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Une subvention de 1,4 M$ pour remplacer les pesticides à Mirabel

Une équipe de chercheurs à Mirabel développe des solutions de rechange aux pesticides pour les entreprises agricoles, et vient de recevoir une importante aide du gouvernement fédéral.

L’objectif est de réduire l’impact des pesticides sur l’environnement, de réduire les dégâts aux cultures, et de mettre au point des pratiques qui augmentent la productivité et la rentabilité. Le tout en respectant les écosystèmes qui permettent aux fruits et légumes de pousser.

Ottawa a annoncé le 15 août que Agriculture et agroalimentaire Canada versera 1,4 millions de dollars au Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM) pour développer des solutions utilisables dans les champs et aussi dans la production de fruits et légumes en serre.

L’annonce a été faite par Jean-Claude Poissant, secrétaire parlementaire de la ministre Marie-Claude Bibeau.

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Plusieurs moyens de combattre les insectes

Le centre de recherche divisera ses travaux en quatre thèmes, soit la lutte physique aux insectes, la lutte biologique, la biodiversité et la génétique.

En termes concrets, cela se traduit par le développement de pièges pour capter les insectes ravageurs et les éloigner des récoltes, ou en favorisant la présence d’insectes qui sont des ennemis naturels ou des prédateurs de ces insectes nuisibles.

On étudie aussi l’option d’aménager les fermes pour utiliser la biodiversité, soit en multipliant les espèces cultivées dans un même champ plutôt que de livrer de vastes terrains à la monoculture. Cette façon de faire évite que les insectes s’adaptent et deviennent des ennemis spécialisés d’une seule culture, ce qui implique donc une étude de leur génétique et de leurs comportements.

Plus les cultures deviennent spécialisées, plus on découvre des insectes ravageurs qui s’adaptent aux pesticides et continuent d’avoir des effets néfastes.

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Caroline Provost.

« De plus, affirme Caroline Provost, directrice du CRAM, réduire utilisation de pesticides minimise l’impact sur la qualité de l’eau, de l’air, et sur la faune qui en dépend, en plus de limiter les dommages aux récoltes. »

La recherche au service de l’agriculture

De son côté, Jean-Claude Poissant a tenu à souligner l’importance de la recherche et du soutien technologique en agriculture « lorsque j’ai commencé en agriculture avec mon père, nos vaches produisaient environ 4500 kilos de lait chacune. »

« Aujourd’hui, grâce à la recherche, l’innovation, la génétique le bien-être animal et l”alimentation de qualité, le troupeau est rendu à 12000 kilos de moyenne. Nos champs, qui rapportaient 2 tonnes de maïs à l’acre sont rendus à 4,2! On voit que la recherche est un incontournable en agriculture, autant en serre qu’en grande agriculture, l’innovation nous permet de suivre l’ensemble de l’industrie. »

Jean-Claude Poissant annonçait la subvention au nom du gouvernement du Canada.

« L’innovation a aussi rendu notre agriculture plus verte. Les agriculteurs ont aujourd’hui en main des outils pour minimiser leur impact environnemental: des drones, des applications numériques, et toutes les données de l’agriculture de précision par satellite. Tous ces progrès, on les doit à l’innovation qui se fait dans des centres comme le CRAM. »

Le représentant de la ministre en compagnie de la chercheure Geneviève Labrie.
M. Poissant écoute avec attention les explications de François Dumont, chercheur au CRAM.

Il a ajouté que les programmes d’aide du ministère permettent aussi aux agriculteurs de regarder vers l’avenir et de s’adapter aux changements climatiques. Il a aussi rappelé que l’agriculture représente plus de 500 000 emplois au Québec.

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Un centre de recherche en plein coeur de Mirabel

Le CRAM est un centre de recherche à but non lucratif qui offre des services de recherche et de technologies en horticulture et en agroalimentaire. Sa mission est de permettre aux entreprises agricoles de profiter de ses travaux.

Pour l’industrie agricole, les défis sont importants: il lui faut respecter l’environnement et s’adapter aux changements climatiques tout en maintenant sa rentabilité et sa capacité de produire les denrées dont les marchés ont besoin.

Sur les murs du CRAM, un herbier recense diverses sortes d’herbes qu’on retrouve à Mirabel.

Le CRAM travaille en étroite collaboration avec les pomiculteurs, les producteurs de fraises et framboises, le Conseil des vins du Quebec, les exploitants de serres, dont Savoura, et de nombreux autres entreprises agricoles, ainsi qu’avec Mirabel Économique, un service de la Ville de Mirabel.

Le CRAM vient d’ailleurs de terminer un important mandat de recherche sur la valeur nutritive des insectes.

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