Personnes

Les journalistes de la région en deuil d’un collègue

Le milieu journalistique des Laurentides vient de perdre l’un de ses membres les plus appréciés. Jean-Patrice Desjardins a été emporté le 4 juillet à l’aube, par le cancer qu’il combattait depuis huit ans.

Le deuil sera partagé par les nombreuses personnes qui ont connu Jean-Patrice et parfois bénéficié de sa plume au cours de la vingtaine d’années où il a œuvré dans des médias de la région, qu’il s’agisse des journaux hebdomadaires Le Nord, Le Mirabel, L’Écho du Nord et Accès Laurentides, où encore au journal communautaire Ski-se-Dit de Val-David, la communauté où avait élu domicile en 1996 ce natif d’Amqui.

C’est dans sa région d’origine, la Matapédia, que Jean-Patrice avait amorcé deux ans plus tôt sa carrière médiatique au journal L’Avant-Poste, après un baccalauréat… en philosophie! Cette discipline humaniste transparaissait dans sa façon d’aborder son travail de journaliste et de mener sa vie personnelle. À sa façon, Jean-Patrice était un sage.

Jean-Patrice, au centre, avec ses collègues de L’Écho du Nord: Yolande Brasset et Henri Prévost.

Sa formation, à laquelle s’est plus tard ajoutée une maîtrise en éthique, il l’a également mise en pratique de façon plus concrète pendant les années où, mettant en veilleuse sa carrière journalistique, il a travaillé dans le domaine de la recherche, dans le cadre d’un partenariat entre le Laboratoire d’éthique publique de l’École nationale d’administration publique et l’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval.

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Modèle d’affabilité et de discrétion, Jean-Patrice affichait tout de même un côté givré dont témoignait son grand intérêt pour la musique.

Il affectionnait particulièrement le heavy metal, un style que le guitariste en lui a d’ailleurs pratiqué. Ses vastes connaissances dans ce domaine auront alimenté bien de savants échanges avec les musiciens que son rôle de journaliste l’amenait à côtoyer et avec ses amis, anciens ou plus récents, qui partageaient aussi cette passion.

Avec la photographe Élaine Nicol, le soir où on lui a remis le JiPi Express.

Jean-Patrice était une pièce d’homme. Ce qui explique peut-être que la vilaine maladie n’en a pas fait qu’une bouchée, mais a mis huit ans à le vaincre. Frappé par le terrifiant diagnostic à l’âge de 40 ans seulement, notre collègue a ensuite fait preuve d’un courage et d’une résilience hors du commun. Il a d’ailleurs continué à travailler jusqu’à la fin de l’an dernier, au gré des sursauts de la maladie et des aléas qu’a connus la presse régionale.

Il y a quelques mois à peine, alors que le mal se pointait de nouveau après une accalmie bienvenue, ses collègues et ex-collègues du monde journalistique lui avaient rendu un émouvant hommage en produisant un petit journal fictif, le JiPi Express, où chacun avait pu lui exprimer ses sentiments, parfois timidement sous forme d’humour mais aussi en mots doux.

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Est-ce à cause de ce témoignage d’amour et d’appréciation? Toujours est-il que Jean-Patrice a connu ce printemps une période positive, à la faveur d’un nouveau traitement qui lui aura procuré un peu plus de temps, à défaut d’être prometteur à long terme.

Alors que le verdict de non-retour était finalement prononcé, il a profité des dernières semaines pour visiter et recevoir de nombreux amis et collègues, tout en maintenant une présence assidue sur sa page Facebook, afin d’y puiser l’énergie pour passer au travers de cette ultime étape. Et aussi, il faut bien le dire, pour faire ses adieux.

S’il manquera à ses amis et à ses ex-collègues, Jean-Patrice laissera d’abord un grand vide dans sa famille, surtout pour ses enfants Tanaïs, Alexi et Loïc, ainsi que leur mère Magalie.

  • Julie Leclerc dit :

    J’ai travaillé avec Jean-Patrice en 2002 au journal Ski-se-Dit. Ce fut mon premier collègue journaliste. oui c’est vrai il écrivait avec justesse. Je l’avais croisé à l’hôpital il y a quelques années… en espérant que ce ne soit pas trop grave, mais il ne me donna pas trop de détails. Mes condoléances à toute la famille et amis. xxxxx

  • André Lamoureux dit :

    Sincères condoléances à la famille, parents et collègues de Jean-Patrice, et merci pour ton bon travail et dévouement pour la communauté !

  • Henri Prévost
    Journaliste d'expérience, Henri Prévost couvre Saint-Jérôme et les Laurentides depuis 40 ans.
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