Éducation, Opinions, Politique

Plaidoyer pour le maintien de la démocratie scolaire

Jean-Pierre Joubert, actuel président du conseil des commissaires de la Commissions scolaire de la Rivière-du-Nord, a fait parvenir aux médias une lettre où il s’inquiète des conséquences de la transformation des commissions scolaires par le ministre de l’Éducation, prévue cet automne. Nous la reproduisons ici.

« Nous choisissons de faire de la politique scolaire parce que nous avons à cœur les intérêts de nos jeunes, parce que nous souhaitons faire une différence et contribuer à leur réussite. Nous sommes les fiers représentants des citoyens des dix circonscriptions de notre territoire et nous connaissons les réalités de notre région. Nous sommes à l’écoute des attentes de nos concitoyens, de leurs besoins, tout comme nous sommes à l’écoute de nos parents et de nos milieux d’apprentissage. »

« Le gouvernement envisage de priver notre communauté d’une gouvernance de proximité dont les représentants se dévouent totalement à la réussite des élèves. Nos actions concertées visent, entre autres, la planification des services éducatifs de qualité pour l’ensemble de nos élèves et la répartition équitable des ressources entre tous les établissements de la commission scolaire. La connaissance que nous avons de nos services, de nos établissements, de leurs enjeux, de leurs défis et de leurs réalisations, notre connaissance de la clientèle, des membres de notre personnel et de notre population sont des atouts essentiels quand vient le temps de déterminer les orientations stratégiques et les moyens à mettre en œuvre pour accroître la réussite de nos élèves. Cette réussite, faut-il le rappeler, se répercute sur l’ensemble de notre communauté en contribuant à son développement socio-économique. »

« Peut-on vraiment se priver de cette expertise en matière d’éducation? Est-ce que démanteler une composante démocratique essentielle à la prise de décisions justes et équitables, représentatives des besoins qui émanent du milieu est une solution pour soutenir plus efficacement nos jeunes dans leur réussite? »

Services locaux

« N’est-il pas plus important de parler de pénurie de main-d’œuvre, et surtout, des moyens à mettre en place pour y remédier? Ne vaudrait-il pas mieux investir de l’énergie à remettre l’éducation au cœur des priorités de l’ensemble des citoyens du Québec? À mobiliser les membres de notre communauté autour de l’école grâce à l’impact positif qu’ils peuvent avoir sur les élèves? À soutenir nos parents quant au rôle important qu’ils ont à jouer à titre d’accompagnateurs dans la réussite de leur enfant? Ne peut-on pas profiter de l’expérience et de l’engagement des élus pour propulser l’éducation à un niveau supérieur? »

« Nous croyons que oui et c’est pourquoi nous demandons au gouvernement et à son ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, M. Jean-François Roberge, de ne pas précipiter les choses en campant, dans un projet de loi, des actions qui pourraient s’avérer néfastes pour l’avenir de l’éducation au Québec. Prenons le temps d’y réfléchir, ensemble, et de voir comment unir nos efforts au profit de notre jeunesse et de son avenir. »

Pour les membres du conseil des commissaires de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord,

Jean-Pierre Joubert, président

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Croyez-vous que les élus scolaires permettent vraiment d'offrir un meilleur système d'éducation?
  • gilles dit :

    sauver des $$ en éliminant un palier de papacerie inutile a mon avis

  • Leroux Loyola dit :

    Dans la cas présent des élections scolaires, ou personne ne vote, parler de démocratie scolaire est presque un oxymoron.

  • Normand dit :

    Une vrai perte de temps ses élus, le pouvoir doir revenir à chaque école et son conseil d’établissement.

    Le ministère devra attribuer un montant en fonction du nombre d’élèves et de ses services et rendre des comptes.

    La démocratie doit se faire à la base et sortir ses ronds de cuir.

    L’argent doit servir pour nos enfants pour une bon service éducatif.

  • Damien Lafreniere dit :

    Il est triste de voir les gens heureux de redonner leur pouvoirs au gouvernement provincial, un pouvoir de parole, un pouvoir de critique, une ressource de proximité pour répondre à des besoins particulier. On se fait dire indirectement qu’on anpas un mot à dire dans l’organisation scolaire de nos enfants, qu’ on n’assurera plus la distribution équitable des ressources en éducation ennprenant compte des différentes réalités de nos milieu. Que n’aurons plus de représentants élu et redevable au peuple vers qui se tourner quand la réussite de nos enfants est compromise, quand une école de cartier ou de village est en danger de disparaître. On se fait dire par le.Ministre Roberge que nos droit démocratique est comme.un caillou dans son soulier, donc les droits du peuple dérange…. Le tout pour un coût de moins de 20$ par année par compte de taxes. Et.sera.remplacer par une administration redevable au ministère qui en coûtera certainement plus cher si on se fie à l’expérience non réussie du Nouveau-Brunswick. Une Nation intelligente se baserait sur des.expériences positives telles des élections scolaires simultanés avec les élections municipales comme d’autres provinces, qui en ont déjà prouvé le succès.

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