Élections, Politique

Sylvie Fréchette veut ramener la fierté dans Rivière-du-Nord

L’annonce de la candidature de Sylvie Fréchette pour le Parti conservateur dans Rivière-du-Nord en a surpris plus d’un. Encore au mois d’août, on discutait de candidats potentiels pour les conservateurs, qui misent beaucoup plus sur le Québec pour obtenir des sièges à Ottawa que ce n’était le cas en 2015, alors que le candidat n’a même jamais mis les pieds dans la circonscription.

Cette fois, on a affaire à une candidate déjà connue du public en la personne de Sylvie Fréchette. Une athlète olympique médaillée, impliquée et installée dans la région depuis 15 ans, entre autres par son oeuvre d’entraîneure en nage synchronisée.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a même pris le temps de passer la saluer le dernier mercredi de la campagne, alors que les conservateurs et les libéraux étaient nez à nez dans les sondages et que personne ne veut se prononcer pour dire quel parti formera le prochain gouvernement du Canada.

Voici notre entrevue avec Mme Fréchette, réalisée le lundi 14 octobre 2019 dans un café du centre-ville de Saint-Jérôme.

Comment trouvez-vous votre première campagne électorale?

« C’est un long marathon. Je mentirais de dire que l’énergie est au top tout le temps, mais mon bonheur, ça, c’est dans l’piton pas mal. Je ne savais pas ce que c’était une campagne électorale, et on me disait que ce serait difficile.
Ma grande surprise, c’est à quel point c’est humain. Je pensais “Ah, de la politique…” mais pas du tout! Ma campagne à moi, c’est des rencontres humaines et des échanges humains, un grand respect. »

Elle a visité de nombreux organismes communautaires au cours des six dernières semaines et elle a appris à connaître encore mieux l’endroit où elle vit. « Je pensais que je connaissais mon milieu de vie, mais j’ai découvert tout un monde d’entraide et de générosité », dit-elle en parlant entre autres de la fierté des gens, autant pour ceux qui donnent que ceux qui reçoivent de l’aide alimentaire.

« Comme j’aime le monde, j’ai maintenant une obligation d’aller vers les gens. Ça ne paraît pas nécessairement, mais je suis une personne timide. Pour ma première journée de porte-à-porte, je tremblais des mains, j’avais mal au ventre. J’ai rencontré beaucoup de monde depuis et je ressens encore un peu de trac, mais je sais que de l’autre côté, je vais vivre quelque chose de riche. »

« Ça va au-delà de ce que je peux espérer, je ne savais pas du tout que ça impliquait ça de vivre une campagne électorale. Ça me nourrit énormément et ça me donne encore plus le goût d’être élue. »

« J’ai vu à quel point les gens sont généreux. Une fois qu’ils ouvrent la porte chez eux, ils m’accueillent. On a des échanges incroyables, mais les gens s’ouvrent aussi. Ma vie est changée pour toujours. Je ne serai plus la même personne, c’est certain. »

Et le fait d’être déjà connue des gens, est-ce que leur perception a changé maintenant que vous êtes en politique?

« Il y a une espèce de côté tendre ou familier quand les gens s’adressent à moi. Ça me fait chaud au coeur. J’avais aussi une perception pas nécessairement positive des politiciens avant. Ils me disent: “Là, si tu nous mens, on va te le dire.” Je leur réponds: “Vous viendrez me le dire, je vais le mériter. Mais si j’essaie de faire quelque chose et que ça ne fonctionne pas, je vais le dire aussi. J’ai essayé et ça n’a pas fonctionné. Aidez-moi, on va trouver une autre stratégie. Va falloir qu’on travaille ensemble.” »

« Les gens se sentent le droit de venir me voir et veulent savoir pourquoi et comment je vais m’y prendre. Il y en a beaucoup qui me disent: “On te connaît, on t’a vue te battre et te tenir debout. On sait que tu vas être capable.” »

« Quand on me voit à la télé, je parle comme je parle et mes petites dents sont pareilles. On dirait que les gens me connaissent déjà. S’ils apprécient ce qu’ils connaissent, c’est un avantage pour moi. »

Elle a aussi affaire à des gens qui sont déçus de la voir en politique, dit-elle. « Mais Sylvie, t’es bien trop fine pour ça. Je leur réponds que si on laisse toujours le même type de personnes se présenter, on va toujours avoir le même type de politiciens. Moi, je suis une vraie mère de famille qui fait son épicerie, qui paie ses comptes et qui travaille encore pendant la campagne électorale. »

« Je vais essayer de représenter les gens comme moi, je veux comprendre comment ça fonctionne pour aller en tirer tout ce qu’on peut pour l’emmener chez nous mais aussi faire rayonner notre comté. »

« Je trouve qu’on n’est pas assez fiers. On manque de fierté pour tout ce qui se fait ici. Je découvre des perles. Comment ça se fait que Lion vend des autobus en Californie et qu’il n’en vend pas en Ontario, au Manitoba ou en Saskatchewan? Plus on va rayonner, plus tout va être tiré vers le haut. Pour moi, le rayonnement et la fierté, il faut qu’on se l’approprie dans notre comté. »

Pourquoi le Parti conservateur?

« Pour moi, il y a les grandes lignes de parti, mais aussi ma responsabilité de représenter le comté. L’idée du Parti conservateur qui reconnaît le Québec comme une nation dans un Canada uni, ça me convient. »

« Je pense aussi que revenir à un équilibre budgétaire, c’est positif. Après, c’est où tu coupes et comment tu t’y prends que la vision peut être qualifiée de négative ou positive. »

« Il y a aussi le lieutenant du Québec, Alain Rayes, que j’ai rencontré, et j’ai réalisé que le Parti conservateur est dans un tournant en ce moment. Le quebec a une voix et le chef, M. Scheer, veut savoir ce qui se passe ici. Alain a choisi ses candidats et il a formé son équipe Québec. Je sens que je fais partie d’une équipe et ça me fait plaisir parce que c’est vrai qu’on est différents, ici. »

« Chaque province devrait avoir ça, mais je suis contente que ce soit de même chez nous parce qu’on est probablement plus différents que les autres. »

« Je suis fière de ma rivière du Nord, je suis une fière prévostoise. J’ai été ici à Saint-Jérôme, j’ai eu des tournois de soccer à Sainte-Sophie. C’est moi ça, c’est mon milieu de vie. À chaque été, je me promène dans des compétitions au Chili, en Argentine avec mon Équipe Québec mais tu sais quoi, quand mon hymne national joue, même aux Panthères, je me tiens droite et j’ai la chair de poule. Pour moi, c’est un parti qui représente bien ça et la personne que je suis. »

« Dans le programme, un gouvernement conservateur redonnera du pouvoir aux premiers ministres des provinces, M. Scheer leur fait confiance. En fait, au lieu de la centralisation ou de la séparation, c’est vraiment de la collaboration. Pour moi , c’est un tournant pour le Parti conservateur. »

Mme Fréchette en compagnie d’Alain Rayes, lieutenant conservateur du Québec, et Angelo Esposito, devant l’aréna Melançon à Saint-Jérôme.

Et à propos des opinions de son chef sur les droits des femmes?

« Lui il est pro-vie, moi je suis pro-choix mais on est d’accord qu’on rouvrira pas le débat. Moi ce que j’aime du Parti conservateur sur des positions comme ça, c’est que c’est un des rares partis qui n’est pas hypocrite. On partage nos opinions, on se donne la main et on travaille ensemble. »

« Je sais très bien que dans d’autres partis si tu t’ouvres la trappe, tu es mis dehors. C’est ça la démocratie? C’est ça, le Canada? Ce n’est pas le Canada dans lequel je veux vivre. »

« Je suis contente de nos lois, du mariage gay et tout ça. On est dans un monde qui change et nos lois suivent. Au niveau mondial, on est assez avant-gardiste mais il faut reconnaître qu’on ne progresse pas tous à la même vitesse. »

« J’ai grandi dans un milieu artistique au coeur de Montréal, dans les ruelles, avec dans ma famille des personnes homosexuelles et tout ça. Pour moi, ce n’est même pas une question. Mais pour quelqu’un qui n’a jamais été exposé à ça, c’est différent. Tu sais, tu n’as qu’à travailler au Cirque du Soleil et tu en vois de toutes les couleurs… Mais c’est tellement magnifique et je suis contente que mes filles aient grandi là-dedans. Mais il y a des gens qui n’ont pas été exposés à ça. »

« Moi, c’était l’anglais. Je n’ai pas été exposée à l’anglais avant d’être adolescentes alors que d’autres étaient complètement bilingues. Ça dépend dans quel contexte tu as été élevée. Je suis bien avec ça qu’on ne soit pas tous de la même couleur, de la même affaire, de la même sorte tout le temps, mais qu’on suive le courant et qu’on soit des députés et des ministres d’aujourd’hui et qu’on avance dans la direction que les citoyens canadiens nous demandent d’avancer. »

« Prête à passer à l’autre étape »

« J’ai un engagement de moi envers moi et de moi envers mes filles. Je veux grandir et je veux évoluer mais je veux rester intègre et honnête. J’ai des valeurs et des principes qui sont importants, c’est mon ADN. »

« Depuis qu’elles sont toutes petites, je leur dis quand elles se couchent le soir que quand on se couche le soir, il faut être bien dans son coeur et dans sa tête. Ça dort tellement mieux. »

« On peut faire des erreurs, c’est clair que je vais me mettre le pied dans la bouche une fois ou deux et que je vais glisser sur une pelure de banane. En même temps, je pense que c’est humain, de le reconnaître. »

« On peut se parler, on est des adultes. Surtout en politique, on veut tous la même affaire. On veut le bien-être des gens qui ont voté pour nous, ceux qui résident dans notre comté, les gens de notre pays. Pour moi, c’est une mission et ça peut devenir ma job le 22… peut-être le 23 parce que le 22, je vais sûrement dormir! »

« Mais j’ai comme hâte là, je suis prête a passer a l’autre étape. J’ai le goût d’être députée. J’ai hâte d’apprendre, de découvrir. J’ai hâte de prendre parole et de représenter mon comté. Ce n’est pas un grand territoire, mais il y a assez de diversité, les forêts et les lacs à Saint-Hippolyte, les familles de Prévost, à Sainte-Sophie et Saint-Jérôme c’est aussi complètement autre chose. Mais je voudrais qu’on puisse tous être fiers d’habiter dans Rivière-du-Nord J’te l’dis, on n’est pas assez fiers! »

  • yvon lamoureux dit :

    je lui fais confiance

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