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Pas pour tout de suite, une maison de répit Gilles-Carle dans les Laurentides

La chanteuse et comédienne Chloé Sainte-Marie, avec son conjoint, le cinéaste Gilles Carle, peu de temps avant le décès de celui-ci en 2009. Photo par Pierre Dury

Alors qu’on l’espérait au début de 2019, l’ouverture d’une maison de répit-hébergement pour les personnes souffrant de dégénérescence cognitive ne semble pas à la veille de se concrétiser dans les Laurentides.

En janvier 2018, TopoLocal avait fait état d’un projet de la Fondation Maison Gilles-Carle et de l’organisme Massilia Ma Maison, de Prévost, prévoyant l’implantation d’une telle ressource d’hébergement temporaire dans cette ville.

À l’époque, la directrice de la Fondation affirmait qu’un terrain potentiel avait été identifié et que le plan d’affaires était complété, en vue d’un investissement estimé à 2 M$.

L’établissement de Prévost devait être la troisième Maison Gilles-Carle à voir le jour, après celle de Cowansville, ouverte en 2012, et celle de Boucherville, dont l’ouverture était prévue à l’automne 2018. Rappelons que le concept de ces établissements, destinés à offrir un répit aux proches aidants, a été mis sur pied à l’initiative de la chanteuse et comédienne Chloé St-Marie, en mémoire de son conjoint, le cinéaste Gilles Carle, décédé de la maladie de Parkinson.

Or, le projet de Prévost, qui devait comprendre une douzaine de chambres, ne s’est finalement pas concrétisé et l’accord conclu entre les deux organisations n’a pas eu de suite.

Québec appuie la fondation

Il faut dire que les paramètres de mise en place de ce réseau de maisons de répit auraient passablement changé, notamment avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement de la CAQ à Québec. Celui-ci n’en a pas moins donné un appui concret à la Fondation Maison Gilles-Carle, soit une aide financière de 200 000 $ pour organiser la mise en place de huit maisons d’ici 2021.

Depuis le début de 2019, l’ancienne directrice de la maison de Cowansville, Christelle Bogosta, a été mandatée par la Fondation pour piloter ces projets.

Contactée par TopoLocal, celle-ci n’était pas en mesure de préciser pourquoi celui de Prévost n’a pas abouti, puisqu’elle n’était pas en poste à l’époque. Il nous a en outre été impossible de joindre Marlène Chapey, responsable de l’organisme Massilia Ma Maison qui était le partenaire local du projet et dont le site web n’est d’ailleurs plus actif.

Quant à savoir si d’autres options sont envisagées pour le territoire des Laurentides, Mme Bogosta affirme que des pourparlers sont en cours « avec plusieurs partenaires », sans toutefois pouvoir assurer qu’ils aboutiront dans le cadre des huit implantations prévues d’ici deux ans.

Quatre autres projets sur les rails

Alors que la maison de Cowansville demeure la seule en opération actuellement, quatre autres doivent voir le jour d’ici les prochains mois à Boucherville, Saguenay, Montréal et Shawinigan.

Mme Bogosta explique que le développement de ce réseau de ressources s’appuie dorénavant sur une vision plus traditionnelle. L’organisme associé à chacun des projets doit s’assurer de la collaboration de son milieu et obtenir du gouvernement un financement récurrent, via les programmes de soutien existants, pour le fonctionnement de sa maison.

En revanche, aucune aide gouvernementale n’est prévue pour les immobilisations. « Ça revient à chaque communauté concernée de s’impliquer à ce chapitre, par exemple avec des investissements privés et des collectes de dons », précise Mme Bogosta.

La Fondation Maison Gilles-Carle elle-même n’est pas en mesure de fournir du financement. Son rôle se limite plutôt à développer l’approche et le modèle des maisons, ainsi qu’à soutenir la mise en place des projets qui émanent de la communauté. Son objectif est d’implanter une vingtaine d’établissements en dix ans. Plusieurs éléments, tels que la situation géographique, l’accessibilité et les services existants dans la région concernée, sont considérés.

La future députée de Prévost Marguerite Blais, le 8 mai 2018, alors qu’elle confirmait qu’elle serait candidate pour la Coalition avenir Québec. Cinq mois plus tard, c’est le parti qui allait former le gouvernement du Québec, avec François Legault comme premier ministre.

Chloé Sainte-Marie était présente lorsque Marguerite Blais confirmait sa candidature pour la Coalition avenir Québec, le 8 mai 2018 à Saint-Sauveur, en compagnie du futur député de Saint-Jérôme Youri Chassin et la députée de Mirabel, Sylvie D’Amours.

La ministre Blais garde l’œil ouvert

Soulignons que la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, incidemment députée de Prévost, est particulièrement impliquée dans ce dossier qui rejoint ses préoccupations bien connues à l’égard des proches aidants. Cela dit, pas question pour elle d’intervenir directement en faveur d’un projet de Maison Gilles-Carle dans la région des Laurentides.

« Mme Blais ne veut évidemment pas politiser ce dossier et entend laisser la Fondation faire son travail pour identifier les projets, en fonction des besoins et des ressources », explique la porte-parole de la ministre, Marjaurie Côté-Boileau. La députée de Prévost n’en est pas moins très sensibilisée à ce dossier et souhaite, comme bien des gens, qu’une telle maison de répit soit un jour offerte dans la région.

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