Élections, Politique

Rhéal Fortin veut continuer à défendre Rivière-du-Nord et le Québec

Rhéal Fortin a marqué le retour du Bloc québécois dans la circonscription de Rivière-du-Nord en 2015, après quatre années où le Nouveau parti démocratique avait fait élire Pierre Dionne Labelle en 2011.

En plus de son travail de député, M. Fortin a traversé les mouvements de la chefferie de son parti ces quatre dernières années et le nouveau chef, Yves-François Blanchet, est venu le visiter dès les premier jours suivant sa nomination, en janvier 2019.

Rhéal Fortin et Yves-François Blanchet, lors de l’ouverture de son local électoral.

Les trois priorités du Bloc pour cette campagne sont l’environnement, l’identité et le développement économique des régions. S’il faisait élire au moins 12 députés le 21 octobre au lieu des dix de la dernière élection, le parti formerait alors un groupe d’opposition reconnu à la Chambre des communes, ce qui ferait « décupler » les possibilités, les temps de parole, le nombre de questions et les moyens du parti pour suivre le gouvernement, aux dires du député sortant.

La perspective d’un gouvernement minoritaire pourrait aussi donner un levier important aux députés du Bloc québécois, qui se verraient ainsi en mesure de négocier des dispositions « dans l’intérêt du Québec » pour faire adopter des projets de loi.

Notre entrevue avec Rhéal Fortin a été réalisée le 24 septembre 2019 à son local électoral de la rue Saint-Georges à Saint-Jérôme.

Vous êtes prêt pour un deuxième mandat?

« J’aime ça suffisamment pour me rembarquer dans une campagne électorale pendant 40 et quelques jours. Je vais donner mon 100%, 24 heures par jour, 7 jours sur 7. Et je l’ai dit depuis le début, les conditions pour rester en politique, c’est d’une part de me sentir utile. Après ça, c’est d’avoir du plaisir à le faire parce que c’est sûr que si tu n’aimes pas ce que tu fais, tu ne peux pas performer et tu rends ta vie et la vie des autres un peu pénible. »

« Moi, je pense qu’on a réalisé des belles choses au Bloc québécois. Je pense qu’on a livré la marchandise. Les Québécois sont fiers du travail qu’on a accompli et à partir de là, c’est dur de ne pas aimer ça. Les gens me disent: “On est contents. Tu nous as bien représentés. Faut que tu continues.” Moi, je me couche plus léger, plus heureux et j’ai le goût que ça continue. »

Plusieurs disent que ce serait bon pour la région de se retrouver du côté du pouvoir, qu’en pensez-vous?

« C’est juste l’inverse. Honnêtement, j’ai des amis qui sont des députés libéraux ou conservateurs. Ce n’est pas la guerre, là. On peut se parler même si on ne partage pas le même point de vue sur bon nombre de sujets. Mais il reste qu’on a quand même des relations cordiales, dont avec des libéraux, au pouvoir depuis quatre ans. À l’occasion, ils viennent nous voir. »

« Je pourrais te donner un exemple sans donner de noms. Au moment où Justin Trudeau devait nommer le nouveau juge en chef de la Cour suprême, j’ai su qu’à l’intérieur de l’appareil gouvernemental, ce n’était pas le juge Wagner qui était pressenti, c’était un juge d’une province de l’Ouest et on m’a dit: “Ça n’a pas de bon sens là, Rhéal, c’est au tour du Québec. Mais on ne peut pas nous autres. Moi, je ne peux pas me lever en chambre et interpeller mon premier ministre.” Donc, on est intervenus là-dessus. Puis finalement, Justin Trudeau a nommé Richard Wagner, un juge du Québec, un excellent juge en passant, et on était bien fiers de ça. C’est un exemple d’une situation où un député d’arrière-ban au gouvernement ne peut rien faire parce qu’il est au gouvernement. »

« Si tu es dans un parti qui forme le gouvernement et que tu chiales contre le gouvernement, tu ne resteras pas dans le parti. Tu vas te ramasser indépendant, ça ne sera pas long. On l’a vu dans les derniers mois avec Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott. »

« Je pense que c’est même un danger que d’élire un député qui est membre du parti au gouvernement, à moins qu’il soit premier ministre, là, j’en conviens. Puis je te dirais que même les ministres ne sont pas consultés sur tout. La table des ministres, il ne faut pas s’imaginer que c’est la table des bons camarades qui prennent une décision ensemble avec un vote à main levée. »

« C’est le bureau du premier ministre qui amène les décisions, les orientations du gouvernement. C’est assez difficile pour ces gens-là d’intervenir efficacement à moins d’intervenir dans le sens du gouvernement. »

« Alors que nous, dans l’opposition, c’est notre job de critiquer le gouvernement. Alain Rayes [le lieutenant conservateur du Québec] disait récemment que les députés du Bloc québécois sont des gérants d’estrade… »

« On est tout sauf des gérants d’estrade. Je ne sais pas si tu as une idée ce que c’est pour un premier ministre de passer une heure de la période de questions à se faire questionner sur le même sujet par plein de députés qui viennent te remettre tes erreurs dans le visage. Une heure de temps! »

« Des fois, malgré l’adversité, j’éprouvais beaucoup d’empathie pour Justin Trudeau. La job de l’opposition, c’est une job mauditement efficace. Les journalistes qui assistent à la période de questions et qui nous questionnent à la sortie reprennent ces lignes-là. Et si un journal publie que le gouvernement Trudeau fait telle ou telle chose, c’est en bonne partie grâce au travail des députés de l’opposition qui ont talonné le gouvernement et qui ont fait ressortir ses incongruités ou ses mauvaises façons de faire. »

Une opposition qui amène « du positif »

« En décembre 2016, ils s’apprêtaient à modifier la Loi sur les banques et une des dispositions du projet de loi était de faire en sorte que la Loi sur les banques ait préséance sur toutes les lois des provinces. Ce que ça voulait dire chez nous, par exemple, c’est que la Loi sur la protection du consommateur, qui protège les citoyens du Québec contre les abus des banques, devenait désuète parce que toutes les dispositions qui protégeaient les citoyens n’avaient plus aucun effet. »

« On est intervenus là-dessus. Au début, on avait l’air des extraterrestres. Au bout de quelques semaines, les journalistes allaient voir Trudeau et lui posaient des questions. Il a fini par retirer les dispositions qui venaient contrecarrer la Loi sur la protection du consommateur dans le projet de loi. »

« Nous, on a considéré ça comme une belle victoire et à juste titre, je pense. C’est un travail d’opposition qui a amené du positif dans la vie des gens au Québec et on est fiers de ça. Et ce n’est pas un député libéral d’arrière-banc qui aurait pu faire ça. »

« Oui, ils font un travail important, les députés du parti au pouvoir. Mais c’est vraiment mal connaître le régime parlementaire que de s’imaginer que seulement les députés membres du parti au pouvoir ont un impact. C’est juste l’inverse. Ils n’ont à peu près pas d’impact, sauf quand ils ont leurs petites entrées et qu’ils réussissent à se faufiler. Ils vont réussir à parler au concierge qui travaille dans la bâtisse du chef de cabinet du ministre, qui lui parle au ministre une fois par mois… »

« Des députés libéraux m’ont dit qu’ils essaient pendant des semaines de rencontrer le premier ministre et ne peuvent pas. Moi au moins, je peux lui poser une question en Chambre, une chose qu’eux ne peuvent même pas faire. »

En juin, M. Fortin avait reçu les commerçants de Saint-Jérôme à Ottawa.

La « vocation » du Bloc, c’est le Québec

« Honnêtement, je pense que le Bloc est utile et que notre régime parlementaire est utile. De permettre à des partis d’opposition, quels qu’ils soient, de talonner le gouvernement, c’est une bonne chose. »

« Ce qu’il y a de bien avec le Bloc, c’est que nous, on ne le talonne uniquement que dans le sens des intérêts du Québec. On n’a pas de comptes à rendre à l’Alberta, la Colombie-Britannique ou aux Maritimes. Quand on a décelé cette anomalie dans la loi sur les banques, on n’a pas parlé que ce serait bien triste à Halifax ou à Toronto. On a dit: “Nous autres au Québec, on a une loi qui s’appelle la Loi sur la protection du consommateur. Elle n’existe pas dans les autres provinces mais on ne veut pas que tu y touches.” Puis on a réussi à faire reculer le gouvernement. »

« Au Bloc québécois, c’est notre vocation. C’est la vocation de ce parti politique-là de servir le Québec. »

Quand on vote pour Rhéal Fortin, on vote pour quoi?

« Il faut envoyer à Ottawa des gens qui connaissent et qui se préoccupent de nos valeurs, des gens qui n’auront de comptes à rendre qu’à nous. »

« Si on envoie à Ottawa, par exemple, un député libéral. (Et je n’ai rien contre la candidate libérale ici.) Mettons qu’on élit un député libéral et que le Parti libéral est au pouvoir. C’est bête là, mais il va devoir se taire pour ne pas nuire à son gouvernement. Et si c’est un député conservateur qui est dans l’opposition? Mais oui, il va intervenir. Il ne se taira pas, mais ils va intervenir dans le sens des intérêts de tout le monde dans son parti. »

« Pourquoi les conservateurs sont en faveur des pipelines? Parce qu’ils ont une base électorale importante dans l’Ouest. S’ils disent non aux pipelines, ils vont les perdre… Ils ne formeront jamais le gouvernement s’ils disent que c’est fini, les pipelines. Ils doivent faire plaisir à leurs électeurs dans l’Ouest pour espérer former le gouvernement. »

« Nous autres, on n’en a rien à cirer des états d’âme des gens de Calgary. On les aime bien, ce sont de bons voisins. Mais notre job, au Bloc québécois, ce n’est pas de les défendre et de les représenter, c’est de nous assurer que les Québécois trouvent leur compte dans le régime actuel. »

« Quant à nous, le Québec devrait être indépendant. Ça, c’est la façon la plus optimale de gérer notre argent: le gérer nous-mêmes. Il faut bien se rendre compte que ce n’est pas la réalité aujourd’hui, on est encore dans un régime fédéral. »

« On envoie 50 milliards par année à Ottawa, ce n’est pas des pinottes, 50 milliards. Je veux savoir ce qu’ils font avec. Je vais essayer de m’assurer que c’est dépensé dans le sens de nos intérêts. Alors, pour ça, je pense que je peux être utile, j’ai eu du plaisir à le faire et je veux revenir. »

  • Il faut éviter de BLOC-QUER le vote car les bloquistes ne défendent pas le comté ni les québécois. Les bloquistes brûlent les sièges à la chambre des communes et privent ainsi le Québec d’avancer vers son autonomie.

    Topolocal est malhonnête d’avoir ignoré le Parti populaire du Canada par son attitude avec le seul candidat pouvant défendre réellement les québécois et québécoises.

    Normand Michaud, candidat pour Rivière du Nord est dans le comté depuis plus 30 ans et il est le mieux placé pour défendre le comté contrairement au bloquiste qui réside dans l’autre comté. Le Parti Populaire du Canada vise l’intérêt du citoyen avant tout alors que les bloquistes visent une pension de députés.

    Le Québec aura plus de pouvoir avec le Parti populaire du Canada car la TPS sera retiré pour ainsi laisser notre province à sa pleine gestion de son système de santé et réduire l’attente et d’offrir des services de qualités.

    Je vote Normand Michaud dans Rivière du Nord pour un Québec fort dans un Canada unis.

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