Élections, Politique

Joey Leckman: le goût de faire de la politique autrement …vraiment

Joey Leckman fait de la politique par conviction. Et comme ce fut le cas en 2015, il est le candidat du Parti vert aux élections fédérales de 2019 dans Rivière-du-Nord.

Résident de Prévost, il est membre du conseil municipal de sa ville, où il défend avec vigueur le développement durable et se préoccupe activement de tous les dossiers environnementaux. Il cultive un grand jardin ( quand on a même des figues, à Prévost… ) conduit une auto électrique, et, la plupart des jours, il se rend à son travail au Cégep de Saint-Jérôme en vélo, via la piste du P’tit train du Nord.

Au cégep, il occupe un poste à temps partiel où il coordonne les activités de développement durable du collège. En bon candidat vert, il réutilise ses affiches électorales d’il y a quatre ans.

« Les gens doivent aller voter »

En 2015, Joey Leckman avait obtenu un peu plus de 1400 voix, sur 57 000, soit 2,5% des votes. TopoLocal a abordé la rencontre avec Joey Leckman en parlant d’abord de 2015… et de stratégie électorale. « Où comptez-vous gagner davantage de votes ? »

« Je pense d’abord aux 53% des électeurs qui ne sont pas allés voter, ce qui est énorme, a-t-il répondu. Je le rappelle tout le temps, les gens sont tannés, mais ils ne font rien pour que ça change. »

« Au final, je pense qu’on est le seul parti qui peut véritablement changer la façon dont la politique est faite. »

Il croit que la population a raison de n’attendre aucun changement de la part des vieux partis. « Ils ont beau répéter sans cesse la même cassette, ça fait 150 ans qu’il y a deux partis essentiellement au pouvoir qui se partagent ça, et puis rien ne bouge. »

Joey Leckman lors du lancement de sa campagne, le 5 septembre.

« Comme pays, je n’irais pas jusqu’à dire qu’on est mal en point, mais je ne suis pas satisfait de la façon dont on se comporte. C’est pour ça que je suis en politique. On peut et on doit faire mieux. Comme je l’ai dit au lancement de ma campagne, si je nous compare avec la Norvège, un pays qui nous ressemble, ils ont une démocratie en santé, un fonds des générations de plusieurs milliards, et surtout, une vision. »

Il ajoute qu’un pays comme la Norvège qui décide par exemple, de se lancer dans le solaire, a les moyens de le faire grâce à son fonds des générations, qui lui donne les leviers nécessaires pour transformer son économie.

L’exemple de la Norvège n’est pas un hasard. Le candidat du Parti vert a décidé qu’il voulait parler d’économie lors de cette campagne. Trop de personnes voient la protection de l’environnement et la prospérité économique comme des forces opposées, selon lui. Au contraire, la transformation vers une économie verte peut créer des emplois, ouvrir des nouveaux marchés, et contribuera aux générations futures. C’est l’ABC du développement durable.

Le Parti vert aborde tout cela dans son programme économique intitulé Mission possible, qui affirme que le Canada doit d’abord reconnaître l’urgence climatique, créer un cabinet avec des représentants de tous les partis, définir des cibles plus exigeantes et respecter les données scientifiques.

« Le Parti vert dit qu’Il y a une mission possible, celle de créer de l’emploi en virant au vert, en isolant des maisons, en transformant nos sources d’énergie, en prenant en même temps des meures pour limiter les GES. Tout ça et bien d’autres éléments encore de notre programme, l’électrification des transports par exemple, ça va créer de l’activité économique. »

« Il faut agir maintenant »

« Quand je me suis impliqué au Parti vert, je voyais un marathon de 12 ans. Malheureusement, il faut aller plus vite que ça. Aujourd’hui on est à un point de retour, le consensus du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat(GIEC), c’est qu’on a maintenant dix-huit mois pour se mettre à agir. »

Joey Leckman souhaite que le Parti vert soit en mesure de canaliser une vague politique comparable à celle produite par le NPD sous Jack Layton en 2011. Il fait le constat que parmi les formations politiques capables de prendre le pouvoir, il n’y a pas d’options viables.

Prenant la parole lors du lancement de la campagne de Leckman, Daniel Green a affirmé que tous les ingrédients sont réunis pour déclencher une vague verte semblable à celle qui avait favorisé le NPD en 2011.

« Aux dernières élections, les gens ont cru à Trudeau, mais trois de ses grandes promessses, soit la réforme électorale, l’environnement et le dossier autochtone, sont des grands échecs. Bien sûr, le NPD s’est fait élire ici il n’y a pas si longtemps, et je partageais beaucoup des valeurs de Pierre Dionne Labelle, qui a été selon moi un excellent député, mais le NPD semble avoir perdu la capacité de mobiliser les gens. »

« Soudainement, à travers toutes ces options plus ou moins intéressantes, on sent que le Parti vert est une option sérieuse. Un temps les gens rationalisaient de ne pas voter vert en se disant qu’on ne gagnera pas, mais de plus en plus, on est une alternative. »

Le maire de Prévost Paul Germain, qui compte d’ailleurs Joey Leckman dans son équipe politique municipale, n’a d’ailleurs pas hésité à se ranger derrière lui lors du lancment de sa campagne le 5 septembre dernier.

Le maire de Prévost Paul Germain estime que Joey Leckman « ferait un excellent député ».

Toutes les personnes présentes ont compris que le maire ne faisait que feindre de suivre la règle non-écrite selon laquelle un maire ne doit jamais se prononcer en politique fédérale. Paul Germain a invoqué l’urgence climatique pour expliquer pourquoi Joey Leckman « a toutes les qualités pour être un excellent député ».

Une politique plus civilisée

Joey Leckman rève de débats politiques matures entre gens de bonne volonté. Son propos rappelle le programme du Parti vert qui promet un leadership « honnête, éthique et bienveillant ».

Il ajoutait: « Le Parti vert a soumis des propositions pour changer la Chambre des communes, et cesser la comédie politique qui s’y déroule. Des idées simples, comme par exemple asseoir les députés en ordre alphabétique plutôt que de les regrouper par partis. Déjà il y aurait moins de cris et de chaos futile. »

« La période de questions, également, est devenue un jeu où les partis essaient de s’enfarger les uns les autres. Le Parti vert souhaite que les questions soient écrites et transmises d’avance, pour avoir des réponses recherchées et fouillées plutôt que de se tendre des pièges constamment. »

« Les vieux partis défendent souvent les entreprises en disant que la prospérité économique va ruisseler vers le bas. Je crois que ça ne marche pas. Nous ne faisons pas de la politique d’attaque, pas la joute de l’adversité. Je crois que contrairement à l’illusion de prospérité des vieux partis, les valeurs du Parti vert pourraient vraiment ruisseler vers la population. »

Une politique plus « locale »

« Je lisais récemment que la part du lion des revenus fiscaux, l’ensemble des taxes que nous payons, vont au fédéral et au provincial. Dans les faits, les municipalités, qui sont les gouvernements les plus proches des gens, en touchent seulement 8%. C’est complètement anormal », a-t-il dit.

« Je rêve d’une économie locale. Pas un retour aux années 1950 ou une lubie de granola, mais une vraie vie collective. Chez moi, pour tondre la pelouse, je paie un québécois qui réside dans ma ville plutôt que de m’acheter une tondeuse fabriquée en Chine. C’est des petits gestes qu’on peut multiplier. Une économie ou on se connaîtrait et on se côtoierait. Il me semble que ce n’est pas fou de penser ainsi. »

« J’invite les gens a regarder à un niveau plus local. Y’a des gens qui me disent: J’ai voté pour Trudeau! Je leur dis non. Y’a juste les gens de Papineau qui ont voté pour Trudeau. »

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