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Histoire, Reportages

En ce jour du Souvenir à Saint-Jérôme

La photo qui coiffe ce texte est un accident.

J’ai raté le rendez-vous de la cérémonie du cénotaphe du 11 novembre 2019 à Saint-Jérôme, prévue le 10. Un pur oubli, malgré mon intention d’y être. L’événement est complètement disparu de mon idée ce matin-là.

Je ne cherche pas à ce qu’on me pardonne. Avoir oublié, c’est une explication. Ce n’est pas une excuse. Surtout pas pour une journée dont la principale devise est Je me souviens.

Il faut cependant dire que je n’avais pas de rôle officiel à jouer dans la cérémonie, sinon de témoigner qu’elle a eu lieu. Mon absence a donc été sans conséquence.

On sait d’ailleurs comment ça se déroule. Chaque année, les photos se ressemblent… en 2017, ou même en 2014.

Comme tous les ans, les personnes présentes ont sans doute voulu honorer la mémoire des militaires qui ont accepté de mettre leur vie en danger pour défendre des convictions que nous partageons tous. C’est aussi une façon de se souvenir des sacrifices de tous nos compatriotes et de leurs familles, qui ont donné d’eux-mêmes.

Dans toutes nos familles, il y a des souvenirs d’ancêtres ou de proches qui ont vécu la guerre et les temps difficiles qui en découlent. Leur sacrifice mérite certainement d’être honoré, mais plus encore, quant à moi, leur incomparable sens du devoir, issu d’un profond attachement envers ses concitoyens.

Un lieu pour mémoire

On passe souvent devant le cénotaphe de la rue du Palais. Au point de parfois oublier sa raison d’être. La vie quotidienne, quoi.

Mais je vous invite, occasionnellement, à ralentir et à fouler le sol avec respect. Lisez les noms. Imaginez les vies…

Quand je suis arrivé, le cénotaphe était désert. Personne. Pas une voix humaine pour briser la rumeur de la ville. Il n’y avait qu’un froid humide, et assez de vent pour froisser de temps à autre les quelques feuilles qui résistaient encore à l’automne.

J’ai donc photographié l’absence de ceux qui, comme moi et peut-être certains d’entre vous, n’étaient pas à la cérémonie.

Pas pour racheter quoi que ce soit. Pas pour attiser le moindre sentiment de culpabilité ou faire le moindre reproche aux absents. Non, rien de tout ça.

Simplement pour honorer la journée. Pour qu’on se souvienne. Voilà à quoi servent ces monuments qui sont là, 365 jours par année. Comme des sentinelles.

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