choix.

Enfin, nous lui avons demandé pourquoi il ne répond pas simplement aux questions dans l’ordre où elles sont déposées le soir des assemblées.

Nous publierons ses réponses dès que nous les recevrons.

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
>

Send this to a friend